ZËRO

Il va falloir un peu oublier les épisodes précédents pour parler correctement de ce disque. Zëro publie enfin son 1er album, et dans ce Joke Box (Ici d'ailleurs) il y a certes des bouts de Bästard et de Narcophony, mais pas seulement. Loin de là, même. Pour notre plus grand plaisir, en fait. Cet album est à la fois celui que j'attendais impatiemment et celui que je n'espérais pas vraiment, alors je le dis tout de suite : bravo.
Big Screen / Flat People montre d'entrée de jeu que Zëro est un groupe de guitares, mais aussi un peu plus que ça. Comme cela se vérifie sur certains des titres suivants, il y a toujours une perturbation électronique (synthés, ondes, etc.) diffusée au loin, tournoyant, prenant parfois les devants. Cela donne un côté immatériel à la musique du groupe. La basse, sur ce disque, convoque quelques lignes fortes et belles (Go Stereo), et la batterie est l'un des points forts de cette architecture tout en finesse et pleine de recoins. On ne dira jamais assez que Frank Laurino est un grand batteur, tranquille et sobre, mais en même temps d'une puissance incroyable.
Joke Box est aussi et surtout un album de chansons : les voix sont présentes sur une bonne moitié du disque. Le chant d'Éric Aldea garde cette qualité désinvolte qu'on lui connaît déjà de savoir appuyer sans avoir l'air d'y toucher. Sur certains titres, l'exercice devient plus périlleux, mais est toujours réussi et drôle : Drag Queen Blues en forme de rockabilly synthétique sous les bons auspices d'Alan Vega ou Automodown / Space Girl Blues (2 reprises de Devo) qui perturbe le blues - justement - à la manière d'un Beefheart grisé à l'hélium. En empruntant parfois quelques chemins tortueux, Zëro a trouvé une nouvelle voie, la sienne, seule et unique.

Guillaume / Octobre 07
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