JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Ph : Corinne Vincent
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Break,
Hip-hop et Cie
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Break
dance, danse urbaine, hip-hop autant de mots parfois galvaudés
pour cataloguer une danse née dans les banlieues à la
fin des années 7O. Une danse novatrice qui a permis à
une jeunesse réduite à l'état de statistiques et
de faits divers de s'exprimer enfin. De faire comprendre à une
société méfiante, que si on leur donne les moyens,
ils ne se contentent pas de rouiller au bas des cités.
Avec les années 80 la break dance expérimente deux situations
très différentes et finalement très stimulantes.
D'abord l'ivresse dûe aux médias qui se passionnent pour
cette expression artistique venue de la banlieue, puis un sentiment
d'abandon quand les caméras et les micros se tournent vers d'autres
horizons, obligeant dans un même temps, les danseurs urbains à
préparer l'avenir avec plus de réalisme et de professionnalisme.
Quand les médias se sont moins intéressés au phénomène
hip-hop, certains danseurs se sont retrouvés bras ballants et
moral à zéro. Dans la région Rhône-Alpes
des compagnies comme Traction Avant ou Accrorap - dont de nombreux danseurs
actuels sont issus - n'ont pas pour autant cessé de s'activer...
Voyage au Japon, en Amérique, formation avec d'autres chorégraphes
et danseurs, rencontres avec des jeunes des autres quartiers qui aboutissent
à des créations plus élaborées. L'époque
des seules acrobaties est révolue et les nouveaux spectacles
parviennent à s'imposer ailleurs que dans les centres sociaux
ou les sacro-saintes villes socialo-communistes.
Voyage en Yougoslavie pour Accrorap qui rencontre les enfants des camps
de réfugiés. Deux années d'échange qui donneront
naissances à Athina (programmé à la Biennale) et
Kelkemo qui sera présenté 35 fois en France et à
l'étranger. uvres émouvantes qui mélangent
rap et break avec danse et musique contemporaine. Des chorégraphies
plus exigeantes pour raconter la guerre et la souffrance. Spectacles
qui, loin des effets de modes, rencontrent pourtant une adhésion
totale auprès du jeune publique.
En important la capoéïra, danse des esclaves noirs du Brésil,
les danseurs urbains affichent également le désir d'un
retour aux sources. Le besoin de ne plus être que des simples
"Xérox" c'est à dire de pâles copies des
breakers américains*. A l'instar des cours de break dance, les
cours de capoéïra fleurissent dans la région, rééquilibrant
l'absence de fonds pour de vraies créations.
Et même si les chorégraphies et les performances des danseurs
restent encore inégales, la plupart des spectacles n'ont rien
perdu de leur énergie de départ. Toute la différence
réside dans le désir des uns de se défaire de la
seule référence hip-hop, alors que d'autres l'affirment
plus que jamais.
Rhône-Alpes breake plutôt bien
La région Rhône-Alpes avec près de 400 danseurs
urbains offre une scène de qualité. Aux dernières
rencontres nationales de danse urbaine à Paris, elle était
la région la mieux représentée. Depuis quelques
années la Maison de la Danse participe activement à la
professionnalisation des danseurs en leur ouvrant ses salles de répétition,
et surtout en programmant régulièrement des compagnies
régionales - Fred Bendongué avec les Damnés
de la terre - sera l'heureux élu de cette année.
Pour le défilé de la Biennale* Guy Darmet a fait appel
à un important staff de chorégraphes du coin : des plus
anciens comme Accrorap à l'ex parisien Soda Pop. Ce projet retenu
par Philippe Douste-Blazy dans le cadre du programme "Culture quartiers"
fonctionnera comme le carnaval de Rio. Chaque quartier de Lyon et de
sa banlieue encadré par des professionnels de la danse, de la
musique, de la décoration inventera son thème et ses costumes.
Travailler donc... comme les autres compagnies de danse avec les mêmes
contraintes et surtout les mêmes moyens, c'est pour l'essentiel
la revendication des danseurs urbains. Passer du statut d'acteurs sociaux
à celui de créateurs et danseurs professionnels.
"C'est une de nos missions à Inter Service Migrant *, précise
Gilberte Hugovieux, responsable du service culturel, et qui passe pour
être celle qui connaît le mieux le hip-hop dans la région,
nous leur apprenons à négocier des contrats, à
être plus exigeants. Nous aidons à créer un climat
de confiance entre le monde de la danse et du spectacle et ces jeunes.
Deux mondes très différents il faut bien le dire. Il y
a des rencontres parfois cocasses entre des messieurs cravatés
et des jeunes en tenue de rappeur. Nous pouvons les aider à dépasser
les apparences pour se parler en professionnels"
Le département culturel d'ISM fonctionne comme une plate-forme
qui recense, élabore des outils de formation, valorise des pratiques
qualifiées de populaires puisqu'elles regroupent toutes les pratiques
artistiques des populations issues de l'immigration. En sollicitant
les pouvoirs publics, en se posant comme un partenaire de confiance,
ISM peut organiser des tremplins qui permettent aux danseurs amateurs
et professionnels de se confronter à d'autres publics que celui
déjà acquis à la break dance : "Il est important
de ne plus les materner comme au début mais de les sortir de
leur univers, de les pousser vers un travail irréprochable et
surtout, de les amener à se fixer des objectifs. Mais nous avons
aussi pour mission de rappeler à nos partenaires et commanditaires
que ces artistes sont des professionnels, qu'ils ont un statut d'intermittent
du spectacle. Qu'ils ont droit à des salaires et des contrats
conformes à la profession"
Une exigence générale face à une expression artistique
qui entre dans une phase de maturité et donc de transition. Évolution
quil nous sera permis d'évaluer lors des Rencontres Européennes
de Danse Urbaine qui auront lieu en janvier 97 à la Maison de
la Danse *.
Fabienne
Swiatly
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