JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana
FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille
MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx
Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois
AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes
MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore
JUIN N°17
Tom Cora
Faust
SEPTEMBRE
N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie
Les quatres saisons
OCTOBRE
N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard
NOVEMBRE N°21
Jean-François
Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre
DECEMBRE
N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie |
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Les
Thugs
Ne jamais éteindre la lumière
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Exemples
hors pair de cohérence dans la longévité, revoilà
les Thugs sur la route, les refrains affûtés pour hanter
nos mémoires. Nouvel Album, nouvelle tournée, la tribu
angevine est réactivée jusquaux dents ; le
woody core a de beaux jours devant.
Entretien avec Christophe Sourice (batteur) avant le concert du 28
au Pez ner.
Vous avez joué dernièrement à Vitrolles
pour un concert de soutien au Sous-Marin, comment avez-vous vécu
lévénement, comment cela sest-il passé ?
Le concert sest très bien passé, il y avait Noir
Désir, cétait dans une salle genre Zénith
où il y avait 5000 personnes, avec une bonne ambiance. Nous
navions pas spécialement limpression dêtre
à Vitrolles, si ce nest que les groupes disaient des
trucs par rapport à Mégret. Nous avons fait un tour
laprès-midi à Vitrolles, rencontré des
gens et la réalité vitrollaise. Effrayant et intéressant !
Les gens du Sous-Marin et les autres, je dirais, démocrates,
et bien je naimerais pas être à leur place. Ils
sont en première ligne de la lutte contre le fascisme et le
F.N, cest très violent dans les rapports, verbalement
et physiquement.
Sans jouer les porte-drapeaux, votre histoire et votre hystérie,
entre guillemets, ont toujours été clairement associées
à ladjectif radical ?
Nous navons jamais considéré que le rock serait
à côté de toute réalité politique
et sociale, ça en fait complètement partie, nous restons
sur la ligne du rock des années 60. Dans les années
68, cétait lié au mouvement contestataire, le
punk en 77 cétait aussi une contestation politique et
sociale. Pour en finir avec ça, quand des gens comme ça
nous demandent de jouer, cest évident que cest
le minimum que lon puise faire, cest y aller et jouer
bénévolement.
À travers vos pochettes dalbums, puis les clips, vous
avez installé une sorte dimage en noir et blanc des Thugs
avec pas mal de références cinématographiques,
historiques... Est-ce quil y a un concept Thugs ?
Disons que les pochettes, les affiches en général cest
moi qui le fait, cest plus un feeling quun concept. On
se sert pas mal de vieilles photos de Paris-Match, des photos recadrées,
quon déforme, en essayant que ça colle avec la
musique. Plutôt noir et blanc et rouge.
Vous sortez un prochain album, tu peux me dire comment il va sappeler,
où vous l'avez enregistré ?
Il sort chez Labels, qui fait partie de Virgin, nous lavons
enregistré à Black Box en 15 jours comme le précédent
et lingénieur du son s'est Kurt block. Le titre est NineTeen
Something.
Depuis le premier 45 Gougnaf, vous avez testé moultes labels,
cest un peu le changement dans la continuité ?
Il y a un changement, mais ce nest pas un bouleversement. On
est chez Labels maintenant, mais si tu ne le sais pas, ça ne
se voit pas. Le contrat que lon a avec Labels, cest le
même que lon avait avec Roadrunner ou les autres. Au point
de vue indépendance artistique, cest exactement la même
chose. On n'a pas signé avec une major pour avoir plus de promo,
ou un délire genre gros budget denregistrement. Nous
sommes en licence, on reste propriétaire des bandes, avant
on était chez Subpop qui était à 49 % chez Warner,
maintenant on est à 51 % chez Virgin. À notre niveau,
ça ne change rien.
Comment tu as vécu lévolution de la scène
indé en France. Un échec sil y a eu un échec ?
Non pas comme un échec. Cest vrai quà une
époque le rock, indé était puissant, il y avait
plein de trucs qui se passait, une dynamique, tout ça s'est
un peu cassé la gueule à un moment.
Tu l'expliques le fait que ça se soit cassé la gueule ?
Je crois que la scène indé n'était pas complètement
viable, même sil y avait pas mal de groupes, cétait
peut-être un petit peu trop bordélique. Si tu compares
avec dautres pays : Angleterre ou les Etats Unis, les labels
indé sont plus structurés. Et puis je crois qua
l'époque, il y avait plein de groupes quen avaient rien
à foutre dêtre sur un label indépendant
ou une major. Le jour où ça s'est cassé la gueule,
ils ont été aussi gaiement sur les majors.
Je vois bien, on citera pas de nom.
Mais il reste encore pas mal dassos alternatives et indépendantes
et cest eux qui font vivre en grande partie la scène
rock en France.
Vous êtes un des rares groupes français à tourner
aux Etats-Unis, il ny a pas de protectionnisme américain
par rapport aux Thugs ?
Le disque sort là-bas chez Subpop, mais vu ce que lon
vend comme disque, il nont pas de quoi sinquiéter.
Si un jour on devenait vraiment énorme, il y aurait peut-être
des problèmes.
Est-ce que tu continues la production ?
Non, jen ai fait pas mal à un moment, les groupes n'étaient
pas toujours très contents du résultat, cest pas
très encourageant. En plus un groupe qui enregistre un disque,
dès quil rentre chez lui il le compare toujours au dernier
Nirvana, mais je te rassure il y en a dautres qui étaient
très contents.
Pour les Thugs, vous recherchez un son intègre et direct ?
Pour le genre de musique que lon fait, ça ne sert pas
à grand-chose de passer une semaine sur la caisse claire...
je ne sais pas si ça sert dailleurs pour dautres.
Il y a des budgets pour des groupes rock que je trouve indécent,
cest vraiment de largent de foutu en lair, cest
souvent de la branlette. À quel moment tu es dans lexigence
qui est normale et à quel moment tu es dans les trucs qui servent
à rien. Il vaut mieux se prendre la tête sur les morceaux
et sur la musique.
Une petite dernière question, les Thugs still hungry ?
Il faudrait être un peu snob pour dire cest la galère,
les tournées etc... On est dans une position super, ça
fait 4 ou 5 ans que lon vit de la musique, on peut ne faire
que ça. Je trouve que cest une chance, on a fait ce quil
faut pour, on peut dire quon a galéré entre guillemets,
mais moi personnellement, jai jamais trouvé que cétait
galère. Si on avait envie de faire du rock, cétait
parce que lon n'avait pas envie de travailler, on fait un truc
quon aime. Là on vient de faire Angers-Vitrolles et le
retour, cest vrai que dix heures de camion c'est pas ce que
je préfère, mais sil ny a que ça,
cest vraiment pas grave. Il y a toujours un enthousiasme, le
nouveau disque, le plaisir de tourner est toujours là, la peur
dêtre sur scène disparaît quand on y est.
Oui, les Thugs still hungry !
Sur
le grill avec Zine
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