/ DADA ROCK & ROLL GUERILLA / MARS 2007

Salut à toi ô Mars, dieu de la guerre et du printemps, censé "maraver" les derniers cumulus encore attardés dans notre Clear Blue Sky, jusqu'à ce que giboulées s'ensuivent et que l'on n'entende plus parler d'eux avant le retour à la pelle des feuilles mortes… Hé oui, tant qu'à réchauffer la planète, autant gaspiller nos dollars en sunglasses, idéales pour singer Kraftwerk jusqu'au bout de nos nuits blanches et lendemains difficiles. Mais rassurez-vous, Dada ne saurait vous refaire le coup de Señor Météo, puisque l'on sait déjà du côté des climatologues en sciences sociales que les lendemains risquent d'être difficiles… ou bien ?! Faites vos jeux et profitez-en éventuellement pour vous préparer à voter (!), ne serait-ce que pour barrer la route à Michel Drucker… foi de petit rapporteur. Et puisque l'on en est à causer des dimanches de l'ennui, Dada vous propose ce mois-ci un focus imparable sur un ouvrage qui vient de paraître et qui traite non pas de la vie des gens célèbres (arg !), mais plutôt de la mort célèbre des gens… No way ! Ledit bouquin qui, spontanément, commence à vous interpeller aurait sûrement pu être baptisé Six Feet Under, mais ses auteurs, qui ne font ni dans la poésie médiévale ni dans la série HBO (quoique ?), ont, en toute simplicité, choisi Crève ! comme titre fédérateur. Vous en conviendrez avec Dada : c'est nettement plus efficace et moins manichéen que Crève salope (Métal Urbain) ou que Marche ou crève (Trust), et puis ça a le mérite d'être philosophiquement très clair. Crève ! est donc un superbe livre d'illustrations (69 pages - 20) qui vient d'être édité par Black Cat Bones (www.blackcatbones.org), brillamment dessiné par "Juan Lucho" Navette de la Mancha et intelligemment commenté par "Fafa Bandito" Thevenot. Et en matière d'illustres disparitions, vous allez être servi puisque le panel macabre court de Jésus-Christ (superstar) à Jayne Mansfield via Sharon Tate ou Saturnin - oui oui, le canard (!), suicidé et dévoré après avoir été une vedette du petit écran entre 1965 et 1970. Par le truchement du hasard qui fait bien les choses, il y a aussi Jacques Mesrine, dont Dada vous avait parlé le mois dernier et dont la carrière d'ennemi public number one s'arrêta net un jour d'automne '79, le corps criblé de balles dans sa BM porte de Clignancourt. Ajoutez Hank Williams, Claude François ou Marie-Antoinette et vous l'aurez compris, les destinées dont il est question ici ont manifestement connu quelques soubresauts sur la fin… C'est fatalement (sic) succulent de noirceur, mais que cela ne vous empêche en rien de continuer à voir (et à profiter de) la vie en rose, comme le chantait en piaffant une autre disparue non moins glorieuse.

Remarquez que, si le noir vous sied à ravir et que vous préférez rester lucide pour ne pas finir comme Saturnin, sur la Toile, les araignées ne dorment jamais (!) et sont toujours prêtes à vous affranchir quant à l'avenir du monde moderne. Pour ce faire, Dada a élu 2 espaces (libres) sur Internet susceptibles d'éclairer nos lanternes, avec en 1er lieu www.la-bas.org, où sont archivées plus de 1 000 retransmissions de Là-bas si j'y suis, la tranche radiophonique libertaire de France Inter exaltée par l'infatigable Daniel Mermet. Cela peut se révéler plombant, voire indigeste, de squatter là-bas plus de 10 émissions d'affilée (…), mais qu'est-ce qu'il est agréable (!) d'entendre s'exprimer dans le poste une voix non obséquieuse et sans maître. C'est rare et c'est en concordance avec le ton du 2e site dont nous voulions vous entretenir, animé par un 100 % collègue chroniqueur lui aussi infatigable : www.lezebre.info, "hebdomadaire non domesticable du Web lyonnais". Le Zèbre, qui, chaque semaine, puise dans la zulture, la zumic ou la zociété des motifs de réjouissance festive ou de franc désaccord argumenté, organise des cafés politiques et des forums de discussion dans l'urgence pour appuyer là où ça fait mal, ouvre des espaces de réflexion et n'hésite pas à zébrer quelques malotrus et consorts qui espèrent squatter le devant de la scène politique ou médiatique… entre autres. Le Zèbre s'intéresse ainsi à la vie des zanimaux sauvages, alors, forcément, c'est appréciable. Et justement, en parlant de zumic - puisque c'est aussi l'objet de cette kronik -, ce Z confrère du Web devrait organiser chaque mois une Nuit du Zèbre : la 1re aura lieu le 21 mars avec un concert de Grosso Gadgeto dans un lieu non encore défini, mais certainement pas dans les cages du parc de la Tête-d'Or… Pour les quelques touristes échappés du zoo, il n'est pas encore l'heure de dormir, mais plutôt de finir sur les chapeaux de roue ce "Dada stage report" avec d'autres concerts à venir et d'autres sauvages : forts d'un nouvel album (Abandoned Language / Ipecac Rds), les rappeurs fondus et novateurs de Dalëk fouleront les planches de l'Épicerie moderne le samedi 24 mars, galamment accompagnés par les non moins agités du bocal Picore et Kill the Thrill ;un rendez-vous à la fois dark et assourdissant, à ne manquer sous aucun prétexte. Allez, un petit dernier pour la route, d'autant que nous parlions d'eux de façon détournée il y a quelques lignes : le vétéran des groupes de punk français, Métal Urbain, se produira au Thunderbird Lounge (04 77 33 54 96) à Saint-Étienne le samedi 3 mars. Et chacun sait comment "les hommes [pas encore] morts sont dangereux". À bon entendeur…

Laurent Zine