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  DECEMBRE N°44  



 

Keiichi Tahara
l’épreuve de la lumière

La galerie Vrais Rêves propose une exposition à partir du 8 décembre prochain d’œuvres photographiques (ou plastiques ?) du photographe (plasticien ?) Keiichi Tahara.
Comme son nom vous l’indique sûrement, Keiichi n’est pas né en Auvergne et connaissait le maniement des baguettes avant que vous
n’entriez dans votre premier restaurant japonais.
Du pays du soleil levant, Keiichi dit avoir saisi une lumière voilée et diffuse qui a trouvé un contraste violent avec celle de notre douce France.
Ces différentes qualités de lumières, ces luminosités il va les expérimenter dans son travail et littéralement au travers de son travail ; car si la lumière est un constituant physique de la photographie, c’est aussi l’élément constitutif du regard. Tahara paramètre la lumière de la prise de vue, du tirage et du dis-positif dans lequel l’image sera rendue visible. C’est évidemment ici que le basculement dans l’art plastique s’opère : tirage sur soie (et non sur soi comme D. Oppenheim), sur pierre, entre deux verres, dans des caissons
métalliques... le matériau photographique et son installation dans l’espace donne forme à l’œuvre.
Si Tahara s’intéresse à voir et à montrer l’image tronquée d’une statuaire renaissante, il intercale le médium
photographique entre une pierre de départ et une pierre d’arrivée (voir photo).
Ces installations en transparence (vues à Taragone), film positif grand format enserré dans deux plaques de verres courbes cernées d’acier (In-Between) déplacent l’indice de l’image, vers son ombre portée.
Une esthétique qui frise le maniérisme oriental, peut-être trop impeccable, silencieux... comme une image.
Pieux ou pas il sera présent le 8 décembre, jour et nuit de la lumière pour les lyonnais qui pourront admirer à la Croix-Rousse l’éclairage des pentes réalisé par Tahara, avant que de s’éblouir de la mise en lumière de la vallée de la chimie (Feyzin) dont Tahara sera le maître d’œuvre.
Ne venez pas avec votre bougie le jour du vernissage Tahara se charge de la lumière vous l’avez compris.
En ce qui concerne Raymond Viallon, le directeur de la galerie Vrais Rêves, il se charge lui de faire prospérer ce lieu depuis une quinzaine d’années. Fourmillant d’idées et de passage à l’acte, il peut se targuer d’être un acteur reconnu de cette nébuleuse photographie plasticienne qui nous fait aller et venir entre vrais rêves et rêves vrais, son livre d’image et ses expositions futures vous en donneront certainement les preuves.

Laurent Mulot