SCORN

Le retour aux affaires de Mick Harris ? Le réveil du monstre Scorn ? Après 5 années de silence uniquement entrecoupé de rééditions (The Hednod Sessions) ou de supposés enregistrements live (List of Takers), l'affaire semblait entendue : Mick Harris n'avait plus qu'un seul amour, la pêche au gros, et il était fatigué de toute musique. La parution de Stealth (Jarring Effects) n'en est que plus bluffante car ce nouvel album trop attendu se révèle tout excellent, peut-être même figure-t-il tout simplement parmi les meilleurs enregistrements de Scorn. La recette n'a pourtant pas changé, mais elle a grandement été régénérée. La conclusion qui s'impose c'est qu'après un Plan B en demi-teinte, il était réellement temps pour Mick Harris de s'arrêter pour souffler un peu ; il a été le premier à le comprendre et son nouveau travail n'en est que plus brillamment réussi et puissant.
La puissance est bien le maître mot de la musique de Scorn - ce qui a été magistralement prouvé lors de la dernière édition du festival Riddim Collision, où Mick Harris s'est consciencieusement appliqué à faire exploser toutes les limites sonores -, mais c'est une puissance qui se cache derrière un minimalisme bicéphale (basses et rythmique d'un côté, enluminures et décorations de l'autre) dont les 2 composantes s'affrontent sans réellement se mélanger, donnant un caractère froidement schizophrène au groove urbain et industriel de Scorn. On peut penser qu'il n'y a pas beaucoup de profondeur dans cette musique, qu'elle n'est que le résultat d'une alchimie impossible parce que caractérielle, mais c'est justement ce qui la rend si fascinante, cette impossibilité brutale d'être mais d'exister quand même - un beau résumé de notre (in)humanité.

Guillaume / Décembre 07

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