JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
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Raides
Rachid Taha
Tortoise
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Pez Ner
MAI
N°27
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Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
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Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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NTM
sur
tous les fronts
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"Quelle
chance d'habiter la France. Dommage que tant de gens fassent preuve
d'incompétence..." En 90, le parler subversif du Suprême
NTM crevait l'écran. Depuis, en France rien n'a vraiment changé,
si ce n'est que la banlieue nord continue la résistance, imprimant
son propre "free style", hard core. Cette saveur aromatique
a toujours eu un goût acide. C'est sans doute dans l'adversité
que l'on se forge un esprit nique ta mère. Incorrigible parce
que partie intégrante de "l'émulsion du hip-hop".
Et pour Joey starr, comme pour les siens, il est (plus que jamais) hors
de question de lâcher l'affaire. Joey starr, franc tireur.
Quelle chance d'habiter la France ?
Surtout en ce moment. Quand on chantait ça, y'a dix ans, c'était
plutôt une formule avec un espoir derrière. Aujourd'hui,
sans parler des régionales, c'est au niveau de la proximité
que cela me fait peur. La situation des gens autour de nous qui justement
n'ont pas notre chance.
Au-dessus des lois, je bâtirais mon toit tu revendiques
cette appartenance à un microcosme décalé ?
Complètement. Mais faut voir que je suis bien rentré dans
le système et que je m'en sert. A côté, ça
m'empêche pas de faire ce que j'ai à faire. Bien au contraire.
Miné mais déterminé c'est l'amitié
qui va être le dernier rempart ?
C'est ce qui nous permet d'être encore là. C'est le moteur,
une vraie raison d'être. On a toujours le même il
et les gens sont restés fidèles à eux-mêmes.
Sans eux : c'est le naufrage. Si on est minés, c'est pas par
rapport à nos petites vies, c'est simplement un constat (de ce
retour au même schéma).
Il existe une solidarité, un semblant d'unité au sein
du hip-hop en France ?
Déjà, il y a une différence entre un format radio
qui s'appelle le rap et une émulsion underground qu'est le hip-hop
dans lequel une discipline s'appelle aussi le rap. L'unité, c'est
plus avec des gens qui font ce qu'ils sont et pas seulement du rap.
Tu crois les gens capables de faire la différence entre l'esprit
du hip-hop et la soupe rap que l'on nous sert ?
Je pense qu'ils le seront. Mais pour nous c'est pas un soucis."
L'émulsion underground", c'est dans ta tête déjà
qu'elle existe. T'as pas forcément besoin d'un public pour exister
ni d'attendre de savoir ce que les gens perçoivent. Pour en revenir
à l'unité; certains n'ont pas compris quel était
le challenge ou l'interprètent différemment. On danse
pas tous sur le même pied. Tu peux être sur une major mais
il faut savoir que c'est la rue qui te regarde. Enfin tout ça,
ça fait "belles paroles" aujourd'hui.
Des gens que tu respectes dans ce milieu...
Plein de gens pour qui la première fierté c'est la sincérité
dans cette histoire.
Des groupes que vous allez booster ?
Là je suis justement en train de faire une compilation avec DJ
Spank sur le label que l'on va monter : Boss of Scandalz. De son côté,
Kool Shen va sortir Zoxea sur son label IV my People.
Un mec de IAM disait Moi, mes pépettes, je les investis
dans le hip-hop...
Ce genre de démagogie-là, ne m'intéresse pas. Ce
qui compte c'est la finalité de l'action. Ce que je fais de mon
argent ne regarde que moi. Ce qui m'est le plus précieux aujourd'hui
c'est le temps. Et mon temps, oui, je me mets tout entier dans le hip-hop.
Mais au service de personnes, qui d'après moi, sont la tendance
réelle du hip-hop français, pas des démagos justement.
A notre niveau, on a rien à justifier. On fait ce qu'on a.
"L'horloge a tourné" et très vite depuis
le début mais ce 4ème album sent le retour à l'énergie
brute, surtout sans détour de paroles.
C'est vraiment ce que l'on a envie de faire. Quand je dis : on fait
ce qu'on a, c'est qu'aujourd'hui le flow, c'est un truc usuel. On a
évolué mais on va pas chercher des mots pour atteindre
je ne sais qui : l'intérêt c'est de parler aux nôtres.
Ceux qui ont envie d'entendre feront le pas. Quand un artiste se fait
plaisir, il se passe quelque chose, non pas quand il essaye de s'adapter
au marché.
Pas de solution donnée, mon plafond reste ton plancher
Actuellement, des gens comme AC ! essayent de mobiliser contre le chômage...
t'en penses quoi ?
C'est forcément une bonne chose. C'est comme un début
de ça va péter. Bon maintenant, y'a effectivement
des chômeurs qui s'organisent... mais j'en connais beaucoup qui
ne savent même pas que ça existe, ils sont ailleurs, ils
n'y croient plus. Une minorité se sent concernée mais
la grande majorité n'a pas cette conscience.
Tu penses que les gens pourraient être prêts à
aller voir si La vérité habite la rue juste en face
de chez eux ?
Non toujours pas et ils le seront de moins en moins. Faut voir que l'on
taxe souvent les gens d'individualistes mais bon, aujourd'hui il faut
aussi comprendre qu'il n'est pas facile de faire vivre une famille même
pour ceux qui ont 8 ou 10 000 balles par mois. Pourtant quand on dit,
regarde en bas de chez toi, ça veut dire aussi : regarde ton
gosse grandir, si tu bouges pour quelque chose, peut-être que
demain sera autrement et que ton gosse ne sera pas un de ces nèmes
mazoutés d'aujourd'hui.
Les français ont pris l'habitude d'attendre 50 ans pour juger
leur histoire. Ça risque de faire pareil avec Charonne et l'Algérie.
Ça t'inspire quoi ?
Ils ont surtout la mémoire courte. En ce qui concerne le dernier
qu'ils ont jugé (ndlr : Papon) c'était vraiment n'importe
quoi : Attendre que le mec ait 80 balais pour lui donner 10 piges :
c'est ce que tu prends pour un braquo... Moi je crois que je l'aurais
lapidé même à son âge. Maintenant, si demain,
ils se mettent à juger des gars de l'OAS, ça sera toujours
la même mascarade, du flan, de la poudre aux yeux. Et d'ailleurs
ça ne ramène pas la mémoire aux gens -y'a qu'à
voir le parcours d'un mec comme Pasqua, y'a qu'à regarder comment
les thèses de l'extrême droite fleurissent encore en France,
en Allemagne... parce qu'ils vendent aux gens de fausses solutions au
chômage.
Le rôle des médias...
Avec un gars comme Le Pen, ils ont compris que c'est un show-man et
en fait ils lui donnent à manger alors qu'il vaudrait mieux ne
plus l'inviter. Pour le reste, c'est clair que la télévision
ne parle pas comme la rue, qu'elle n'est pas un vrai reflet du pays.
C'est un monde à part qui parle à une certaine caste.
Il est rarement possible d'aller s'y exprimer vraiment. J'ai franchement
rien à voir avec ce monde.
Comment tu vois "Le monde de demain"?
Pas très bien. J'ai l'impression que les gens ont oublié
que les choses pouvaient changer. Oublié qu'il est essentiel
de temps en temps de tenter de "palper ses rêves", de
se réaliser en dehors du travail et du profit des uns sur les
autres, non, seulement pour soi-même. Nous avons cette chance
mais finalement ce que nous sommes importe peu, ce qui compte c'est
d'essayer de communiquer un état d'esprit, une envie.
Propos
recueillis par Laurent Zine
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