Et
pourquoi la guitare ?
A huit ans j'avais un copain finlandais dont les grands-parents tenaient
un magasin de musique, au bout de la rue, une véritable caverne
à trésors. On y trouvait tous les instruments possibles,
des disques aussi...
Mais c'est pas une réponse ça !
A l'époque il fallait, enfin pour ceux qui allaient à
l'école, écouter soit ACDC, soit Supertramp (déjà
des clans, avant les familles...)... et dans la vitrine il y avait
une copie très faible de la Gibson que jouait Augus Young.
Mais moi j'aurais préféré la batterie, parce
que j'en jouais déjà un peu, avec des balais sur une
pochette de 33 tours, en accompagnant des disques... j'étais
fou du jeu de Denzil Best dans le concert "By the Sea" d'Erroll
Garner... Bon, et puis...
Et alors ?
Alors rien (silence) qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?...
Si ! Mes parents m'avaient emmené voir Baden Powell en solo,
au Palais des Glaces, et je me suis sûrement dit que c'était
possible, aussi, avec une guitare. Faut penser que c'est pas cher
comme instrument. Non ?
Le début qui peut le dire ? Qu'est-ce qui fait
qu'un gamin est profondément sûr, déjà,
qu'il y a une différence entre tout ce qui lui arrive. Mais
une véritable différence un groupe même. Pourquoi
en écoutant les Grosses Têtes je reconnais Jean Yanne
et pas les autres (le début d'une famille à faire).
Ou plus tard, qu'un film de Godard ou de Max Pécas c'est irrévocablement
du cinéma. (Aussi sûr que les Visiteurs ce n'en est pas,
et que ça ne le deviendra jamais).
Alors dans l'évidence ignorante, mais pas aveugle, on cherche.
Et j'ai cherché aussi. Des amis, des revues, des livres, des
gens qui parlent, qui en parlent.
On rencontre untel qui vous montre un autre, et parfois on découvre
l'autre, ou plutôt son uvre. Mais le nom était
déjà là, autour.
Et je me dis que c'est sûrement comme cela que doit naître
une revue, mais je ne sais pas, c'est juste une interrogation.
Et pourquoi 491 ?
...
Ce que je ne sais pas non plus c'est pourquoi ici, à Lyon,
ses environs, j'ai souvent rencontré plus qu'ailleurs... échangé
: des images aux mots, des notes aux bruits, des paroles aux sons.
Il faudra suivre, poursuivre, toujours ensemble.
Merci à Gilles, Alain, Vincent, Andréa, Jean-François,
Jean, et tous les autres. Véronique, Philippe, Adèle...
Noël
Akchoté
Noêl
Akchoté + Paul Rogers Quattrophage
Alors, l'envie de marquer le coup par un (petit) événement,
sans tambour, ni trompette (quoi que !), sans paillettes ni flonflon
(c'est sûr), mais de faire de cette soirée quelque chose
qui corresponde vraiment à nos goûts musicaux. Musique
(live, non vue sur TF1) donc pour cette soirée du 17 janvier.
L'envie d'avoir un musicien comme Noël Akchoté (guitariste
de son état) pour ce premier concert, souhait qui se concrétise
grâce à sa gentillesse et son désir de jouer pour
ce concert ...491.
Donc une carte blanche lui a été donnée, il sera
avec le fabuleux Paul Rogers à la contrebasse. Musique improvisée,
musique dans tous ses états.Une première partie avec
l'ambition de l'exploration sonore, faire jouer Quattrophage, groupe
de Rouen peu connu et qui recèle une originalité indéniable.
Six musiciens dont : Nicolas Lelièvre (percussions, platines
disques, électronique). Matthieu Safatly (violoncelle, voix,
guitare basse). Olivier Hüe (guitares, saxophone, sons concrets).
Norscq (échantilloneur, traitement numérique). Pierre
Dellacherie (violoncelle). Dominique Pavie (clavier). Une musique
entre F. Frith, J. Zorn, J. Cage, une musique où l'improvisation
et l'écriture se mêlent.
Il y aura d'autres choses pendant cette soirée, nous vous laisserons
le plaisir de les découvrir sur place.
Le lieu choisi est le Pez ner pour plein de raisons ...
Bruno
Pin
A
Propos d'improvisation...
Donc le 17, dans le cours de la soirée, Noël Akchoté
va prendre sa guitare, Paul Rogers sa contrebasse, et je n'ai aucune
idée de ce qui va se passer (eux non plus) parce que, et c'est
plutôt rare, ce sera une vrai improvisation : zéro thèmes,
ça va être terrible. Le lecteur assidu de 491 (il y en
a plein) ne peut pas avoir raté Noël Akchoté, guitariste
attaché au jazz à son histoire, celui de René
Thomas et d'Ornette Coleman, mais qui peut parler avec autant de passion
de Neil Young, Prince ou de Jungle et puis il y a tant d'autres choses,
d'autres sons, images, paroles, écrits, montages... C'est déjà
une référence, un style autant sonore que visuel qui
s'impose, plein de gens ne doivent pas le supporter. Noël c'est
quelqu'un qui donne la pêche.
Il sera en duo avec Paul Rogers qu'on a vu très impressionnant
récemment à Vénisssieux aux côtés
de Lazro et McPhee. Anglais, il fait partie de la bande d' Evan Parker,
Tony Oxley, Barry Guy, que des fous furieux auxquels le free européen
n'est pas étranger. Les deux hommes se connaissent et sont
rompus à l'exercice, grand moment en vue.
Mais l'improvisation ça fait toujours peur. Et pourtant...
souvenir :
L'an dernier, duo Akchoté - Orti à la Tour Rose un jeudi
soir, pas grand monde. Début assez doux, contrasté,
puis plus violent, la guitare sature, la concentration, l'écoute
sont essentielles. Le problème c'est qu'un dîner d'affaire
(ou l'équivalent) vient d'échouer dans le fond, rires
gras et compagnie, ils s'attendaient sans doute à entendre
du jâse, éternel malentendu... quand on disserte sur
l'évolution de la garde robe de Raymond B. forcément
ça irrite un peu l'oreille car enfin, Guillaume Orti c'est
un drôle de type, il joue du sax en poussant des beuglements
étranges, danse bizarrement, et puis qu'est-ce qu'il a l'autre
à se désaccorder, à mettre des bidules dans ses
cadres ! L'atmosphère devient tendue. Pendant un solo assez
rock, tout en ruptures, Noël prend la situation à son
compte et interpelle le troupeau, aux limites du chant, une bribe
de dialogue, le type en face est cramoisi, le rythme devient très
méchant, moment jouissif. Ces messieurs dames vont finir par
partir et le concert, après être monté très
haut en intensité, se termine paisiblement sur quelques accords.
On en parle encore. Parce qu'une improvisation, c'est chaque fois
une nouvelle histoire à raconter, parfois moins intéressante
qu'une autre, il y a un risque. Mais c'est ce risque qui en fait l'intérêt.
Le public participe plus que jamais, donc tous au Pez ner le 17 !
Vincent
Domeyne