JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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Tony Nelson©
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Sixteen
Horsepower
C'était
le 3 novembre 97 au Transbordeur, qui ne se souvient pas de l'excellent
set des Sixteen Horsepower, le club était ce soir-là,
plongé dans une belle ambiance.
David Eugene Edwards au chant, voix expressive de dépressif,
à la guitare ou de temps en temps jouant sur un très
vieux banjo. Ils avaient confirmé une réputation scénique
qui les avait précédés, un concert surprenant,
un public attentif et réceptif. Le moindre que l'on puisse
dire du groupe, c'est qu'ils font naître une ambiance moite,
entre Amérique rurale et slide guitare, un coup d'accordéon
peut apparaître, mais la musique garde toujours cette noirceur
qui plane au-dessus des compositions. Ils seront le 29 octobre au
Transbordeur, une occasion à ne pas rater, une claque assurée.
En attendant questions à Jean-Yves Tola batteur et co-fondateur
des Sixteen avec David Eugene Edwards, qui vit entre San Fransisco
et Los Angeles sur la côte ouest, entouré de chiens husky
et de chevaux, loin du bruit des grosses villes. |
Comment s'est passée ta rencontre avec David Eugene Edwards
?
C'était en 89, on a travaillé ensemble sur des décors
de film à Los Angeles. Comme on s'appréciait humainement
et que nous avions des goûts musicaux en commun, ça coulait
un peu de source qu'on finisse par travailler ensemble. Ça
a tout de suite marché entre nous et on s'est dit qu'on allait
faire un groupe, Sixteen Horsepower est né.
Il y a eu quelques changements dans le groupe et l'arrivée
de Pascal Humbert ex-Passion Fodder, deux français et deux
américains pour une musique typiquement américaine,
comment ça se passe la fusion de vos cultures au niveau de
la composition ?
On ne pense pas tellement dans ces termes, entre américains
et français. Il n'y a pas vraiment de frontière, bien
que nos influences ne soient pas toutes les mêmes et que nous
ayons grandi à des milliers de kilomètres les uns des
autres, il se trouve que nos goûts musicaux sont assez proches.
Le guitariste vient de la Nouvelle Orléans, sa culture musicale
est différente, mais l'idée de frontière ne nous
pose pas de problème.
Le terme de country-rock convient-elle à votre musique,
puisqu'il faut toujours classer ?
Puisqu'il faut mettre une étiquette, on peut dire ça.
Notre musique n'est pas facile à catégoriser.
Il y a une sonorité acoustique dans votre musique, le banjo,
le violoncelle, avec un aspect noir ?
On mélange plusieurs styles de musique. On aime bien les accords
mineurs, les choses un peu mélancoliques, même si a priori
c'est un peu sombre, mais c'est pas tout le temps comme ça.
Il plane toujours au-dessus de Sixteen Horsepower une ombre qui
est celle du Gun Club, cet été vous avez fini vos concerts
avec un titre de ce groupe, c'est un héritage que vous assumez
?
Oui, on aime beaucoup le Gun Club. Ici le groupe de Jeffrey Lee Pierce
n'est pas très connu, quand on a commencé à tourner
aux Etats-Unis, on ne nous en parlait pas, c'est nous qui en parlions
plus et puis dès que nous sommes arrivés en Europe et
en France : "Ah Gun Club, Gun Club ! Oh là là !"
Ok ! Si on a fait une reprise du Gun club c'est pour dire qu'on aime.
Ça ne nous gêne pas, c'était un super groupe,
cette reprise est un hommage à Jeffrey Lee Pierce.
Un deuxième album, une tournée qui semble plutôt
européenne, les Etats-Unis vous y vivez, votre musique est
issue de ce pays, comment ça se passe pour Sixteen Horsepower
là-bas ?
On a beaucoup tourné ici, le problème des Etats-Unis
c'est que c'est énorme et qu'un groupe comme nous ici n'a pas
de place sur les radios, sur MTV, c'est donc un travail de longue
haleine, jouer, jouer partout. Ça prend plus de temps qu'en
Europe où il y a un réseau beaucoup plus facile d'accès
pour le public et aussi pour les groupes.
Le dernier album, nouvelle version, s'est retrouvé avec
trois titres en plus, notamment une reprise du Partisan de Cohen et
un titre chanté avec Bernard Cantat de Noir désir, comment
se sont passés ces choix ?
Nous avons fait quelques dates avec Noir Désir en France l'an
passé, on connaissait déjà Bernard et du fait
de cette tournée, on s'est revu. Nous avions envie de faire
une reprise du Gun Club et nous avions envie que Bernard se joigne
à nous. On s'est vraiment marré, et puis comme il nous
restait du temps en studio, alors nous avons fait cette reprise du
Partisan, voilà c'est aussi simple que ça.
Quels sont les projets immédiats du groupe ?
On a deux concerts avec Nick Cave, un à San Fransisco et un
à Los Angeles, ensuite on travaille sur le prochain disque,
David et moi on va commencer à mettre des morceaux au point.
Vous êtes les deux fondateurs du groupe David et toi, la
composition se passe entre vous deux ?
David est un puits intarissable d'idées et puis j'ai aussi
plein de trucs à dire musicalement. Je suis un peu plus l'arrangeur,
je mets les choses en place, on travaille un peu dans ce cadre-là.
On s'entend vraiment bien, il n'y a aucune tension, si c'est bien
tant mieux, si ce n'est pas bien, on s'en fout de qui a amené
l'idée. Quand on a des idées pas toujours finies, certaines
fois assez brutes, on les partage avec Pascal et Jeffrey qui amènent
leurs touches et leurs idées aussi.
Bruno
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