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THE TELEVISION PERSONALITIES
Artiste
maudit devenu culte (pour ses excès ? sa carrière en dents
de scie ?) et homme-orchestre éclairé à l'humeur
souvent sombre, Dan Treacy a toujours navigué à contre-courant.
Après 11 ans d'absence (et un passage obligé par la case
prison, semble-t-il, pour des affaires de drogues dures), le revoilà
avec ses TVP's et un nouvel album, My dark places (Domino/Pias),
qui risque de subjuguer certains et déplaire souverainement à
d'autres. Parce que bizarre objet sonore. Parce que fragile, tremblant,
balbutiant puis soudainement magnifique, lyrique et explosif. Il y a
aussi ce charme éthéré qui finit insidieusement
par opérer, ce style décalé entre post-punk et
hip-hop décharné, entre britpop sous acide, synthés
80's déjantés et distorsions bruitistes. Malgré
le pathétisme des textes (qui narrent la drogue, la déprime
et le misérabilisme), malgré ces voix, entre chanter/parler,
toujours à la limite du déplaisant voire du faux, malgré
cette impression générale d'un album inabouti, comme inachevé,
à peine dessiné, il y a cette fulgurance désespérée
magique qui transparaît par moments. De Sick Again à
You kept me waiting too long en passant par Knock it all down ou No More I hate You
voilà bien le genre de musique
tragique qui s'écoute avec le cur et finit par vous tournebouler
les sens, l'âme. On en sort groggy. Prêt à recommencer
sans fin l'expérience interdite.
Anne
Huguet / Avril 06
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