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OXBOW
Déjà
un nouvel album d'Oxbow ? En fait ce Love that's last (Hydra Head Records) est une compilation mais sa haute qualité
lui assure sans aucun problème une place de choix aux côtés
des autres enregistrements du groupe. Un premier disque présente
pour moitié des extraits de quatre albums d'Oxbow (An Evil
heat sorti en 2002 sur Neurot Records étant absent de cette
rétrospective), l'autre moitié proposant elle des inédits,
raretés, titres live et même une session radio en acoustique
enregistrée par Philippe Thiphaine (Heliogabale) rappelant les
prestations en duo teintées d'un blues suintant que se plaisent
parfois à donner le chanteur Eugene Robinson et le guitariste
Niko Wenner.
Mais l'intérêt de Love that's last provient surtout
du deuxième disque : un DVD bourré jusqu'à la gueule
d'images et de sons. Cela commence par Music for adults, un documentaire
(sous-titré en français) racontant les péripéties
d'Oxbow lors d'une tournée européenne. On y voit le groupe
jouant dans des salles à moitié désertes ou dans
des pubs fréquentés par des camionneurs ("mais
qu'est ce qu'un groupe de San Francisco vient faire ici ?"
demande une jeune Anglaise), dormant à droite ou à gauche
et voyageant dans un van pas très confortable conduit par Dan
le bassiste, pourtant "le van le plus grand qu'on ait jamais
eu" (dixit). Il y a aussi cette scène dans laquelle
Robinson -sorte de Mike Tyson tatoué de pentagrammes et de serpents-
donne une fessée à un type ayant voulu participer à
la violence provocatrice du groupe sur scène, "hey mec,
ce qu'il te faut c'est un concert des Strokes ou des Hives, j'ai entendu
dire qu'ils sont très peace and love" martèle
alors le chanteur visiblement énervé.
On apprend surtout qu'Oxbow est presque un effet du hasard, une rencontre
en studio et que le groupe devait se séparer après l'enregistrement
d'un premier et unique album. De manière irrationnelle et sauvage
les quatre Californiens y ont pris goût, devenant l'une des entités
rock'n'roll les plus captivantes des quinze dernières années
mais niant ce statut de groupe culte : "je m'en fous que ma
musique plaise ou non puisque moi je l'aime déclare Robinson
avant d'ajouter un peu plus tard tout ce qui compte c'est le fric" et d'éclater d'un rire moqueur puisque de toute évidence
du fric Oxbow n'en a pas et n'en aura jamais.
Le reste du DVD propose presque une heure et demie d'images de concert
sales et jouissives qui rendent complètement justice au bruit
assourdissant et au spectacle parfois malsain que génère
le groupe sur une scène "-noise, blues and rock'n'roll"
disent-ils.
Guillaume / Mai 06
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