(une division de Trans Régional Musiques Express)
Une fois n'est pas coutume, nous ne démarrons pas chronologiquement cette sélection de concerts à venir pour une seule et unique raison complètement subjective : réaffirmer ici-bas notre soutien à Grnd Zero Superchampion; super défenseur des cultures dites alternatives et des musiques qui sortent des sentiers battus (http://supersupersuper.free.fr/ pour suivre les opérations en direct). Alors autant attaquer par un concert qui aura lieu là-bas le 1er mars en espérant que l'immeuble n'aura pas été assailli par quelques forces gris-bleues mal intentionnées, faisant suite à la demande d'expulsion de Superchampion par le petit "Grand Lyon"… Rendez-vous donc pris le mardi 1er mars à Grnd Zero pourquelques envolées lo-fi rock'n'rollesques de 1er choix avec les Bassholes, duo US qui vient tout juste de sortir son 9ème album (!) à mi-chemin entre le r&r fifties, le boogie punk originel et surtout le blues du delta… avec de fulminantes séances d'harmonica et de banjo au programme ! La 1ère partie sera assurée par un autre sacré numéro du rock américain des pionniers, en la personne de Mr Jeffrey Evans, inusable song writer qui a sûrement dû naître avec une guitare à la main, à l'époque où l'on essayait encore de franchir les Rocheuses à dos de mulet, ou bien. Un concert dont le caractère exceptionnel ne saurait vous échapper.

Et puisque l'on navigue à vue dans des ambiances sulfureuses de blues'n'roll, bienvenue le lendemain au Transbordeur (2 mars) pour le retour attendu de notre coyote à foie jaune préféré : RED le rouquin qui a depuis quitté Lyon pour Lille suite entre autres, à la fermeture du Pez Ner… Red le rouge qui revient en force et en formation groupée, avec un superbe et déjà 3ème album en poche -Nothin' to celebrate chez Universal - chroniqué dans le prochain numéro. Red dont le clip dans lequel figurent joliment ses trois petites filles, a été réalisé par un ancien de cette rédaction, Christian Laville, qui prépare également un film 52 minutes sur l'animal : à suivre !
Toujours dans la série "Boys are back in town", le 2 mars sera également l'occasion d'un come-back : celui des Fishbone sur la scène du Kao. Pour vous faire une bonne idée de ce qui vous attend ce jour-là niveau ska punk fusion survolté, le groupe californien emmené depuis plus de 20 ans par le dingo en chef Angelo Moore, a fait paraître il y a peu un Live at the Temple Bar & more (Ter A Terre/ Night & Day) assez fidèle en terme de vitesse maîtrisée ! 52 minutes sans temps morts et difficiles à retranscrire ici tant les concerts de Fishbone me reviennent dans les dents à travers les ans comme autant de marathons de joie, de bruits et de fureur… Infatigables musiciens hors pair, les Fishbone seront également à la Coopérative de Mai le 23 février et le 27 à la Vapeur de Dijon ainsi qu'à Genève le 1er mars et le 2 mars au Ninkasi Kao pour une nécessaire Party at Ground Zero (hé oui, encore !) comme nous y invitait leur fabuleux 1er maxi 45t.
Toujours dans le plus grand désordre temporel, quelques autres concerts ont un peu plus que retenu notre attention avec pour commencer, la venue de Clumsy à la Cave à Musique le samedi 5 février. Originaire de Chalon, ce quintette distille de l'émo punk avec un grand savoir-faire comme en témoigne leur 2ème album -Matter of time chez Nova Express paru récemment. En écoutant l'usage qu'ils font des doubles voix, "illuminant" des chansons ultra mélodiques bien calées sur un mid tempo; on imagine les Clumsy fans de groupes tels Mega City Four ou Samiam et dès lors, sûrement ravis d'apprendre que ces derniers joueront au Kao le 11 mars…
Dans un registre nettement plus "énervé", sachez que le Bistroy a sérieusement décidé de relever le niveau ce mois-ci en recevant le dimanche 20 février les "turbo metal punks" de Seattle : Zeke. Considérant Til' the livin' end le dernier album des sauvages, ce sera vraisemblablement un concert à vivre scotché au mur du fond et ce dès 19h, histoire que les tenanciers du lieu ne se fâchent pas directement avec leurs voisins question horaire… avant de faire écrouler l'immeuble.
A ce propos, on se dit parfois que l'on aimerait bien voir certaines constructions disparaître dans une tempête musicale tant cette ville transpire la frilosité… nouvellement soucieuse qu'elle est de combattre la "pollution sonore", plutôt que de défendre la mixité sociale et culturelle.
Laurent Zine