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1998

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DECEMBRE N°33
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Mad's Collectif
Cirque Plume

  DECEMBRE N°33  


Adrian Sherwood

 

Mad's Collectif
Activation 10 ans d'age

Pour fêter une aventure qui aujourd’hui se termine, un grand concert le 12 décembre au Hall C avec Adrian Sherwood. Sur l’évolution de l’association : happy hour au Mistral Gagnant avec Dom, Val et Salim, membres ré-actifs.
C’était l’hiver 88-89, rude s’il en fut, émergeant d’un "brouillard définitif" dans lequel allait s’évanouir le mouvement alternatif, l’association Mad’s Collectif, fédératrice d’énergies.

L’idée de départ : secouer l’organisation de concerts à St Etienne et promouvoir la scène locale par une occupation du terrain (salles, radio...), souple mais déterminée. “A la suite de la mouvance stéphanoise des années 80 qui s’articulait autour du label Kronchtadt Tapes et de radio SWK, à un moment charnière où le mouvement alternatif, soit s’arrêtait, soit progressait, l’envie première de Mad’s Co, c’était de "tarter les gens", publics et groupes compris”. Pour ce faire, quelques principes de base quant à la façon de monter un concert : prix d’entrées ultra compétitifs, cachets décents pour les groupes, hospitalité, optimisation des conditions sonores... Au final, le tout faire par soi-même pour produire un spectacle de qualité avec des musiques différentes. A terme, l’optique d’une professionnalisation accrue tant au niveau organisation-promotion que dans la maîtrise technique (régie + son). Un "label de qualité" Mad’s Co rejoignait le domaine du possible dès le début des hostilités, lors de l’investissement du Mistral Gagnant (où ils avaient carte blanche) et grâce aussi à la collaboration avec une grande famille d’artisans du son, Fa Musique.
Tarter les gens, profession de foi jamais démentie après dix années de loyaux sévices, dont allait émerger un nouveau maître mot : diversité. Outre un état d’esprit indépendant et politique au sens premier du terme, qui imprégnait chacune de ses activités, Mad’s Co allait au fil du temps, s’ouvrir à d’autres personnes, musiques et formes d’action.
“Il y a eu un refus de s’enfermer dans un lieu, un type d’expression, un genre musical et une routine d’organisation. On constate cependant que la période est actuellement à la sectorisation et non au mélange. Il y a surtout des effets de mode et peu de revendications”.
Quoi qu’il en soit en définitive, Mad’s Co semble avoir atteint son objectif multi culturel de décrassement qualitatif des oreilles avec au passage des rencontres “avec des gens authentiques comme The Ex ou Bikini Kill et tant d’autres”. Un bilan de près de 140 concerts + émissions sur radio Dio, promotions d’artistes (Sixpack, Skl’emst) et autres réalisations de CD. Un bilan de sur activation fondé sur le bénévolat.
Zone autonome temporaire, Mad’s Co aura remué St Etienne dans tous les sens, simplement par envie. Autonome forcément, temporaire parce qu’il faut un jour savoir tirer un trait pour se tourner vers autre chose.
“Il y aura de toute façon une pérennité de l’asso à travers ceux qui ont été formés au sein du collectif (régie-son-organisation) ou ceux qui vont se lancer dans d’autres projets. Simplement dans la logique des relations humaines, un changement devait intervenir pour permettre à tous de repartir à zéro. L’éclatement de la structure Mad’s Co dans différentes directions, c’est aussi réinstaurer une meilleure qualité de dialogue entre les gens, prendre acte de leur mélange et donc d’une nouvelle donne. Tout cela est vraiment positif”.
«Une petite dernière pour la route». En fait de "petite", ne ratez sous un aucun prétexte la "grande parade du dub", un concert pour s’approcher du soleil, le 12 décembre au Hall C avec Adrian Sherwood, Peter Holdsworth, Ghetto Priest, MC Navigator et Dub Action.
“L’important c’est de finir par une fête, colorier la ville avec des affiches, écrire une dernière fois aux adhérents et proposer un plateau "free style" de qualité avec un son énorme. Adrian Sherwood fait partie de ces premiers blancs qui se sont investis dans la musique reggae- dub. Son travail (mixes et sons) ne ressemble vraiment à personne”.
Aller au bout de vous-même ne vous coûtera que 50 brouzouffs le dit soir de l’éclatement, alors bon vent !

Laurent Zine