JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana
FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille
MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx
Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois
AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes
MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore
JUIN N°17
Tom Cora
Faust
SEPTEMBRE
N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie
Les quatres saisons
OCTOBRE
N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard
NOVEMBRE N°21
Jean-François
Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre
DECEMBRE
N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie |
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Dominique
Lardenois
Transsibérrien
Au
Centre Léonard de Vinci, Dominique Lardenois remet sur les rails
son "Transsibérien", créé une première
fois en 1991. Un spectacle musical et forain d'après Blaise Cendrars,
pour deux acteurs et une artiste de cirque. |
Entretien élargi avec le metteur en scène.
Quel bilan fais-tu de la présence de la cie Maccoco-Lardenois
depuis 3 ans à Feyzin?
Pour la ville de Feyzin l'enjeu consistait à confier la direction
d'une structure en même temps qu'une résidence à
une compagnie. Il fallait retisser des liens avec le public local et
nous avions pour mandat de développer une programmation éclectique,
pas seulement à partir du théâtre. Cela nous convenait
parfaitement car nous avions le désir de décloisonner
les propositions artistiques et le fait d'être deux a enrichi
la réflexion. La venue du cirque Gosh, les résidences
avec Christiane Véricel et l'ARFI notamment, ont permis de fédérer
des énergies avec des classes scolaires et l'école de
musique locale. Le Centre Léonard de Vinci a beaucoup de possibilités
et il permet de construire des saisons très variées. Nous
avons également découvert le plaisir de penser un lieu
de manière globale, de créer les conditions d'un accueil
chaleureux pour que le public puisse se l'approprier. Il y avait une
grande attente du public et je crois que l'urgence a été
notre stimuli pour tenter de restituer une sorte de plaisir aux spectateurs.
La récompense c'est la hausse constante de la fréquentation
du lieu.
Cette expérience a-t-elle changé ta perception de l'action
culturelle ?
Peut-être sommes-nous davantage en prise avec la réalité.
Mais cela ne doit pas nous rendre plus timides ou plus consensuels dans
nos choix . Il faut rester vigilant.
La plupart des PME de la culture sont touchées par la baisse
des subventions, comment vois-tu l'avenir pour vous et pour les compagnies
qui ont moins de moyens ?
En ce qui nous concerne, les différents partenaires comme la
ville de Feyzin, la DRAC, Conseil Régional et le Conseil Général
ont reconduit leur soutien et nous ne sommes pas actuellement en situation
de danger. Une régression budgétaire ne serait pas gérable
et je crois que nous exploitons au mieux le potentiel mis à notre
disposition. D'une manière plus générale, il est
clair que l'on est entré dans une phase de stagnation des financements
publics. Le système se crispe. Mais il me semble que celui qui
est habité par cette nécessité impérieuse
de dire finit par trouver les moyens de faire. Il ne faut pas non plus
faire l'éloge de la misère. L'argent ne retire pas l'émotivité,
par contre je crois que la misère peut en créer. C'est
un sujet complexe et porteur d'ambiguïtés; il faut éviter
les réponses généralisantes. Je crois que tout
est encore question de souffle personnel.
De quoi parle Transsibérien et pourquoi le remonter ?
Il y a six ans, ce spectacle a eu un bon écho. A l'époque
J'ai travaillé avec la préoccupation de trouver la bonne
articulation entre un texte, des sons, des numéros de cirque,
en cherchant à éviter l'écueil du fourre-tout.
Il y avait un défi rigolo dans le fait de montrer un voyage en
transsibérien. A la fois metteur en scène et acteur, je
l'ai toujours vécu de l'intérieur et j'ai ressenti le
besoin d'une autre approche, plus distanciée. Aujourd'hui je
voudrais le revisiter et me mettre en situation de le voir en passant
la main à un autre comédien. Ce texte est un hymne à
l'énergie et à la volonté. C'est un chef d'uvre
qui appartient à la grande famille de la littérature.
Le voyage qu'il propose est une invitation à la fascination et
aux limites du XXe siècle. Il y a tout : les machines, les frontières,
réaliser sa vie d'homme au-delà des frontières.
C'est une grande métaphore de la destinée humaine et d'une
époque qui ressemble beaucoup à la nôtre : c'est
l'image de notre siècle. C'est aussi l'utopie d'une ère
nouvelle avec tous les échecs possibles. Un jeune homme voyage,
il a faim et découvre l'horreur de la guerre, mais cela le rend
lucide, il n'est pas désespéré. Ce texte de Cendrars
nous montre comment tirer un enseignement de nos propres naufrages :
il aspire vers le haut. Même la tristesse y est finalement factice.
Ce spectacle concerne les jeunes et j'ai beaucoup pensé à
ceux qui découvrent le théâtre depuis 3 ou 4 ans.
Je m'intéresse à la figure du cercle et de l'ellipse :
je me donne un rendez-vous. Je voudrais apporter un mouvement nouveau,
sans détruire l'architecture initiale de l'ensemble. Je veux
revisiter ce voyage, mon propre voyage, mon deuxième souffle.
Propos
recueillis par Gabin Gabriel
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