JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana
FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille
MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx
Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois
AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes
MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore
JUIN N°17
Tom Cora
Faust
SEPTEMBRE
N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie
Les quatres saisons
OCTOBRE
N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard
NOVEMBRE N°21
Jean-François
Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre
DECEMBRE
N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie |
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S. Ouzounoff©
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Musiques
en scène
Chaque
année au mois de mars, le GRAM installe Musiques en Scène
en divers endroits de la ville poussant certains concerts un peu plus
loin dans la région. Cette année sera marquée
plus spécialement par l'Extrême-Orient (Pékin, Shangai)
des pièces traditionnelles avec l'Ensemble Huaxia qui interprétera
aussi des uvres du répertoire contemporain, mélangeant
pour le plus grand plaisir du public, une programmation qui va du répertoire
contemporain aux musiques nouvelles, des installations sonores les plus
ahurissantes, des conférences, des rencontres, des films, avec
des points forts, des points très forts. |
Un concert Jean-Claude Eloy, une rencontre entre la voix de Yumi Nara
originaire du Japon et celle de Fatima Miranda chanteuse venue d'Espagne.
Un concert impressionnant de qualité, à découvir
au Théâtre de la Renaissance le 18 mars. Ce même
théâtre qui le 21 mars accueillera sous le titre Du slavon
sur mars ? La Cie Lanicolacheur, un concert performance autour de la
langue, le sanscrit, le martien, l'ultramartien... une forme de théâtre
musical plein d'humour puis Jacques Di Doneda et Xavier Charles, duo
des plus tonique vont nous emmener aux sons de leurs instruments (clarinettes,
saxophones, bombarde, appeaux, percussions...). Improvisateurs de la
scène jazz ce concert s'annonce comme très prometteur
et sans tristesse.
Le 22 mars au Théâtre de Vienne un concert en deux temps,
d'abord des pièces de Berio, Kagel et Scelsi, puis six créations.
Une commande a été faite à six compositeurs d'écrire
des pièces autour des poèmes de Jacques Roubaud. Des pièces
pour huit voix mixtes, violoncelle, percussions et clavier. L'humour
sera là aussi présent avec une pièce de Jean-Pierre
Drouet, de Marc Lauras, James Giroudon...
La liste des compositeurs est telle qu'elle ne peut que laisser rêveur
le public ( Stockhausen, Bartok, Drouet, Mache, Metamkine, Cage, Bach,
Berio...) en tout 66 compositeurs et 22 créations.
Un des événement sera de découvrir l'ensemble Huaxia
qui interprétera plusieurs pièces de compositeurs chinois
contemporains. La particularité de cet ensemble est l'utilisation
des instruments traditionnels pour des uvres contemporaines. D'autres
pièces seront interprétées par l'ensemble Orchestral
Contemporain dirigé par Daniel Kawka. Le reflet de la tradition
émerge de ces compositions qui ont su intégrer des formes
occidentales.
Chen Qigang fait partie de cette génération de compositeurs
nés dans les années 50 et qui subirent les affres de la
révolution culturelle chinoise. Son père fut envoyé
dans un camp de concentration et lui fut enfermé pendant trois
ans dans une caserne afin de recevoir "une éducation idéologique".
En 1984, il arrive à Paris et devient pendant quatre ans l'unique
élève d'Olivier Messiaen. Sa musique est le reflet de
ces deux cultures, l'Orient et l'Occident !

Yves de Kermel
©
Entretien
avec Chen Qigang
J'imagine que votre rencontre avec Olivier Messiaen, le travail
accompli en sa compagnie fait partie des moments importants de votre vie
de musicien ?
La rencontre était importante pour moi, quand je suis arrivé
en France je ne pensais pas que je pourrais travailler avec des musiciens
si importants dans la musique actuelle. J'étais à Bordeaux
dans la cité universitaire pour apprendre la langue, et ça
a été vraiment une surprise. Il a répondu très
vite à mon courrier, il disait être très touché
par ma lettre et voulait me rencontrer avant de me donner une réponse
absolue. C'est un moment décisif et aussi incontournable de ma
vie, c'était très impressionnant pour moi. La préparation
de l'entretien avec Messiaen fut très difficile, je ne parlais
pas la langue. Mais ce fut fantastique, notre premier entretien a duré
quatre heures.
Comment s'effectue pour vous le choix de composer pour des instruments
traditionnels, tels que pour "San Xiao" qui sera joué
à Lyon ?
Je ne peux pas l'expliquer tout de suite, ça appartient à
une histoire. A partir de Messiaen, en tant qu'élève, il
m'a encouragé à être moi-même, pour vous c'est
tout à fait ordinaire, pour moi c'était très difficile,
car nous avions reçu en Chine une éducation qui impliquait
d'être un serveur ou un serviteur de l'état, de la société
ou du peuple, on ne nous a jamais encouragé pour être nous-mêmes.
Etre soi-même c'est important, mais ce n'est pas la seule chose
qui peut qualifier la création. La musique est beaucoup plus complexe
que ça, être différent, c'est une chose, mais composer
une bonne musique c'est quelque chose que l'on ne peut jamais décrire
par les mots ou par telle ou telle théorie. Nous sommes issus d'une
culture vraiment très différente, je ne peux pas être
dans l'esprit d'un compositeur européen, bien sûr il n'y
a pas de compositeur européen type, mais ici on a une habitude,
une attitude de pensée ou de regard envers soi-même ou les
autres, que je ne peux pas avoir. Dans l'histoire de la Chine, il n'y
a pas de notion de compositeur, il y a seulement la notion de créateur.
Il y aura une création "Poème Lyrique II" pour
baryton et ensemble, on s'approche plus du répertoire contemporain
par l'instrumentation, vous aimez les contrastes ?
Dans cette uvre là, j'ai utilisé un poème qui
à été écrit par un grand poète chinois
qui a déjà mille ans. Il y a trois points essentiels dans
cette pièce, un poème de mille ans traité avec la
voix, traité d'une façon opéra de Pékin qui
date de deux à trois cents ans et un ensemble d'instruments occidentaux
typiques de la musique contemporaine actuelle. J'ai pris la voix comme
fil conducteur, Shi Kelong qui chante a étudié en Chine
à l'Opéra de Pékin et aussi à l'Ecole de l'Opéra
de Paris, il a une voix qui a une étendue très large surtout
quand il chante d'une façon Opéra de Pékin, dans
ce cas on a toujours besoin d'une voix très aiguë. Le poème
exprime le sentiment de séparation, quand j'ai écrit la
musique j'étais dans la même situation, je me disais l'homme
reste immuable. Ce poème est hyper connu en Chine, on peut dire
que c'est un des plus grands.
Quels sont les compositeurs occidentaux qui vous ont le plus marqué
?
Ce sont d'abord les compositeurs qui ont déjà une culture
ou une envie d'échange entre l'Occident et l'Orient comme Debussy,
Ravel, Britten, Puccini, surtout des compositeurs de la fin 19 e ou début
20 e. Sinon dans la musique contemporaine, Ligeti, vous allez voir ce
sont des compositeurs qui sont sensibles à la notion de couleur,
de l'expression et pas du tout la notion de construction mathématique,
bien sûr la musique de Messiaen pour la couleur harmonique, c'est
quelque chose de très important pour moi.
Propos
recueillis par Bruno Pin
Impressions
en scène
Pour tous ceux qui croient que la création musicale contemporaine
est figée, allez faire un tour au festival Musiques en Scène
et plus particulièrement aux installations. Les musiciens sont
fous. Au vu des installations proposées les années antérieures,
comment ne pas se poser la question. Ainsi en 1995 Pour "les Personnes",
il y avait jets de pierres, graviers sur le sol et raisonnantes magnétiques.
Pièces de mécano qui frottaient, tapaient des vieux instruments
de musique pour Pierre Bastien. Le plus beau, et le plus fort est que
ces pièces dégagent beaucoup d'émotion et de plaisir.
De plus il y a souvent une dimension ludique dans ces uvres qui
fait que cela peut être vu par toute la famille. Petits et grands
seront interpellés et cela pourra changer pour certains leurs
rapports aux objets musicaux."Tout est musique". Le 15 mars,
à 14h 30 aura lieu le vernissage au Palais de Bondy, on pourra
essayer de comprendre ces drôles de machines.
Le même jour, à 20h 30 aura lieu une "Belle Nuit Musicale"
au théâtre de la Renaissance. On pourra voir les films
d'animations musicaux de Folimage (Valence) le compositeur Luc Ferrari,
électro-acousticien adoré par plein de gens (Jim O'Rourke
notamment) et aux titres de pièces évocateurs (Brise glace).
Il y aura aussi la cellule Métamkine (cf. le 491 d'octobre) qui
s'associera aux suisses Nachtluft pour nous délivrer un grand
moment sonore et visuel. De plus le Concert Impromptu et l'Ensemble
B. Britten, nous joueront des pièces de Cage, Riley, Stockhausen...
Une belle soirée en perspective. Et puis le festival permettra
de découvrir la musique chinoise traditionnelle et contemporaine.
Cela montrera au quidam que la Chine (ce pays des droits de l'homme....)
a peut-être une musique moins zen et méditative que l'image
stéréotypée de l'orient. À découvrir.
Ben
Saglio
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