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Condense
Hardcore et à cris !

Naissance du groupe en 1990. Parcours des scènes de l’Hexagone avant un premier 45t. en 92. Puis un 6 titres « Air » en 94. Il court les salles, concert grouillant d’énergie, presses enthousiastes ! 1995 voit l’arrivée de «Genuflex» cd où le quintette lyonnais s’affirme comme un des meilleurs groupes de hardcore-noise. Cinq musiciens unis pour une musique à l’arrache, voix et textes nickels, guitares décapantes et rythmiques endiablées. Une musique speedée, un punk-rock qui gratte le métal.

Quand on écoute «Genuflex», la musique qui nous arrive est puissante. Disque très homogène par rapport à «Air» qu’en est-il ?
Wilo : Difficile de répondre, c’est un super compliment et un peu le but recherché. Forcément il y a une évolution, «Air» ça représente une période plus longue, le début, la mise en route du groupe. «Genuflex» c’est sur un an, une durée plus courte, le groupe est bien installé, joue bien ensemble, plus défini.
Textes politiquement et socialement engagés ?
Wilo : Quand on était adolescent on a écouté pas mal de musique, c’est plus la manière de vivre, les idées politiques et surtout sociales, le ras le bol de ce qui nous entourait qui nous a poussé à jouer de la musique. Les textes c’est Marc qui les écrit, il nous les propose et en moyenne on s’y retrouve, comme lui se retrouve dans chacun des musiciens.
Vous bossez d’abord les textes ?
Wilo : Marc écrit d’abord les textes et c’est pendant les répétitions que le choix des musiques a lieu. Sur « Genuflex » on a collé des textes qui allaient bien avec la musique. On part sur une idée, c’est aussi hasardeux quelque part !
Musiques, textes et le dessin c’est aussi un support que vous aimez utiliser ?
Seb : Je dessine, je m’en sers pour me calmer de temps en temps. Je les propose et on les utilise soit sur un disque, soit pour une affiche.
Et la photo ?
Wilo : D’une manière générale on a toujours essayé de faire tout par nous-mêmes ou prendre des choses dans notre entourage. On a deux trois copains qui font des photos.
Le choix de rester sur pandémonium
Wilo : Il y a eu d’autres propositions mais rien de comparable avec Pandémonium. En France il y a des sous-labels, des majors ou des petits labels et puis c’est un mec qui nous correspond, c’est un passionné, il n’y a pas d’histoires d’argent. Il y a un monde entre Pandémonium et les majors. Le seul truc qui pouvait nous faire changer à un moment, c’était que pour « Air » nous avons payé le studio que l’on n’a toujours pas fini de rembourser. L’indépendant en France il est à la rue financièrement ; entre les petits et les dinosaures il n’y a pas d’intermédiaire. L’enregistrement de « Genuflex » s’est déroulé au Studio des Forces Motrices à Genève, ça s’est vraiment bien passé.
Seb : Pour « Genuflex » Philippe Petit a choisi de tout financer, c’était son premier essai.
A propos d’argent vous en êtes où ?
Seb : On est deux à être RMIste, un chômeur en fin de droits, un chômeur en moyen de droits (rires).
Wilo : Je suis intermittent du spectacle, je bosse à côté, je fais du son.
Alors Lyon et Condense pourquoi un an et demi entre deux concerts ?
Wilo : Je crois qu’il n’y en a aucun qui a pris vraiment du plaisir à jouer sur Lyon, nous avons trop d’amis, nous sommes dans un milieu assiociatif, Silly Hornets, on organise des concerts, on connaît les gens du Pèsenerfs qui organisent aussi des concerts. Quand on est sur scène on se retrouve devant ces gens amis et proches, il semble difficile et délicat de dire ce que l’on doit faire passer sur scène vu qu’ils le savent déjà et qu’ils connaissent la même galère, du coup on perd la hargne.
Seb : Oui, on est déstabilisé, tu montes sur scène et tu vois les têtes que tu connais et tu as du mal à te trouver un mètre au-dessus de tout le monde, c’est une des raisons pour laquelle il nous est difficile de jouer à Lyon.
Wilo : On n’a jamais été très satisfait des concerts à Lyon, au Transbordeur avec les Deity Guns et les Thugs, là on n’était pas trop mécontent, une salle plus grande, le recul de la scène, beaucoup de monde.
Seb : Il y en a eu quelques-uns à l’époque des squats, le Rappetou, une époque un peu chaude sur les pentes de la Croix-Rousse, des concerts pirates et là c’était vraiment bien !
Wilo : J’aime l’idée que l’on se connaisse bien, l’asso, les gens qui tournent autour, ça brasse bien les gens entre les différents groupes. J’apprécie bien à Lyon qu’il n’y ai pas de séparation à cause des groupes. A la limite tu peux avoir des amitiés plus fortes avec quelqu’un d’un autre groupe.
Vous êtes présents sur un disque des Bästards dernièrement ?
Wilo : Il y a un vinyl quatre titres avec deux morceaux des Bästards en concert et sur l’autre face, deux autres enregistrés aux environs de Lyon dans un château. Deux musiciens de Condense ont participé avec les Bästards à une reprise de Sun Ra sur un titre.
Hardcore ?
Wilo : Oui et non ! Si le nom de hardcore reste attaché au début du mouvement, ok ! Sinon nous préférons le terme punk-rock, même si celui-ci ne veut plus dire grand chose.
Il y a pas mal de groupes en ce moment dans la région, des groupes intéressants ?
Seb : C’était pas la ville rock avant (sourires) il y a longtemps, longtemps ! Il manque des salles, c’est pas l’extase ! J’ai l’impression qu’ici la politique ce n’est pas de faire des salles mais plutôt de fermer celles qui existent, le Local par exemple à la Croix-Rousse.
Wilo : Le Rail Théâtre qui est une des meilleures salles de Lyon en petite capacité mais qui a comme des problèmes, doit être démoli. Il y a le CCO où l’on organise des concerts par le biais de Silly Hornets.
Seb : Il y a l’Opéra ! (rires)
Oui, mais là, c’est pas encore ouvert au rock !
Seb : Avec les travaux qu’ils ont faits à l’Opéra il aurait pu y avoir un paquet de Rail Théâtre !
Wilo : Il y a le PèseNefs qui doit ouvrir, ça va être bien ! Enfin une salle à Lyon qui correspond à notre attente !
A Villeurbanne pas à Lyon ! Des projets pour l’année 1996 ?
Wilo : On n’est pas très productif, on fait encore quatre concerts et on arrête en tout cas en France. On a fait pas mal d’endroits et on a envie d’attendre un peu de rentrer en studio et préparer un disque, et éventuellement de jouer un peu à l’étranger. Pas gaver les gens. Ce qu’on aimerait c’est jouer un peu partout, sauf l’Angleterre, c’est pas la peine, les groupes sont traités comme des chiens. Des fois on trouve une date ou deux mais c’est loin et là financièrement c’est pas terrible.
Seb : En septembre on a joué au Danemark et en Suède, c’est loin pour deux dates mais c’était bien ! Avec Headcleaners, humainement intéressant, avec les essais nucléaires on a failli pas jouer là-bas, les organisateurs voulaient annuler, les Headcleaners nous ont bien aidés.

Propos recueillis par Bruno Pin