SUPERSILENT

Pour un groupe œuvrant dans le bruit et la déglingue improvisée, Supersilent était un nom plus qu'approprié… à condition bien sûr que l'on goûte un peu à l'ironie de la chose. Après une petite pause salvatrice sous la forme d'un DVD live un peu trop sage et bedonnant - pause salvatrice parce que 6, l'album studio précédent, montrait un peu de lassitude -, Supersilent revient plus que dignement aux affaires avec ce 8 (Rune Grammofon). Même si le groupe ne retourne pas à la folie débridée de ses 1ers enregistrements, une longue jam hallucinée découpée en 3 albums et publiée sous la forme d'un coffret désormais mythique et indispensable, Supersilent se montre à nouveau davantage concerné par sa musique.
Fini la roue libre de l'improvisation trop masturbatoire, fini le cache-misère des passages planants et atmosphériques, plus de positions confortables ni de postures évidentes, Supersilent se met en danger, se casse parfois la gueule mais ce n'est pas très grave (le coup des flûtes à la fin de la 5e plage…), va voir ailleurs, revient et met tout le monde d'accord. Ambiance sombre et inquiétante (1er titre), recherche percussive (3e et 6e), travail des voix (5e, 6e et 7e) et avalanche bruitiste, limite hardcore, de la 7e et avant-dernière plage : 8 démontre que Supersilent est peut-être le seul groupe actuel non jazz à avoir correctement analysé et incorporé l'idiome de l'improvisation dans une démarche de transcendance et de dépassement. C'est bien simple, je ne vois que Third de Soft Machine qui soit allé aussi loin avec une optique similaire. Fini donc les craintes inspirées par les albums 5, 6 et 7, Supersilent n'est pas un vulgaire tenant d'un éventuel revival électro-prog. Supersilent, c'est uniquement de l'inventivité permanente qui coule de source.

Guillaume / Janvier 08

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