JANVIER N°12
Noël Akchoté
Outlaws in Jazz
Jean-Luc Godard
Cie Lhoré Dana
FEVRIER N°13
Prohibition
Acting Out
Jacques Roman
A la corbeille
MARS N°14
Musiques en scène
Diabologum
Rashied Ali
Didier Daeninckx
Denis Plassard
Les Trois Huit
Philippe Vincent
Dominique Lardenois
AVRIL N°15
Benoit Poelvoorde
Wladislaw Znorko
Virginie Despentes
MAI N°16
Christophe Miossec
Fred Frith
No One is Innocent
Thierry Robin
Cie Accrorap
Jean-Paul Delore
JUIN N°17
Tom Cora
Faust
SEPTEMBRE
N°19
Maguy Marin
Samiam
Tchangodeï
Biennale d'art contemporain
Traction Avant Cie
Les quatres saisons
OCTOBRE
N°20
Joêlle Léandre
Jean-Rochard
NOVEMBRE N°21
Jean-François
Duroure
Louise Attaque
Les Thugs
Turak Théâtre
DECEMBRE
N°22
Tindersticks
Jim O'Rourke
HP 905
L'Usage de la vie |
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Cie
Accrorap
De-ci, de-là... Deuxième édition
! et Kelkemo
À
entendre parler Eric Mezino (chorégraphe avec Kader Attou de
la Cie Accrorap), il y a comme un souffle de clarté, de jeunesse
et d'intelligence rare... |
Vous êtes allés danser dans les camps de réfugiés
de Zagreb, en ex Yougoslavie, pour quelles raisons ?
À l'origine, c'était pour une uvre humanitaire.
Nous avons mis des stages de danse en place auprès d'adolescents
sans trop savoir où nous allions. Nous avons travaillé
dans 4 camps de réfugiés et le début fut assez
difficile. On se trouvait comme des étrangers face à
des gens en souffrance, complètement livrés à
eux-mêmes et qui en avaient assez d'être observés
puis abandonnés. Mais petit à petit, la confiance et
l'amitié se sont installées et nos objectifs sont devenus
plus clairs.
C'est à dire ?
Nous leur avons apporté un peu de culture hip-hop, une certaine
joie de vivre, de nouvelles rencontres, de nouveaux échanges
pour aboutir à des émotions réciproques très
fortes. Nous ne parlions pas le même langage et la danse devenait
notre dialogue commun, comme un langage universel.
Et quand vous êtes partis ?
Ce fut très dur, car ils avaient encore cette sensation d'abandon,
qu'une fois de plus on venait les voir pour ne plus revenir. Mais
nous avons gardé des liens très forts, par écrit
et également par des voyages que nous avons faits personnellement
pour les retrouver.
C'est à partir de cette expérience que vous avez
créé le spectacle "Kelkemo" ?
Oui, il est complètement nourri de ces expériences humaines
que nous avons eues. C'est un spectacle sur la vie, sur d'autres vies.
Le travail de création repose aussi sur l'idée de sortir
des revendications habituelles de quartiers pour aller vers une autre
culture. Mais ces déplacements de personnes, entassées
en banlieue, montrées du doigt en ville, c'est aussi notre
histoire d'immigré sauf que là-bas, il y avait la guerre.
"Kelkemo" incarne un autre état d'esprit, la volonté
de rencontres entre différentes cultures. C'est un dialogue
de culture orientale, croate, anglaise, arabe...
Votre travail chorégraphique va au-delà de la culture
hip-hop ?
Nous nous définissons comme des danseurs tout simplement. Ce
qui nous intéresse c'est de créer un style qui nous
est propre, sans malgré tout oublier ce que nous avons été.
Mais notre danse a évolué et notre travail technique
et artistique aussi.
Vous continuez malgré tout à enseigner le hip-hop, avec
une démarche sociale, dans les milieux difficiles ?
Oui, parce qu'il est important pour nous de garder nos racines. Parce
que tout le travail pédagogique que l'on met en place auprès
des jeunes, nous aurions souhaité l'avoir pour nous.
Parmi tous les jeunes qui dansent, beaucoup ne seront jamais des
professionnels, est-ce qu'il n'y a pas danger ?
Dans toutes nos rencontres, nous faisons très attention à
leur faire comprendre la difficulté de ce métier, du
statut de danseur. Parmi les jeunes qui viennent, il y a ceux qui
sont là pour être avec des copains ou parce que c'est
la mode. Ceux-là ne vont pas plus loin. Et puis il y a ceux
qui ont réellement envie de danser et leur unique objectif
est de travailler sans forcément penser tout de suite à
devenir des professionnels.
Il est évident que ce travail que nous faisons auprès
des jeunes ne résoudra pas leurs problèmes sociaux ou
de chômage. Mais c'est en tout cas un apprentissage de la vie,
une discipline qui porte au respect du travail des autres et qui demande
beaucoup de rigueur dans un comportement individuel ou de groupe.
Pour le Festival De-ci, De-là, vous présentez
une création qui réunit Accrorap et des jeunes danseurs
de quartier strasbourgeois. Est-ce un travail différent des
précédents ?
Très différent. C'était d'abord un travail à
plein temps, pendant 5 semaines, avec des jeunes d'un quartier particulièrement
chaud, âgés de 16 à 23 ans et plus difficiles
à maîtriser. Ce sont tous de bons danseurs techniquement,
on a donc beaucoup plus travaillé l'aspect artistique, chorégraphique,
de construction. À l'origine, c'était un stage de perfectionnement
et puis on a décidé de faire un spectacle avec eux et
ils ont beaucoup participé à la chorégraphie.
Ici, on est essentiellement dans le hip-hop. Le thème de départ
était de dire que la vie est un chantier d'où le titre
"Echafaudage".
Comment abordez-vous votre travail chorégraphique ?
Il y a une équipe artistique avec, entre autre, Gilles Rondot,
Kader Attou qui avec moi chorégraphie les spectacles. Nos spectacles
sont écrits avec des thèmes et un synopsis précis.
Nous invitons d'autres danseurs qui peuvent être également
des danseurs classiques ou contemporains. Les chorégraphies
se font avec la participation de tous les danseurs, nous souhaitons
qu'il y ait un échange permanent tout en restant dans la logique
de ce que nous souhaitons faire.
Vous vivez comment ?
Accrorap a été créée en 89 et nous sommes
professionnels depuis 93. Nous avons des mécènes et
des aides à la création du Ministère de la Culture.
Votre prochaine création, c'est pour quand ?
Le 19 juillet à Châteauvallon, le titre devrait être
"Opéra Hip-Hop".
Martine
Pullara
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