LIQUID ARCHITECTURE

Bizarre comme parfois certains albums cultivent les ressemblances… ! Liquid Architecture est aussi (tout comme Ginger Ale) un duo masculin/féminin avec une chanteuse sur laquelle repose l'identité de l'album. Autre fait d'armes, ce désir de vouloir se plonger et s'immerger au plus profond dans le passé, cette fois-ci un peu plus lointain puisque ces deux-là sont des fans invétérés de l'époque MC5, Stooges et Velvet, ou que leur nom fait référence aux utopies 60's d'Archigram (groupe d'architectes avant-gardistes). Revolution is over (Naïve) est leur première livraison musicale, album synthétique et bruitiste qui fait se croiser guitares saturées et Kraftwerk, boucles étranges et Warhol. Improbable fusion et bizarroïde magma sonore qui ne peuvent qu'interloquer. Il y a la voix déshumanisée d'Audrey Mascina, tour à tour très grave ou monocorde entre chant et voix parlée; il y a ces brouillages sonores, ces riffs brutaux, ces boucles nonchalantes et cette dynamique obsessionnelle. Si à la première écoute, on reste un peu sceptique, on finit par se laisser prendre au jeu de ce mix sauvage et barré. A priori sur scène, c'est plus qu'explosif avec scénographies (inventées par certains Kader Attia ou Jan Fabre) et performances déjantées.

Anne Huguet / Mars 06

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