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N°23
Abou Lagraa
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FEVRIER N°24
Louis Sclavis
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N°25
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AVRIL
N°26
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Raides
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Dick
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Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
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N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
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SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
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OCTOBRE
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N°32
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Dror Endeweld
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Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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NICOLAS
RAMOND
B. Saugier©
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Les
Transformateurs
Travaille
! Travail
Sujet
ô combien ennuyeux, voire rébarbatif, le travail fera l'objet
du spectacle des transformateurs en résidence au théâtre
de Vénissieux. Nicolas Ramond ne recule devant aucune provocation. |
Des mots, des phrases jetées en réponse à des questions
nées du silence, questions qui reviennent, questions qu'on devine.
"Nous ne pouvons, ni ne voulons apporter de réponse, ni
au chômage, ni à la dureté du monde du travail,
nous ne voulons qu'amener les questions. Mais nous avons nos utopies".
Il peut paraître illusoire d'évoquer un tel sujet, comme
cela semble être l'ambition des créateurs, sans prendre
partie pour une tendance politique, pour une idéologie. Il est
bien évident en effet que Nicolas Ramond et ses comédiens
(Anne de Boissy, Jean-Philippe Salério) réagiront selon
leur sensibilité : ils feront leur métier. Et si comme
l'affirme le metteur en scène "le travail est une plaie
universelle", ils nous montreront que malgré les difficultés,
ils l'aiment leur boulot. Le matin on s'lève, le jour on s'crêve,
pour ramener quelque chose à bouffer : c'est la réalité
de nombre de travailleurs. La trilogie bien connue : métro,
boulot, dodo. C'est la réalité du travail tel qu'il
a été conçu par la société industrielle,
héritage des temps de nulle richesse, quand la grande hallucination
créatrice dictait les préceptes d'une vie de labeur et
de foi. Qu'une organisation obsolète et sclérosée
vienne à ne plus fournir de travail à tous les individus
qui la composent et les valeurs (beurk) s'en trouvent renforcées,
comme par un réflexe de défense -dont on pourrait penser
cependant qu'il est quelque peu inapproprié. Le travail, de fondement
social, devient une forme de privilège et le bien le plus précieux...
Voilà donc une ironie, un paradoxe qui pourrait bien faire de
ce spectacle une sulfureuse et édifiante représentation
de la misère habituelle, indécente misère que celle
de celui qui bouffe tous les jours. Il y a donc ceux-là, tenus
par la menace du chômage. Et les autres, touchés par l'opprobre
publique, "privés d'emploi" et du même coup des
moyens de leur survie. Dans le genre paradoxal, on se pose là;
qui peut nier que le travail, unique possibilité de rémunération,
manque aujourd'hui en France (pour limiter le propos) à des millions
de personnes qui ne demandent que ça : travailler. Au sujet du
partage, Nicolas Ramond exprime une de ses utopies : "Les métiers
ingrats, comme éboueur, pourquoi ne les pratiquerions-nous pas
tous, une fois par mois, une fois par an, chacun son tour, pour permettre
à tous les individus de trouver un métier plus en rapport
avec ses aspirations personnelles...?" Le moins que l'on puisse
dire, pudiquement, c'est qu'il s'agit là d'une utopie. Imaginez,
ce matin, avant de vous rendre à l'ancienne ANPE du centre-ville
où vous avez un certain nombre de copains qui vous attendent,
vous croisez un vieil homme bougon, rondelet, tout de vert vêtu,
un balai à la main. Vous vous dites : celui-là, il méritera
sa retraite. Un petit coup d'il discret vers son visage. Mais...
"Oui, c'est moi" dit l'homme, Le maire de votre ville
! Autant dire que les transformateurs, forts de la position marginale
propre aux artistes, ne feront pas de politique au sens où on
veut bien l'entendre d'habitude. "Nous ne nous sentons pas hors
du monde, explique Anne de Boissy, comédienne enjoleuse, le sujet
nous touche de près". Intermittente du spectacle, elle connaît
elle aussi ces incertitudes, les périodes d'inactivité
forcées... Si elle a choisi ce métier de la scène,
c'est aussi en pleine conscience de son environnement social, préférant,
à l'incertitude, une autre : la plus exaltante. Ce spectacle
sera pour la compagnie l'occasion de mettre le doigt sur les paradoxes
inhérents à la question du travail : nous avons tous nos
utopies, le désir d'une société plus aimable. Mais
dans une vision à peine plus pragmatique, les travaux ingrats
sont aussi des travaux utiles voire nécessaires. Nicolas Ramond
: "Les gens qui font ce genre de boulot devraient être plus
payés que ceux qui ont un travail plus sympa". Planant sur
les quotidiens, à partir de paroles simples, les transformateurs
devraient tenter d'installer dans l'ambiance du théâtre
comme la possibilité, l'utopie dans ce décor blanc : deux
cases mitoyennes avec ce toit en dent de scie des usines, et les mots
qui s'en échappent.
Etienne
Faye
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