JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
|
Samuel
Hercule
La
cordonnerie
|
Samuel
Hercule a le verbe facile et la formule acérée. C'est
peut-être qu'il a l'habitude de la parole : il est comédien
depuistout petit, comme s'il avait toujours fait du théâtre.
Quand il a eu son bac, il s'est tout naturellement... Inscrit à
la fac, expérience qui n'a pas duré bien longtemps. La
griserie de la scène, le plaisir du jeu... Voilà qui devait
lui inspirer une rupture toute naturelle avec le parcours habituel d'un
jeune bachelier de son âge. Il lui fallait se confronter à
ses envies de scène. Il décidait alors de la création
d'une compagnie, avec quelques amis (Timothée Joly, Frédérique
Mille...) : la cordonnerie. "Attention, nous prévient-il,
ce n'est pas une bande de potes! On est d'abord réuni pour travailler
en commun, ensuite il se trouve que nous sommes amis". D'ailleurs
l'équipe s'est déjà bien dégarnie. "Il
a fallut qu'on se débarrasse des gens nuisibles, je dis ça
sans méchanceté, simplement on ne peux pas travailler
avec des gens qui ne savent rien faire". Voilà qui est balancé
sans trop de nuance, par un garçon de 20 ans d'apparence plutôt
gentille... "Je suis très primaire, comme gars". Mais
il nous rassure, il n'entretient aucune haine, ou alors des "haines
artistiques" :
- Moi simple
- Lui intello qui se fout du public
Tout de suite il a voulu son indépendance : "Faire MES créations",
il savait qu'ainsi, non seulement il mettrait en uvre ses propres
idées, mais il éviterait aussi la course au cachet...
Depuis quelques mois, il écrème les cafés lyonnais
avec son "Hyppolite", petit homme aux allures de charlot qui
fait renaître un art : le cinéma muet, le vrai, en noir
et blanc et tout et tout... "On va dans les cafés pour avoir
un public, tout simplement. J'ai fait un moment une émission
sur Radio Canut sur le théâtre et grâce à
cette émission, j'ai pu énormément fréquenter
les lieux. Je me suis rendu compte que c'était un milieu clos,
j'y voyais toujours les mêmes têtes. Du coup, j'avais envie
de trouver un public différent. En plus, on est payé,
ce qui n'est pas négligeable". Bientôt en première
partie de La Tordue à Grenoble, il semble que des contacts sérieux
aient été établis avec un tourneur, Mr Hublot.
"On change les règles", affirme-t-il, il ira où
on ne l'attend pas. Il a des ambitions, le doux jeune homme, il voudrait
présenter son petit film dans un café à Cannes,
pendant le festival, il imagine une version télé... Le
succès ne lui monterait-il pas un peu à la tête
? Peut-être, mais quand, cynique, il se plaint des "groupies
de province ", on se demande s'il n'a pas raison de rêver...
Contact : 04 72 77 67 38
Etienne
Faye
|
|
|