ARCHIVES
1999

JANVIER N°34
Maguy Marin
Elizabeth Macocco
Sonic Youth
Orlan

FEVRIER N°35
Les Wampas
Tue Loup
Bob Dylan
Philippe Vincent
Le Masque et la Barbarie

MARS N°36
Abou Lagraa
Freeture
Iva Bottova
Gilles Chavassieux

AVRIL N°37
Mick Harris
Martha Rosler

MAI N°38
Dominique A
High Tone
Jacques Roman
Double Nelson
Maurice G. Dantec

JUIN N°39/40
Jazz à Vienne

SEPTEMBRE N°41
Guy Darmet
Machine Head
Meï Teï Sho
L'Amphithéâtre de l'Opéra
Bertrand Tavernier

OCTOBRE N°42
Josef Nadj
Gwenaël Morin
Patrick Bazin
MP3

NOVEMBRE N°43
Michel Raskine
Fred Bendongué
Gnawa Diffusion
Sang d'Encre
Abramovic et Ulay/Jean Olivier Hucleux

DECEMBRE N°44
Keiichi Tahara
Internet outil démocratique

  OCTOBRE N°42  

MP3, l'ennemi public


L'année 1999 est marquée par le fort développement “médiatique” de l'informatique libre (linux, FreeBSD, ...) ou par l'utilisation du format MP3 par bon nombre de structures d'édition et d'artistes.
Néanmoins, parallèlement à un tel élan, des firmes géantes de l'industrie artistique ou quelques stars du "showbizz" s'insurgent. Révolution pour certains, sueurs froides pour d'autres, le format MP3 représente bien plus qu'une simple innovation technologique. Ce format de fichier est considéré actuellement comme la meilleure façon de compresser de la musique. Utiliser ce format de fichier ne représente aucune difficulté, certains logiciels gratuits convertissent et compressent directement les plages d'un CD Audio en un fichier MP3 cinq à dix fois moins lourd, en terme de Mega-octets, qu'un fichier son classique (.wav). Rien d'illégal si cette manipulation est réalisée pour un compte personnel, à partir d'un disque acheté dans le commerce. Mais certains ne s'arrêtent pas là en faisant profiter au monde entier de leur discothèque en la transférant intégralement sur des serveurs Web, sans se soucier du copyright. C'est pour cette raison qu'une association confuse du MP3 à un mode de distribution illégal s'installe. Si le copyright est censé protéger les droits des compositeurs, il est paradoxale de constater que la majorité d'entre eux ne les possèdent pas !
Par exemple, Public Enemy a pris la décision de diffuser la totalité de son nouvel album sur son site, au format MP3 (MP4 avec vidéo !!!), leur maison de disque Def Jam ayant décidé de ne pas le produire. Le distributeur Polygram a tôt fait d'imposer le retrait des fichiers sur le Web. Le compositeur de Public Enemy, Chuck D, comme bien d'autres, ne possédait pas les droits de son propre travail, il était donc impossible pour lui de le publier librement. Après plusieurs frasques judiciaires, cet album est aujourd'hui disponible ($8 en intégral, 99c par morceau) sur le même site, sous couvert d'une nouvelle structure institutionnalisée depuis peu: La Public Enemy Company, qui permet une telle liberté au groupe, et brûle ainsi les rouages classiques de la justice américaine. La défense des droits d'auteurs s'organise, pendant que leur dégriffage se met en place soit par l'artiste lui-même, soit par bon nombre d'internautes remettant en cause les questions autour de la propriété intellectuelle.
La musique sur Internet semble donc commencer à rimer avec découverte facilitée de nouveaux groupes, et tout simplement avec un accès à la culture pour tous et par tous. “Vos concepts légaux relatifs à la propriété, à l'expression, à l'industrie, au mouvement et au contexte ne nous concernent pas. Ils sont fondés sur la matière. Ici il n'y a pas matière”
Johgn Perry Barlow, déclaration d'indépendance du cyber-espace.
A voir :
le site de Public Ennemy :
http://www.public-enemy.com
MP3 - Le format : http://www.multimania.com/mp3/
Le site du MP3 : http://www.mp3.com
Free Audio Music Player : http://www.freeamp.org (pour télécharger freeamp, un excellent lecteur MP3 gratuit multiplateforme

les avatars