JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Thierry PASSERAT©
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Metamkine
un
appel à l'imaginaire
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Après
le label Deux Z et le laboratoire Astrolab, la Maison du Livre de
l'Image et du Son nous propose dans son rendez-vous des sons d'aujourd'hui,
de découvrir, gratuitement, (chose trop rare pour ne pas être
signalée), le 11 octobre Métamkine et le 12 l'Ami (aide
aux musiques inovatrices). Ayant eu l'occasion d'interviewer Jérôme
Noetinger, de Métamkine, lors du festival de Vanduvre
96, j'ai eu envie de vous expliquer un peu plus de quoi il en retournait.
Celui-ci est un personnage avec plusieurs facettes, quelqu'un qui
s'implique complètement pour faire aimer et connaître
une certaine musique neuve, fraîche et une certaine idée
de celle-ci qui sorte des autoroutes de la consommation standardisée
(Hé non, consommer, contrairement à ce que veut nous
faire croire la pub, les médiats, n'est pas le symbole de la
liberté, loin de là...!). Non content d'animer un des
meilleurs catalogues Métamkine (13 rue de la Drague 38600 Fontaine
76 26 04 84), sur la musique électroacoustique, le free rock,
free jazz et les musiques dites bizarres ou hors normes avec d'excellents
labels comme Table of Eléments, FMP, XI, PSF.... aux prix plus
que raisonnables, car comme il le dit lui-même si bien : "Je
pense que la curiosité est plus facile à 80F qu'à
120 et puis les gens qui aiment cette musique, ce ne sont pas des
gens qui roulent sur l'or. C'est important de casser cette barrière
financière". (Toutes les citations et l'interview ont
été faites à Vanduvre par un bel après-midi
festivalier). Celui-ci s'occupe aussi, de l'équipe de programmation
du 102 (102 rue d'Alembert - 38000 Grenoble) squat qui s'efforce depuis
de nombreuses années de faire une programmation culturelle
alliant musique de travers, (Fred Frith, Goz of Kermeur, Sister Iodine,
René Lussier, Michel Chion...) cinéma expérimental,
expos et scènes ouvertes. Le tout se déroule dans un
esprit convivial et fort peu élitiste, envoyez un timbre pour
recevoir le programme et que cela saute !
A côté de cela, Jérôme Noetinger collabore
à Revue et Corrigé, sorte de revue-fanzine très
captivante sur cette nouvelle scène musicale (cf 491 de juillet),
et dirige la collection de mini CD "Cinéma pour l'oreille".
Cette collection est consacrée à la musique concrète
ou musique électroacoustique, pour désigner une musique
fixée sur bande, ou sur un autre support qui travaille avec
des sons de toutes origines possibles ou imaginables. L'idée
de la collection c'est un seul compositeur, une seule pièce
par CD, un par trimestre qui représente les esthétiques
différentes de ce courant. Pour l'instant, il y en a eu 17
qui sont sortis avec des choses très différentes, des
choses historiques, des choses plus récentes, des compositeurs
la plupart français, mais il y a aussi des étrangers
et cela va s'ouvrir de plus en plus au fur et à mesure. L'idée
de la musique concrète, c'est de partir du concret sonore,
n'importe quoi, comme ce papier que je peux froisser (il s'exécute,
crac, crac, cric,) et à partir de là en tirer le musical.
Pourquoi cette référence au cinéma ?
C'est que cette musique, à l'écouter, on peut s'évoquer
des images. C'est une musique coupée du visuel. Sur scène
il n'y a pas de représentation, c'est juste que l'on écoute
un dispositif de haut-parleurs répartis dans la salle, donc
on est complètement coupé du visuel, sur scène
il n'y a rien. Donc souvent on laisse l'imagination aller, on peut
s'imaginer des images, d'où l'idée de cinéma
pour l'oreille. Mais à prendre dans l'idée de cinéma;
images en mouvement, non pas la narration comme on connaît dans
le cinéma commercial classique. On s'approche plus de la peinture
ou du cinéma expérimental.
A côté de toutes ces activités multiples et déjà
bien prenantes, notre grenoblois trouve le temps de s'occuper de la
cellule d'intervention Métamkine. "On parle de cellule,
parce que cela nous faisait plus rire que de parler de groupe, de
plus il y a un côté organique qui nous plaisait bien.
Intervention, c'est l'aspect connexion que l'on peut faire entre l'image
et le son. Donc la cellule d'intervention, c'est trois personnes :
Xavier Querel, Christophe Auger et moi. Xavier et Christophe s'occupent
de toute la partie image, ils font les films, s'occupent de la projection
ensuite etc... ils travaillent vraiment avec le projecteur comme moi
je peux travailler avec un instrument. Donc ils manipulent l'image
et la projetent avec des variations de vitesse, des passages de filtres
pour faire des couleurs devant l'objectif, attaquent directement le
film avec des produits chimiques ou des perceuses ou des choses comme
ça. Il y a vraiment une idée d'improvisation sur l'image.
Quand vous faites une impro, avez-vous des passages obligés,
sorte de points de repères au cas où celle-ci parte
mal ?
Quand on travaille, ça commence par beaucoup de discussions,
ensuite on va commencer les choses. Christophe et Xavier : les films,
moi : les parties sonores. Après on va s'installer au 102,
on répète là-bas et pendant plusieurs jours on
va bosser là complètement en improvisation. Et à
partir du moment où il y a un canevas qui se met en place,
on va conserver les choses qui nous plaisent vraiment, cela va représenter
une sorte de chemin principal et là-dedans, on a des points
de repères. A l'intérieur de ceux-ci, on est libre de
se balader comme on veut.. Vu que celle-ci quoi que tu fasses, est
toujours fixée, de la même manière que moi avec
mes bandes magnétiques et les sons déjà enregistrés.
Voyagez-vous beaucoup ?
Ça commence à marcher pas mal. On arrive à tourner
un peu en France ou à l'étranger, Allemagne, Suisse,
Belgique, Hollande. On a des projets pour l'Autriche. L'année
dernière on a eu la chance d'aller au festival de Victoria-ville
au Canada, on en a profité pour faire une tournée aux
USA.
Ça s'est passé comment, pour une fois qu'un groupe
français tourne là-bas ?
Le festival de Victoria-ville s'est très bien passé
mais le seul problème que l'on ait eu nous, est que l'on jouait
le premier soir et que l'on partait le lendemain, donc on n'a rien
vu, c'est dommage ! On tournait surtout dans des petits clubs. Ce
qu'il faut savoir, c'est que là-bas au niveau des clubs indés,
il ont très peu de moyens, mais il sont nombreux. Donc les
gens sont prêts à tourner pour pas grand chose, car ils
peuvent avoir plusieurs dates. Au niveau argent il n'y en a pas beaucoup
et c'est là où l'on voit, je ne veux pas être
méchant, que certains musiciens américains préfèrent
jouer en Europe ou même s'y installer. Après Victoria-ville,
on a fait Chicago, Cleveland, Pittsburgh, Baltimore et New York."
La cellule a beaucoup de projets ? J'ai entendu que vous avez joué
avec Tom Cora ?
En mars dernier, on a joué à Marseille avec Tom Cora.
Depuis quelques temps on développe des collaborations, soit
sous le nom de Métamkine, soit les trois avec d'autres gens.
Ça a été le cas avec Nachluft, on a joué
au 102, puis à Vanduvre (d'après beaucoup de gens,
le meilleur moment du festival Vanduvre 96, une immersion dans
un bain visuel et sonore totale), avec Kinobits aussi. On a un projet
avec les cinéastes anglais de Lopool, qui travaillent le cinéma
de manière assez spéciale, une mise en scène
d'eux-mêmes dans le processus filmique". On va essayer
en octobre à Londres. "Les projets toujours dans l'idée
d'impro nous intéressent".
En tout cas ce qui est sûr c'est que leur prestation à
Villeurbanne le 11 octobre risque d'être un grand moment, quelque
chose de détonnant, de vraiment différent.
Si vous êtes curieux, n'hésitez surtout pas, à
chaque fois c'est avec eux différent, novateur et accrocheur.
De plus le 12, avec les marseillais de l'Ami, nous aurons un autre
aperçu des personnes qui se dévouent corps et âme
à faire découvrir et connaître ces nouvelles musiques.
Ainsi l'Ami est un terme générique pour regrouper un
lieu de concerts "la Friche", un festival annuel en été,
"Mimi", un catalogue de distribution, "Orchestra",
et enfin un magasin et label "Stupeur et Trompette". A propos
du label, on pourra voir et écouter, trois représentants
de celui-ci. E Pericoloso Sporgersi, avec des musiciens qui ont joué
dans "Que de la Gueule" avec Fred Frith. Le Bamboo Orchestra
de Marseille, groupe nippomarseillais qui joue avec des instruments
fabriqués en bambou. Il parait que c'est assez envoûtant
et enfin Bruniferd duo composé de Bruno Meillier au saxe et
à la clarinette et de Ferdinand Richard à la basse,
guitare. Deux ex Etron Fou Leloublanc qui nous délivreront
une musique plus intimiste et réservée. De plus dans
l'après-midi, il y aura une conférence débat
avec l'instigateur de l'Ami, Ferdinand Richard et d'après les
interviews que j'en ai lu, cela risque d'être passionnant et
bien corrosif. Pour vous en démontrer, voici ses quelques phrases
du personnage, tirées de Octopus n° 3, zine, graphzine
parisien éclectique et brillant. "Je crois que nous, artistes
de tous bords, il faut que l'on redéfinisse notre statut, c'est
une question très européenne, pas notre statut administratif,
qui n'est que la traduction du statut philosophique de l'artiste,
mais que fait l'artiste dans la société, à quoi
il sert, comment il fonctionne ?"
Ben
Saglio
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