PICORE

Depuis leur 1er album autoproduit en 2003 et titré Discopunkture, le quintet lyonnais Picore a toujours su brouiller et les pistes et les racines de sa matière première (sampling) pour qui ose s’essayer à cataloguer une musique qui produit aujourd’hui encore des atmosphères pour le moins insolites. Le plus simple sera de vous faire votre propre avis sur la question entre trip-noise-hop, electro expérimentale post industrielle et abstract hip-hop… Si avec ce 2ème opus (L’Hélium du peuple chez Jarring Effects / Pias) leur univers est toujours aussi sombre et métallique (à voir avec la symphonie des machines et non avec les descendants du hard rock), le groupe a néanmoins gagné en profondeur de composition comme en qualité de production et au final, le rendu est parfois mélodique mais surtout fluide, justement comme une goutte de métal en fusion. Question effets inside, on a l’impression que Picore s’évertue à nous susurrer à l’oreille ce que sera le monde de demain : dark mais pas forcément tristounet, cynique et dur mais adapté aux mutants que nous sommes ?! Il n’y a ensuite qu’un pas (très down tempo) à franchir pour se retrouver sur le pallier d’une B.O. de film d’anticipation, alors que les voix (le plus souvent en français dans le texte et qui nous font penser à Virago) ajoutent au mystère ambiant. Quant à la section cuivres, elle semble guider les humains égarés (et shootés à l’hélium ?) dans ce dédale de sons mécaniques et tribaux, peut-être vers la lumière… Au royaume du subliminal, Picore cultive ainsi l’opium.

Laurent Zine / Décembre 06

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