JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Ballet Stagium Batucada
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Guy
Darmet
7ème
Biennale de la danse
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Du
12 au 29 septembre, Lyon présente AQUARELA DO BRASIL,
la 7ème Biennale de la Danse. Complètement brésilienne,
elle est l'unique événement qui raconte l'histoire d'un
pays, d'un continent à travers l'histoire même de la
danse. Un mélange de traditionnel et de modernité. Haute
en couleurs, délibérément festive, libre de toutes
contraintes, ses maîtres mots sont certainement folie et sensualité
extrême. Pour son directeur artistique, Guy Darmet, le Brésil
c'est un magistral coup de foudre !
Pourquoi une Biennale brésilienne ?
Guy Darmet. Cette Biennale, c'est avant tout une histoire d'amour
avec un pays, une culture extrêmement riche, mal connue. Un
pays avec une fracture permanente, tradition-modernité, richesse-pauvreté.
C'est le 8ème PIB mondial donc un pays en voie de développement
où l'on prend constamment en pleine figure, la modernité
de son architecture, des spectacles, les routes défoncées,
la misère, les favelas. Le Brésil fait 15 fois la France,
pays fédéral, on peut dire qu'il est équivalent
à l'Europe. Entre les Etats du sud du Brésil, le Nord-Est
et le Nord, il y a autant de différences qu'entre l'Espagne
et le Portugal, la Hollande et la Suède. De la différence
de ces Etats, émergent les différences culturelles.
Des traditions très fortes dans le Nord et le Nord-Est jusqu'à
l'Amazonie. Une grande modernité dans les villes riches (Rio,
San Paolo, Bell-Orizonte...). Ce que je souhaite par dessus tout,
c'est que cette Biennale modifie l'image très clichée
du Brésil : la jolie fille du carnaval et la violence.
Est-ce qu'on peut dire que la programmation s'articule autour de
3 types de danse ?
Oui, on pourrait le dire, même si la programmation contemporaine
est la plus importante.
- Une partie traditionnelle de danse folklorique. Il faut préciser
que si en France la notion de folklore est péjorative, au Brésil,
elle émane réellement des racines du pays.
- Une partie contemporaine/institutionnelle mais qui à l'instar
de la Cie "Groupo Corpo" présente un travail vivant,
moderne et de qualité.
- Et puis une partie importante de jeunes chorégraphes contemporains
peu connus encore (Rubens et Barbot, Marcia Milhazes, Deborah Colker,
Lia Rodrigues...) et qui montrent la modernité d'un pays avec
un travail comparable à celui fait en France.
Il semble que même chez les danseurs contemporains, la référence
à un esprit de tradition persiste ?
C'est exact. Ils n'hésitent pas contrairement à ce qui
se passe en France, à faire appel à leurs racines. Leurs
chorégraphies sont pétries de tradition, d'histoire.
Histoire de l'esclavage, de la difficulté de vivre dans le
Nord-Est du Brésil, des paysans qui ne possèdent pas
leurs terres, du baroque, des églises, de la religion, des
fêtes et aussi de la tradition théâtrale.
Vous dîtes souvent "le Brésil est un pays où
le corps n'est pas suspect", que signifie cette phrase ?
Cette phrase est essentielle à la compréhension du Brésil.
En Europe, on n'a pas la même conception du corps, pour des
raisons historiques majeures. On a toujours eu très peur de
ce qui touchait au corps d'une manière ou d'une autre. Au Brésil,
le corps est totalement présent, il est montré, la danse
de tous les jours est extrêmement sensuelle, elle est instrument
de séduction où les corps se touchent. Dans les fêtes,
la rue, le soir, dans la vie de tous les jours, les corps sont totalement
libérés contrairement à chez nous.
L'un des moments les plus importants de cette Biennale, est le
défilé, qui des Terreaux à Bellecour, rassemble
des groupes de danses urbaines et les populations issues de quartiers
et communes du Grand Lyon. Quel est le lien avec le Brésil
?
Tout d'abord, la logique du carnaval. C'est un moment fondamental
dans la vie des brésiliens. Ses préparatifs démarrent
en octobre, puis de décembre à mi-février, les
brésiliens ne font rien d'autre. Il faut bien savoir que le
défilé du carnaval de Rio est un événement
mondial sans précédent. Dans la préparation du
défilé du carnaval, ce qui m'a le plus intéressé,
c'était le travail en amont avec les écoles de samba,
les gens qui se réunissent régulièrement à
l'intérieur d'un quartier, pauvre évidemment, et ce
à plusieurs milliers. Je me suis dit, pourquoi à Lyon,
ne réunirait-on pas des habitants d'un même quartier
qui ne se connaissent pas et qui se retrouveraient autour d'un projet
commun, celui de faire la fête.
A ce même moment, je vois un reportage sur les ACCRORAP au cours
du carnaval de Nice, qui sans une manifestation très traditionnelle,
sont arrivés à faire travailler des gamins issus de
quartiers avec leurs danses. J'ai eu donc envie d'intégrer
à l'intérieur de ces projets de quartier, des jeunes
issus de la danse urbaine. Mais c'est aussi une suite logique au travail
de la Maison de la Danse qui depuis plusieurs années soutient
et s'intéresse à ces mouvements.
Ce défilé est reconnu aujourd'hui par le Ministère
de la Culture comme le projet inter-quartiers le plus important de
France.
Oui, il fédère depuis le mois de mars, 15 groupes représentant
1500 à 2000 personnes. Ce sera un défilé/marche
de la place des Terreaux à la place Bellecour. Avec une mise
en scène, des chars, des animaux, une histoire. un défilé/danse,
avec des temps de pause-danse. Il dure 3 heures, chaque groupe a choisi
son chorégraphe et raconte une histoire différente sur
une musique différente. C'est un défilé totalement
inspiré de l'idée du Carnaval, avec à l'intérieur
des guest-stars c'est à dire tous les brésiliens présents
à la Biennale. C'est à n'en pas douter le moment le
plus fort de cette Biennale.
Le Brésil et sa danse nous sont inconnus, s'il y avait des
choix à faire, des spectacles à ne pas manquer lesquels
seraient-ils ?
Tous les spectacles sont à voir et ma sélection ne peut
être que subjective. Si on a envie de découvrir le Brésil,
il faut foncer sur un des spectacles de tradition. Si on a envie de
découvrir la modernité du Brésil, il faut aller
voir les jeunes chorégraphes encore inconnus. Mais si l'on
ne peut faire qu'un choix, il faut venir au bal Rio (le 14 septembre).
Ce sera une soirée unique où l'on pourra rencontrer
les écoles de samba et apprendre à danser la samba de
Rio. En fait, c'est comme si l'on s'offrait un superbe voyage à
Rio, un soir de septembre.
Comment le Brésil vit-il cet événement ?
Au Brésil, c'est devenu un événement colossal.
10 % du budget de la Biennale vient de l'ensemble des Ministères
brésiliens. C'est une chance unique pour le Brésil de
montrer des artistes qui ne sont pas connus, de leur ouvrir un marché,
de les faire travailler. Il faut savoir que sur les 23 compagnies,
17 ne sont jamais venues en France et cette Biennale est pour elles
une magnifique reconnaissance.
Propos
recueillis par Martine Pullara
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