JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Ph : Laurent Berroud
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Fred
Bendongué
Fred
Bendongué crée "Les Damnés de la Terre"
pour Aquarela do Brasil, la 7ème Biennale de la Danse à
Lyon. Pour de grandes émotions ! Portrait. |
Il a 30 ans. Il est né de ce qu'on appelle aujourd'hui, la danse
urbaine. De la break, du smurf, d'une danse basée sur la confrontation
de la rue et de représentations spectaculaires. Même s'il
voulait être danseur, il ne savait pas. C'est certainement son
long passage (de 83 à 92) à Traction Avant Cie, (crée
par Marcel Notal Giacomo), qui le fait passer de la rue à la
scène, de l'instinctif au scénique, de l'improvisation
au travail. "Une école de formation dit-il, qui a saisi
le sens du hip-hop et qui a su le concrétiser avec une orientation
contemporaine".
Mais la grâce de Fred Bendongué n'avait rien à voir
avec l'école. Il y a plus de 10 ans, il avait déjà
ce corps fait de break et ouvert à d'autres langages. Et puis
il comprenait vite. D'un mouvement emprunté de break et de contemporain,
il créait un mouvement à lui, rien qu'à lui, toujours
inattendu et surprenant.
Lorsqu'en 1992 il crée sa propre compagnie "Azanie",
c'est avec le désir du métissage. Métissage de
cultures chorégraphiques et musicales, d'influences via l'Afrique,
le jazz, l'Orient. Areski Hamitouche, musicien percussionniste, avait
ce même désir. Leur rencontre au travers d'Azanie était
inévitable et est aujourd'hui le reflet réciproque de
leur amour musique/danse.
Africain de père, Fred Bendongué revendique par-dessus
tout, non pas une danse noire, mais un langage universel, accessible
à tous, au sein duquel lutte et liberté sont les énergies
porteuses.
Après "Demi-lune", un magnifique solo présenté
à la Maison de la Danse en 92, c'est au cours de la Biennale
de 94 qu'il fait son entrée à l'international avec "A
la vue d'un seul il" et qui évoquait des histoires
d'esclaves en fuite. Fasciné par le Brésil, (pays fortement
métissé), il part 3 mois dans ce pays où il apprend
la Capoeira. Expression de la résistance, importée par
les esclaves africains du Brésil, la Capoeira est un jeu où
l'on simule le combat à travers des rythmes, ni véritablement
danse, ni véritablement théâtre, elle est l'expression
authentique d'une force et d'une détermination qui permet au
peuple de luter et de se ressourcer face à une oppression brésilienne.
Une oppression sociale, économique, humaine.
1996 l'attend pour cette Biennale brésilienne avec "Les
Damnés de la Terre", d'après une uvre de Frantz
Fanon et qui analyse le système colonialiste dans les pays du
tiers monde. Les damnés, ce sont les gens du tiers monde. La
capoeira est une de leurs réponses.
On retrouvera certainement les 2 influences de cette danse, la Capoeira
Angola, avec des corps plus en contact avec le sol. La Capoeira régionale,
plus aérienne. L'on retrouvera certainement les rythmes des percussions
d'Areski identiques à ceux qui coulent dans les corps de ses
danseurs, là où l'on ne peut regarder rien d'autre que
cette énergie qui circule ou se bloque, cette grâce impeccable
et implacable d'un corps qui se déplace dans la même direction
que les yeux, les impulsions de ces corps enchaînés ou
qui se délient, les ondulations dans l'espace et les corps à
terre, la sensualité particulière de cette couleur noire
alors que musique et danse sont ensemble, alors que la musique n'entrave
en rien le rythme propre, de chaque mouvement, de chaque émotion
intérieure.
"Les Damnés de la Terre" sont des mots et des gestes
d'une danse qui peu à peu construisent l'univers de Fred Bendongué.
Un univers qu'il maîtrise au long de son travail et de ses recherches
et qui un jour peut-être sera tout autre... au fil de la vie,
au fil de la danse...
Martine
Pullara
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