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George Pelecanos
Pour ne pas en finir avec le genre, George Pelecanos, prince grec en terre d’Amérique, sait fasciner, parce qu’il est né et a grandi à Washington. Des quartiers noirs et ouvriers où il traîna ses guêtres tout au long de son adolescence, il garde un regard d’une grande lucidité, plein de tendresse sur ce monde violent. Son père, ancien marine, tiendra un snack dans ces quartiers, et c’est sûrement un des fils conducteurs qui relient le réel à la fiction dans le roman Un jour en mai. L’histoire d’un gros dérapage un soir de défonce qui rejaillira des dizaines d’années après, basculant la tranquillité de certains. Avec une 1re partie se passant dans les années 1970, musique et vinyles à l’appui, Pelecanos nous plonge avec délice dans ces années-là. “Alex se souvenait de la fille en dos-nu et jean Peanuts qui avait dansé devant eux pendant le concert. Il ne se rappelait pas toute la journée en détail. Billy, Pete et lui avaient emprunté l’Oldsmobile de la famille Whitten pour aller au stade Robert-Fitzgerald-Kennedy dans la matinée et s’étaient garés sur le grand parking, où Grateful Dead et les Who montaient à plein volume des vitres baissées des voitures et des camionnettes.” Excellent et bien noir.
Points Seuil, 375 pages, 7,50€
Bruno Pin
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