JANVIER
N°34
Maguy Marin
Elizabeth Macocco
Sonic Youth
Orlan
FEVRIER
N°35
Les Wampas
Tue Loup
Bob Dylan
Philippe Vincent
Le Masque et la Barbarie
MARS
N°36
Abou Lagraa
Freeture
Iva Bottova
Gilles Chavassieux
AVRIL
N°37
Mick Harris
Martha Rosler
MAI
N°38
Dominique A
High Tone
Jacques Roman
Double Nelson
Maurice G. Dantec
JUIN
N°39/40
Jazz à Vienne
SEPTEMBRE
N°41
Guy Darmet
Machine Head
Meï Teï Sho
L'Amphithéâtre de l'Opéra
Bertrand Tavernier
OCTOBRE
N°42
Josef Nadj
Gwenaël Morin
Patrick Bazin
MP3
NOVEMBRE
N°43
Michel Raskine
Fred Bendongué
Gnawa Diffusion
Sang d'Encre
Abramovic et Ulay/Jean Olivier Hucleux
DECEMBRE
N°44
Keiichi Tahara
Internet outil démocratique |
|

Self-Hybridation,
1998 Orlan©
|
|
Orlan
de la Biennale d'Art Contemporain
au Pez ner
La
présence de l'artiste arrive à un moment "creux
de vague" dans l'art contemporain de notre ville, si ce n'est
l'exposition d'Ernest Pignon-Ernest au Rectangle. Entre la prochaine
exposition du Nouveau Musée de Villeurbanne qui ne saurait
tarder et une exposition bandes dessinées (?) au Musée
d'Art Contemporain qui prend fin, l'amateur ne trouvera pas grand
chose à se mettre sous la dent. |
Marie-Claire Cordat qui s'occupe de la section Arts Plastiques au
Pez ner commence l'année en programmant Orlan, une artiste
d'envergure internationale, pour une conférence ayant pour
titre : L'art charnel.
On se souvient des écrans qu'Orlan avait installés pendant
la 3ème Biennale d'Art Contemporain. Ecrans diffusant les vidéos
d'interventions chirurgicales : défiguration et refiguration.
L'artiste poursuit son travail (ses travaux). Mise en avant du corps,
mise en demeure des souffrances, mise en scène de l'opération-chirugicale-performance.
Orlan joue avec son corps, repoussant les règles établies,
l'invisible devient le visible : "Quelques mots sur ces images
que vous allez probablement voir avec difficultés, pardon de
devoir vous faire souffrir, mais sachez que moi je ne souffre pas;
hormis comme vous, lorsque je regarde les images".
Entretien avec Marie-Claire Cordat
Depuis la rentrée, les expositions permanentes ont laissé
la place à des installations plus importantes dans un laps
de temps plus court.
Pendant deux ans d'activité, les expositions étaient
de simples accrochages aux murs. J'aime beaucoup trop l'installation,
le côté performance et l'art contemporain pour en rester
à de simples accrochages. Ce qui me semble important, c'est
d'utiliser l'espace du Pez ner, ce qui me permet de proposer à
des artistes cet espace, qui est très connoté, tel qu'il
est, en leur demandant de l'investir. Je veux aborder la notion d'installation
et de performance, et puis changer, ne pas faire que des expositions
d'art pornographique, là c'est une autre dimension.
Je veux étendre le sujet à quelque chose de bien plus
important et retrouver les mêmes connexions, toujours par rapport
au corps.
La venue d'Orlan, c'est une reconnaissance pour les arts confondus
dont tu t'occupes au Pez ner ?
Je trouve ça très bien. Dès le départ
j'ai donné une thématique aux expositions sur ce qu'était
le corporel. Je me disais que je n'avais pas le droit de ne pas inviter
Orlan. Outre ses performances chirurgicales, elle donne dans la philosophie,
la sociologie, l'ethnologie, l'anthropologie, elle pose les questions
sur les nouvelles technologies, il y a vraiment de quoi faire une
vraie conférence, un vrai débat à partir d'Orlan.
Elle semble évoluer vers un art moins "art choc",
le traitement des photographies par l'informatique par exemple.
C'est vrai qu'avec les découvertes des nouvelles technologies,
elle a aussi tendance à dévier son travail. Elle fait
des métamorphoses de son propre corps par ordinateur.
C'est moins violent qu'une opération.
C'est moins violent, mais c'est toujours pareil. C'est une grande
artiste qui est partie d'un concept qui est l'art corporel, avec une
vraie définition, et en fait elle essaye d'évoluer à
l'intérieur de ça. Ce qui est bien, car on voit certains
artistes qui bloquent à une certaine période, on ne
voit pas l'intérêt de bloquer uniquement sur le côté
choc ou performance chirurgicale.
C'est ce que l'on peut reprocher aux performers autrichiens qui n'en
finissent pas depuis trente ans de s'asperger de sang.
Exactement, ils n'ont pas su évoluer. Orlan c'est quelqu'un
qui fait de la recherche, elle est une uvre d'art, mais jamais
finie, c'est une uvre d'art en perpétuelle évolution.
C'est ce qui est intéressant, c'est qu'elle cherche plus loin,
toujours mieux. En ce moment elle travaille sur les schémas
de beauté précolombiens, sur la déformation des
crânes, c'est encore une autre étape de son travail.
C'est aussi le fait de s'attaquer à la société
de consommation.
Il y a une soirée cinéma le 23 janvier avec entre
autres Nam June Paik qui était aussi à la troisième
biennale, ils arrivent tous au Pez ner.
On a échangé avec Raspail, moi je vais essayer de faire
de l'art contemporain avec toutes les contraintes chiantes, et lui
fait de la BD, il se prendra moins la tête. D'ailleurs c'est
lui qui m'a présenté Philippe Droguet, il devait le
trouver trop pénible. Pour la soirée cinéma c'est
des nouveautés du cinéma expérimental de cinéastes
peu (Vincent Grenier...) ou plus connus (Nam June Paik). Philippe
Droguet est un artiste d'art contemporain qui a déjà
exposé dans plusieurs musées en Europe. Le Pez ner l'intéresse
parce que c'est un lieu connoté et il a envie d'exposer son
travail, qui est un peu précieux. Je pense qu'il va faire pour
le Pez ner quelque chose de très beau, de très unique,
qui demande beaucoup de travail, parce qu'il va mettre une structure
de sept cent kilos au plafond du Pez ner. Il y aura aussi une installation
dans l'espace des Arts Confondus et il veut que le lieu devienne une
uvre-d'art générale. Pour lui c'est l'occasion
de faire un travail unique, performant, et pour moi ça transforme
entièrement le lieu.
Bruno
Pin
|
|
|