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Arnaldur Indridason
Nouvelle parution d’un des auteurs fétiches du polar islandais avec comme fil conducteur le présent et le passé, leitmotiv de l’œuvre du romancier, avec en prime l’inspecteur Erlendur, personnage attachant aux antipodes du flic musclé (référence au mauvais livre de Laurent Guillaume Le Roi des crânes paru récemment et dans lequel on retrouve toute la symbolique du flic cher à Olivier Marchal). Nous voici en plein automne, là-bas c’est déjà un peu l’hiver, “il n’avait jamais redouté l’arrivée de l’hiver qu’il ne considérait pas comme un ennemi. L’obscurité et le froid ralentissaient le passage du temps que la nuit couvrait d’un voile paisible.” Ça c’est le style de pensée que véhicule Erlendur, rien de bien drôle et dans ce roman encore plus que dans les précédents, l’auteur décortique pour nous les états d’âme, les souvenirs qui habitent l’inspecteur dans cette histoire qui plonge le lecteur dans une Islande pleine de croyances ancestrales. Son écriture installe un climat intimiste, on découvre un peu mieux les souffrances d’Erlendur, ses fantômes et la question du deuil qui hante le personnage. Un livre attachant et d’une belle écriture.
Hypothermie, éd. Métailié/Noir, 294 pages, 19€

La mode est à l’Islande depuis qu’un beau jour d’avril 2010 le volcan d’Eyjafjallajökull gronde et crache sans relâche. L’occasion est donc idéale pour se plonger tête la première dans les romans d’Arnaldur Indridason. Il y a peu, il publiait son dernier livre, Hypothermie, aux éditions Métailié ; aujourd’hui sort en poche Hiver arctique. Sensibilité et mélancolie habitent souvent les romans de l’Islandais, et dans celui-ci l’osmose est parfaite. Le commissaire Erlendur est irréprochable dans son rôle de policier en lutte avec son passé et son présent au milieu d’une enquête au meurtre tragique, celui d’un enfant d’origine thaïlandaise de 12 ans. En filigrane, Indridason fait état de la perte d’identité nationale et des discours un peu simplistes qui sont en vigueur dans toute l’Europe. Sale temps pour les autres. Parfait.
Éditions Points/Seuil, 423 pages, 7,50€
bruno Pin
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