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NOËL AKCHOTÉ
On peut s'amuser à commenter la carrière de Noël Akchoté uniquement sous l'angle corporel : début debout guitare contre le ventre, puis assis guitare contre le ventre, puis sur les genoux, puis verticale, à genoux enfin guitare couchée au sol, une petite dizaine d'années par terre, à faire du montage et à jouer plus de l'ampli que des cordes, sans guitare parfois. Retour progressif depuis quelque temps à une position de guitariste de base - c'est de ça qu'il est question ici, et de chansons.
Derrière ces morceaux, tous du répertoire de Kylie Minogue, on pourrait reconnaître quelques vieux amis : Bern Nix (du Prime Time d'Ornette Coleman, surtout pour le son et une certaine sécheresse à l'électrique), David Grubbs pour l'acoustique, Bill Frisell aussi, dans cette quête non pas de l'interprétation parfaite d'une chanson, mais plutôt du souvenir, d'une réminiscence…
On sent que ce disque en solitaire vient de loin, qu'il a été porté longtemps. C'est peut-être son meilleur. Le précédent à la corde, Sonny II, hommage à Sonny Sharrock, annonçait déjà les excès de douceur de So Lucky (Winter & Winter). Il y a toujours eu un sourire caché dans la musique de Noël Akchoté, partout. C'est un jouisseur et ça s'entend, sans démesure, sans aucun bavardage. Ce même Akchoté qui écrivait toute son admiration pour le Don't blame me de Marc Ribot une bonne décennie en arrière ; il est temps de renvoyer la balle.
On le met et puis on le remet, et ainsi de suite avec l'envie, de plus en plus forte, de réécouter, de découvrir peut-être, Kylie… et c'est le plus beau compliment à faire. Après chaque écoute de I should be so lucky, on a un peu plus envie de fredonner, dans la cuisine, dans la rue, partout. C'est ça l'essence d'une chanson. Bien joué, Noël.
Vincent Domeyne / Mars 07
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