JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Jean-Yves
Pick
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Ecrivain
de théâtre, comédien et metteur en scène
Jean-Yves Picq arrive à Villeurbanne en 1972 pour travailler
avec Roger Planchon, puis il crée sa compagnie : Le Théâtre
de la Balance.
En 1981 il rompt avec cette activité, passe en neuf mois un
CAP ébénisterie et travaille quatre ans en atelier.
Du Doctorat de Lettres quil avait laissé en plan à
Strasbourg au travail du bois, le parcours semble être celui
dun homme dont les tripes sont toujours prêtes à
surgir par lécrit. Le lyrisme, lapproche et lanalyse
du monde contemporain en font un dramaturge du combat. Jean-Yves Picq
a signé une trentaine de textes de théâtre, oeuvres
originales et adaptations. Joué un peu partout son théâtre
de lurgence franchit désormais locéan, New
York, Afrique du Sud. Il suggère et développe des ruptures,
incite à la réflexion. Dans le « Conte de la neige
noire » créé récemment Jean-Yves Picq admet
que si le monde ne change pas très vite, son renouveau passera
dabord par la catastrophe. Jean-Yves Picq est en résidence
dauteur à Givors où pendant deux ans il anime
un atelier lécriture.
Ton regard sur le théâtre en ce moment dans la
région ?
Jai bien peur que la région Rhône-Alpes ne soit
en fin de cycle, cest un peu comme un gros paquebot qui croit
quil a toujours ses moteurs allumés, mais ça fait
quand même pas mal dannées que les moteurs sont
éteints et que le paquebot navance plus que sur son erre.
Il y a une immobilité de nantis chronique qui est historiquement
liée à cette ville et qui fait quà peu
près tous les dix ans la question se pose on reste ou pas ?
En se disant que cest incroyable que cette région ne
prenne pas un essor européen, en particulier dans le domaine
artistique. Quand on va à Marseille il y a un journal qui sappelle
« Taktik » et qui est devenu en très peu de temps
un outil important pour la vie artistique de cette ville. (Je fais
une distinction entre artistique et culturel : le culturel ça
appartient à tous les gens qui font carrière dedans,
lartistique à ceux qui la font dehors). Bref, cest
vrai quil y a un besoin de ce type de journaux, il y a eu plusieurs
essais à Lyon !
Effectivement, nous espérons que nous tiendrons plus longtemps
que nos prédécesseurs. En ce moment il y a plusieurs
spectacles de toi qui sont joués ?
Oui, là je reviens de New York (ça fait un peu bien
de le dire, pas vrai !) où « Le Cas Gaspard Meyer »
qui avait été créé aux Ateliers en 1993,
vient dêtre traduit, édité et joué
là-bas. Cette pièce est également donnée
à Lille en ce moment même. Il y a aussi « Partition
» qui est jouée actuellement dans la région et
enfin « Le Conte de la neige noire » créée
en octobre dernier au Théâtre de la Rampe à Echirolles,
puis donné à Givors et à Privas et jespère
dans dautres lieux bientôt. Un texte sur létat
de guerre économique actuelle qui fait autant de millions de
morts que la dernière Guerre Mondiale, avec parmi un de ses
effets les plus sinistres et désespérants, ce constat
que ce sont toujours les mômes que lon envoie les premiers
au front, que ce soit le front armé du chômage, de la
drogue ou de la désespérance. Depuis deux ans je ne
vois plus très bien comment travailler avec ce qui est en place,
les Institutions etc... Pas mal de nos metteurs en scène se
sont fait piéger par des désirs personnels de stabilité
et des problèmes de gestion qui les dépassent et ils
nont pas fait gaffe que depuis dix ans il y a un drôle
de silence qui sest installé, et ça je naime
pas du tout. Je ne veux pas jouer au Père La Justice, mais
entre un silence qui sinstalle et un silence coupable, je croix
quon a franchi la frontière.
Ca te paraît spécifique à la Région
Lyonnaise ?
Non, ça porte sur le gros du personnel théâtral
de lHexagone. Jai limpression quon est en
plein art académique. Limage que jai immédiatement
cest ce qui a dû se passer dans les salons académiques
et officiels de la peinture au 19ème siècle, avec la
millième toile sur lenlèvement des Sabines ou
sur le jugement dHorace ?Ca a un nom ! Ca sappelle de
lart pompier.
Tu sembles toujours être sur le fil du rasoir. Ton discours
est plutôt dur ?
Mais cest hélas ce qui se passe actuellement sur le plan
théâtral avec la centième version de tel ou tel
classique. Je défie quelquun de me convaincre que cest
uniquement au travers des uvres anciennes quon pourra
parler du monde contemporain. Pour moi cest seulement avouer
quon est en panne. La télé qui est en panne également,
fait de même. Elle fait des émissions sur les émissions
que faisait la télé... dans le temps. Et combien cétait
beau ! Et comment cétait bien fait. Ca lui évite
tout simplement de faire ce pourquoi elle est là.
Pareil pour le théâtre. Alors que des textes même
durs mais qui affrontent la réalité daujourdhui
remplissent des salles, mais oui. Quand ces salles font le pari de
léchange vrai et non de la consommation, du débat
véritable et non du marketing.
« Le Boxeur pacifique » est un texte que tu as écrit
en 1993, pourquoi avoir choisi la boxe comme thème ?
Au départ il y a eu une demande de la part dun comédien,
Guy Naigeon et dun metteur en scène Sylvie Mongin-Algan.
Je ne connaissais pas spécialement le monde de la boxe, si
ce nest par des souvenirs comme chacun peut en avoir, le combat
fantastique dAli, par exemple, retransmis à la télé,
etc... Mais je naimais pas la boxe et je voulais comprendre
pourquoi. Cest ce point qui ma fait accepter de bosser
sur ce thème. Jen suis sorti sonné : lenjeu
dun combat ce nest pas seulement la victoire immédiate,
cest surtout faire reculer la défaite à venir.
Une formidable métaphore de la vie.
Propos
recueillis par Bruno Pin
«Partition» de Jean-Yves Picq
«Partition» raconte la recherche dun frère,
dun journaliste devenu déglingué à force
de transmettre les horreurs du monde. Une jeune fille essaie de le
ramener à la vie, de lui extraire les mots.
Monologue sur fond de neige, un texte grave sur le besoin dun
homme davoir un pays, une maison. Le texte de Jean-Yves Picq
nous amène sur les chemins de lerrance hagarde, nous
fait sentir le silence et labsence.
«Partition» est un texte qui a été monté
plusieurs fois depuis sa création.
Au Théâtre du Vieux-Givors du 30 janvier au 1er février.
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