JANVIER
N°23
Abou Lagraa
Géraldine Bénichou
Samuel Hercule
Laurent Vercelletto
FEVRIER N°24
Louis Sclavis
Elliott Sharp
Nicolas Ramond
MARS
N°25
Frida Kahlo
AVRIL
N°26
Têtes
Raides
Rachid Taha
Tortoise
Henri Texier
Pez Ner
MAI
N°27
Dick
Annegarn
Burning Heads
Fred
Frith
Sur les pistes du travail
JUIN
N°28/29
NTM
Sur les routes de lArt contemporain
Turak
SEPTEMBRE
N°30
8ème Biennale de la Danse
Abou Lagraa
Borah Bergman
Pascal Comelade
Carla Bley
Noël Akchoté
OCTOBRE
N°31
Zebda
World Press Photo 98
Virginie Despentes
Sixteen Horsepower
NOVEMBRE
N°32
Denis Plassard
Casse Pipe
Dror Endeweld
Jean-Bernard Pouy
Sloy
DECEMBRE
N°33
Observatoire international des prisons
Lhasa
Mad's Collectif
Cirque Plume |
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Dror
Endeweld
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Dror
Endeweld nécrit pas il nous montre des mots dans une
grande rigueur autant intellectuelle que plastique, avec un élément
en forme de 1 en néon. Dror Endeweld nous présente à
la galerie Verney-Carron des plaques inscrites, un peu abstraites
à première vue, tout séclaire à
la lecture du titre EN MEM-OIRE DEMM-ANUEL LEVINAS - ET AUTRES PIECES
DETACHEES EN NEON. La forme, le sens, le détournement, le retournement,
tout se croise, sentrechoque, résonne dans une lumière
blanche envahissant lespace.
Ton travail artistique joue principalement sur trois principes.
Le fragment, la totalité et la série. Peux-tu nous préciser
comment sarticule ces trois pôles ?
Le fragment est apparu très tôt dans mon travail, il
était brut, cest-à-dire quil sagissait
de matériaux brisés ou trouvés. Au fil du temps
jai approfondi la réflexion sur cette notion de fragment;
et la forme est devenue beaucoup plus rigoureuse. Jai développé
cette recherche à partir de deux axes principaux.
Premièrement : la forme hexagonale comme unité de base
-faisant référence à des chiffres digitaux- cette
forme se multipliait au gré de la suite pour tendre vers une
totalité : le mot un ou le chiffre
8. Deuxièmement : le travail avec le langage écrit,
dans lequel la lettre est composée voire fragmentée
(selon le point de vue) à partir dune unité en
forme de 1 pour, composer des mots, des phrases. Le mot
monde apparaît souvent dans ce contexte. La suite
répond aussi à un besoin spatial. Lobjet isolé
na de sens que dans un ensemble, dans une continuité.
La traduction rapprochée de Endeweld est fin du monde
cette notion de fin semble toujours pré-texte dans ton travail.
Est-ce vraiment la fin du monde, la fin du sens, la fin des illusions
?
Le travail sur le nom est lié à lextériorité,
le nom nous accompagne, il fait partie de ces éléments
objectifs constituant le réel; pour quelquun qui est
sensible au langage cela constitue un matériau idéal.
Mon nom est composé de deux mots : monde et fin; tout deux
riches en significations, jutilise ces deux termes séparément,
cependant le travail ENDE EINER WELT réalisé en 95 au
Nouveau Musée allait dans le sens que tu évoques, fin
dun monde avec une insistance particulière sur le UN,
ceci était prétexte à un début de travail,
maintenant à chacun de simaginer de quel monde il sagit.
Labsence de mot, labsence de lettre dans certains de tes
travaux je pense à SNS SNS SNS (sons sans sens) où les
voyelles ont disparu. Ou à Néon on. Est-ce que cette
absence peut être le début dune réponse
à cet hommage à Emmanuel Lévinas ?
Labsence de lettres dans les travaux que tu évoques fait
référence à lhébreu, ma langue maternelle,
labsence de voyelle ouvre les interprétations, crée
des rapprochements... ceci peut tout à fait être mis
en rapport avec Emmanuel Lévinas, digne héritier dune
longue tradition de talmudistes, qui ont osé les interprétations
les plus audacieuses à partir du texte. Lévinas
ayant un bagage et une démarche philosophique propre, en propose
une lecture que je pourrais qualifier de révolutionnaire. Pour
cela jai tenu à lui rendre un hommage dans mon exposition
actuelle à la galerie Verney-Carron.
Le rapport plastique entre le matériau et la forme a toujours
été une de tes préoccupations. Comment et pourquoi
le néon est apparu dans ton travail ?
Le néon présente à mes yeux de multiples avantages,
cest un matériau extrêmement courant dans notre
univers quotidien, il est à la fois omniprésent et absent
(par le clignotement), les références historiques dans
le domaine de lart sont nombreuses, jessaie den
tirer avantage, mais sa qualité essentielle réside dans
le fait quil se déborde et se dérobe à
lui-même, modifie en permanence lespace dans lequel il
se montre. Pour répondre à ta question dune manière
plus générale, les matériaux choisis, sont en
rapport étroit avec le contexte, cest-à-dire que
pour lextérieur on va expérimenter tel matériau,
et pour des raisons économiques on est acculé à
utiliser certains matériaux et pas dautres, à
mon sens les contraintes peuvent être dépassées
pour devenir des éléments positifs.
Propos
recueillis par Bruno Vincent
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