ARCHIVES
1997

JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana

FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille

MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx

Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois

AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes

MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore

JUIN N°17
Tom Cora
Faust

SEPTEMBRE N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie

Les quatres saisons

OCTOBRE N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard

NOVEMBRE N°21
Jean-François Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre

DECEMBRE N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie

JANVIER N°12  


Photo : Elisabeth Vauzelle

  Noël Akchoté
Musique improvisée,
musique dans tous ses états !

Et pourquoi la guitare ?
A huit ans j'avais un copain finlandais dont les grands-parents tenaient un magasin de musique, au bout de la rue, une véritable caverne à trésors. On y trouvait tous les instruments possibles, des disques aussi...
Mais c'est pas une réponse ça !
A l'époque il fallait, enfin pour ceux qui allaient à l'école, écouter soit ACDC, soit Supertramp (déjà des clans, avant les familles...)... et dans la vitrine il y avait une copie très faible de la Gibson que jouait Augus Young.
Mais moi j'aurais préféré la batterie, parce que j'en jouais déjà un peu, avec des balais sur une pochette de 33 tours, en accompagnant des disques... j'étais fou du jeu de Denzil Best dans le concert "By the Sea" d'Erroll Garner... Bon, et puis...
Et alors ?
Alors rien (silence) qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?... Si ! Mes parents m'avaient emmené voir Baden Powell en solo, au Palais des Glaces, et je me suis sûrement dit que c'était possible, aussi, avec une guitare. Faut penser que c'est pas cher comme instrument. Non ?
Le début qui peut le dire ? Qu'est-ce qui fait
qu'un gamin est profondément sûr, déjà, qu'il y a une différence entre tout ce qui lui arrive. Mais une véritable différence un groupe même. Pourquoi en écoutant les Grosses Têtes je reconnais Jean Yanne et pas les autres (le début d'une famille à faire). Ou plus tard, qu'un film de Godard ou de Max Pécas c'est irrévocablement du cinéma. (Aussi sûr que les Visiteurs ce n'en est pas, et que ça ne le deviendra jamais).
Alors dans l'évidence ignorante, mais pas aveugle, on cherche. Et j'ai cherché aussi. Des amis, des revues, des livres, des gens qui parlent, qui en parlent.
On rencontre untel qui vous montre un autre, et parfois on découvre l'autre, ou plutôt son œuvre. Mais le nom était déjà là, autour.
Et je me dis que c'est sûrement comme cela que doit naître une revue, mais je ne sais pas, c'est juste une interrogation.
Et pourquoi 491 ?
...
Ce que je ne sais pas non plus c'est pourquoi ici, à Lyon, ses environs, j'ai souvent rencontré plus qu'ailleurs... échangé : des images aux mots, des notes aux bruits, des paroles aux sons.
Il faudra suivre, poursuivre, toujours ensemble.
Merci à Gilles, Alain, Vincent, Andréa, Jean-François, Jean, et tous les autres. Véronique, Philippe, Adèle...

Noël Akchoté

Noêl Akchoté + Paul Rogers Quattrophage
Alors, l'envie de marquer le coup par un (petit) événement, sans tambour, ni trompette (quoi que !), sans paillettes ni flonflon (c'est sûr), mais de faire de cette soirée quelque chose qui corresponde vraiment à nos goûts musicaux. Musique (live, non vue sur TF1) donc pour cette soirée du 17 janvier. L'envie d'avoir un musicien comme Noël Akchoté (guitariste de son état) pour ce premier concert, souhait qui se concrétise grâce à sa gentillesse et son désir de jouer pour ce concert ...491.
Donc une carte blanche lui a été donnée, il sera avec le fabuleux Paul Rogers à la contrebasse. Musique improvisée, musique dans tous ses états.Une première partie avec l'ambition de l'exploration sonore, faire jouer Quattrophage, groupe de Rouen peu connu et qui recèle une originalité indéniable. Six musiciens dont : Nicolas Lelièvre (percussions, platines disques, électronique). Matthieu Safatly (violoncelle, voix, guitare basse). Olivier Hüe (guitares, saxophone, sons concrets). Norscq (échantilloneur, traitement numérique). Pierre Dellacherie (violoncelle). Dominique Pavie (clavier). Une musique entre F. Frith, J. Zorn, J. Cage, une musique où l'improvisation et l'écriture se mêlent.
Il y aura d'autres choses pendant cette soirée, nous vous laisserons le plaisir de les découvrir sur place.
Le lieu choisi est le Pez ner pour plein de raisons ...

Bruno Pin

A Propos d'improvisation...
Donc le 17, dans le cours de la soirée, Noël Akchoté va prendre sa guitare, Paul Rogers sa contrebasse, et je n'ai aucune idée de ce qui va se passer (eux non plus) parce que, et c'est plutôt rare, ce sera une vrai improvisation : zéro thèmes, ça va être terrible. Le lecteur assidu de 491 (il y en a plein) ne peut pas avoir raté Noël Akchoté, guitariste attaché au jazz à son histoire, celui de René Thomas et d'Ornette Coleman, mais qui peut parler avec autant de passion de Neil Young, Prince ou de Jungle et puis il y a tant d'autres choses, d'autres sons, images, paroles, écrits, montages... C'est déjà une référence, un style autant sonore que visuel qui s'impose, plein de gens ne doivent pas le supporter. Noël c'est quelqu'un qui donne la pêche.
Il sera en duo avec Paul Rogers qu'on a vu très impressionnant récemment à Vénisssieux aux côtés de Lazro et McPhee. Anglais, il fait partie de la bande d' Evan Parker, Tony Oxley, Barry Guy, que des fous furieux auxquels le free européen n'est pas étranger. Les deux hommes se connaissent et sont rompus à l'exercice, grand moment en vue.
Mais l'improvisation ça fait toujours peur. Et pourtant... souvenir :
L'an dernier, duo Akchoté - Orti à la Tour Rose un jeudi soir, pas grand monde. Début assez doux, contrasté, puis plus violent, la guitare sature, la concentration, l'écoute sont essentielles. Le problème c'est qu'un dîner d'affaire (ou l'équivalent) vient d'échouer dans le fond, rires gras et compagnie, ils s'attendaient sans doute à entendre du jâse, éternel malentendu... quand on disserte sur l'évolution de la garde robe de Raymond B. forcément ça irrite un peu l'oreille car enfin, Guillaume Orti c'est un drôle de type, il joue du sax en poussant des beuglements étranges, danse bizarrement, et puis qu'est-ce qu'il a l'autre à se désaccorder, à mettre des bidules dans ses cadres ! L'atmosphère devient tendue. Pendant un solo assez rock, tout en ruptures, Noël prend la situation à son compte et interpelle le troupeau, aux limites du chant, une bribe de dialogue, le type en face est cramoisi, le rythme devient très méchant, moment jouissif. Ces messieurs dames vont finir par partir et le concert, après être monté très haut en intensité, se termine paisiblement sur quelques accords. On en parle encore. Parce qu'une improvisation, c'est chaque fois une nouvelle histoire à raconter, parfois moins intéressante qu'une autre, il y a un risque. Mais c'est ce risque qui en fait l'intérêt.
Le public participe plus que jamais, donc tous au Pez ner le 17 !

Vincent Domeyne