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1997

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  MARS N°14  


Christian Ganet©

 

Denis Plassard

Avec "Entre Les Deux", Denis Plassard nous emmène dans une arène faite de confrontation et de passion entre les danseurs, avec autour de cette arène, un espace libre où le danseur ne sait plus où il va... À découvrir !

Danseur au CNR et au CNSM, puis chez Josette Baiz (Cie Place Blanche) à Aix en Provence, Denis Plassard est un jeune chorégraphe lyonnais. Après une première pièce "Propos Solo", il crée en 91 sa Cie "Propos". C'est avec la reprise de ce solo en 96, que le public l'a mieux découvert. Un spectacle plein d'humour sur l'univers de la danse et du danseur. Il fait aujourd'hui partie de la jeune et nouvelle génération qui ne demande qu'à émerger.


"Propos Solo" est une série de pièces évoquant le monde de la danse. Comment si jeune et avant de monter un spectacle, avez-vous eu envie de parler de la danse ?
Malgré ma jeunesse, j'avais découvert beaucoup de choses et j'ai eu envie très vite de parler, de dire sur cet univers. Travailler au CNSM, faire des auditions c'est malgré tout difficile. Je découvrais aussi le statut d'intermittent d'où la pièce où je compte les L'obsession de certains chorégraphes à mettre du scotch partout sur le sol pour repérer sa place, d'où l'idée de la pièce où l'on danse en regardant les scotch sans arrêt. Le danseur qui crée en dormant d'où cette pièce que j'ai chorégraphiée au sol... "Propos", ce sont des histoires sur le monde de la danse, mais la danse ne suffisait pas pour dire et c'est pourquoi j'ai également travaillé le texte qui finalement fait corps avec le mouvement.
Avec "Entre les Deux" vous revenez à une chorégraphie plus traditionnelle ?
Oui. Tout d'abord il n'y a plus de texte, l'espace utilisé est plus grand et l'humour, même si j'y reviendrai, a laissé place à plus de tension, plus de dramatisation.
Vous définissez ce spectacle comme un feuilleton en 9 épisodes.
J'ai écrit 9 pièces dansées et j'ai imaginé que cela se passait dans un salon mondain ou dans une boîte de nuit. Il y a un carré de 36 m2 , comme une arène, les danseurs y entrent pour former tour à tour les combinaisons du solo au quintette.
Sur cet espace-là, les danses seront soutenues par une musique précise ?
Oui. La musique est écrite, son auteur en est Alfonso X El Sabio, elle ne bouge pas contrairement à celle diffusée pendant les improvisations des danseurs qui se feront à l'extérieur de ce carré.
Il y a donc 2 espaces de danse.
Le 2ème espace est celui qui entoure le carré et donne lieu à des improvisations. En fait, le pari, c'est que lorsque tous les danseurs sont en dehors de l'arène et avant de passer à une pièce suivant, il y ait un temps d'improvisation qui déclenche une de ces pièces.
Donc en fonction de la fin de chaque improvisation, chaque feuilleton peut arriver dans un ordre différent sur scène ?
C'est exact, et sur ces improvisations la musique sera électroacoustique, jouée par Gilles Grand transformé en DJ installé sur scène. Il improvisera pour nous en créant des ambiances complètement différentes les unes des autres.
Qu'est-ce qui lie le dedans et le dehors ?
Un défi, celui de créer une tension permanente chez les danseurs, qui devront sans cesse être en éveil, pour amener au travers de l'improvisation, chaque pièce écrite. J'avais envie de travailler sur les rapports entre les gens, jouer avec l'état du danseur au moment où il danse. Provoquer une confusion entre le personnage, ce qu'il joue et le danseur lui-même. Si les danseurs savent où ils vont à l'intérieur de l'arène, ils ne savent pas comment vont se passer les improvisations et comment elles vont amener la pièce suivante.
Et dans l'arène ?
Dans l'arène, les combinaisons seront faites de confrontation, de rivalité, d'affrontement basés sur les rapports créés notamment par de nombreux duos.
D'où le titre ?
Oui, la question est que se passe-t-il entre les deux, les deux espaces, les duos, avec l'idée de tension et de ludique. Et puis mettre le danseur entre les deux, ce qu'il sait faire et ce qu'il ne sait pas, le rendre mal à l'aise, travailler l'écoute des uns par rapport aux autres... Les regarder vivre chacun.

Propos recueillis par Martine Pullara