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MUDHONEY
The
kings of fuzz are back. Annoncés sabordés par Steve
Turner lui-même en 2000 lors de la sortie de la compilation/ anthologie
March to fuzz, les 4 de Seattle en sont aujourd'hui à leur 9ème
album si l'on compte les 2 minis Superfuzz bigmuff et 5 Dollar
Bob's mock cooter stew.
Mudhoney ! J'ai envie de raconter une nouvelle fois comment ce truc
m'a transpercé la cafetière dès la première
micro-seconde de You got it en 90. Un sortilège. Quatre types
qui jouent aux ballots buveurs de bière mais qui sont capables
de ponctuer leur discographie de digressions limites free-jazz tout
en étant 1000 fois moins hype qu'un Jon Spencer. Pas hype du
tout en réalité. Punk-rock. Des branleurs. De génie.
Des fans. Du Chocolate Watchband aux Dicks. Steve Turner décrit
dailleurs lui même Touch me I'm sick, le titre qui les a
lancés, comme étant le "Happenings ten years time
ago" des Yardbirds joué par les Stooges. Voilà
pour le décor. Ceci dit, tout en ne dépareillant pas avec
ce qui vient d'être énoncé, Under a billion
suns a sa propre tonalité. Tonalité qui se situe,
pour faire simple, à mi-chemin entre certains des sombres déluges
de fuzz qui hantaient Tomorrow hits today (du genre de Beneath
the valley of the dogs) et certaines choses plus légères
(façon de parler) de Since we became tranluscent. On n'est
plus tellement dans l'ambiance potache qui caractérisait My
Brother the cow. On se fait vriller le cerveau. Vriller comme dans
certains blues primitifs. Il plane une ambiance lourde sur beaucoup
de titres. Ça sent les lendemains décadents des trente
glorieuses ou de 11 septembre à plein nez. Façon Mudhoney.
On célèbre. On n'en oublie pas de jouer du rock'n'roll
Hyperfuzz-giantmuff (I saw the light, mortel ...), de presque
faire un clin d'il à la période Everygoodboy avec
un Empty shells blindé de cuivres. On finit tout de même
toujours par plomber
salement l'ambiance avec des titres comme Hard-on for war en
forme de lent piétinement de fuzztone. Comme si vivre sous l'administration
de ce taré de Bush avait eu raison de la bonne humeur des Turner;
Mark Arm and co et fini par mettre vraiment tout le monde sur les dents.
Ce dernier point étant peut-être le seul bénéfice
à retenir de ces deux mandats !
Marc
Prempain / Mai 06
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