
BOB MOULD
Dear Bob, je ne sais si "ça le fait" de commencer une chronique ainsi, mais je n'ai pas pu m'empêcher, depuis le temps que tu t'échines à chanter en accords mineurs la nostalgie et la tristesse nue genre "You left me standin' in the rain". Hüsker Dü ? Te souviens-tu de ce magnifique double LP qu'était Zen Arcade et de tes débuts pop punk acidulés avec Sugar à la recherche d'une "Good Idea" ? Même les fantasques Pixies t'avaient emboîté le pas. Songwriter devant l'Éternel, tu nous fais grâce ce printemps de 10 nouveaux titres sobrement empaquetés dans ce District Line (Granary Music) et dans la veine de tes meilleures chansons amères, qui finissent à force de spleen et de beauté sombre (ton timbre y est pour beaucoup) à donner l'envie de déplacer les montagnes, remettre les gaz, reprendre la route, bouffer du monde moderne. Tu te demandes aujourd'hui "Who needs to dream?". Et on devine la réponse : toi et nous avec, quitte à se retrouver complètement déphasés, meurtris, et peut-être seuls au bout du compte, au bout de cette route When no U-turn. Sauf que… nous ne sommes plus seuls et que les montagnes ne perdent rien pour attendre. Take care, Bob, et ne change surtout rien.
Laurent Zine / Mars 08
|