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1996

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MARS N°3
Bastard
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Patrick Le Mauff
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Saint Germain
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Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions

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Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
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JUILLET N°7
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Musique Action
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SEPTEMBRE N°8
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Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
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Couleurs sur Paris
Condense
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NOVEMBRE N°10
Têtes Raides
Les Nigauds

DECEMBRE N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre

  MARS N°3  


 

Bastard !

Zo : Accordez-vous une grande importance aux textes ?
Eric : Pas tant que ça, par les mots, un petit peu. Il faut qu'il y ait des mots forts, des sonorités fortes des bribes de phrases aussi qui reviennent facilement, en fait c'est surtout ça qui est intéressant qu'il y ait des bribes de phrases qui aient des significations qui peuvent être multiples, qui reviennent qui te restent dans la tête...
Zo : D'accord, pas de fictions, d'amour ou de politique... ?
Eric : Tout peut figurer dans les textes mais peut-être pas avec un point de vue de revendication.
Zo : Pour parler des 40% des œuvres en langue française imposés aux radios, pensez-vous vous diriger plus tard vers des chansons à textes afin d'être diffusé ?
Eric : On n'a jamais voulu écrire en français pour entrer dans cette catégorie la, c'est ridicule et ça ne sert à rien. En fait ce qu'il faudrait faire c'est empêcher les grosses boîtes de distribution de promotionner et de vendre de la musique étrangère. Ça c'est un truc impossible à faire, les 40% c'est n'importe quoi.
Zo : J'ai entendu la chanson "savez-vous planter des choux" dans une version plus ou moins techno...
(Rires généraux)
Eric : Il y en a plein qui le font, c'est délirant. Cela serait assez rigolo.
Zo : Je vous ai vu sur scène, en décembre, c'était un concert tendu ?
Eric : C'était un concert un peu spécial. L'ambiance était tendue, un bon concert, on sent quand le public est bien, à l'aise dans notre musique. Ce n'est pas par la danse ou le mouvement que l'on ressent si les gens sont réceptifs. En général, les gens sont très calmes et apprécient les oreilles grandes ouvertes.
Frank : C'est vrai, à Lyon, les gens attendaient ce que ça allait être car il y en avait un en moins dans le groupe.
Zo : Que pensez-vous de la scène rock française ?
(Rires généraux)
Eric : Ce sont des gens que l'on aime bien rencontrer, on fait souvent des concerts avec d'autres groupes et cela se passe bien. Je pense la même chose de la scène Anglaise ou Américaine.
Frank : C'est normal, quand tu montes un groupe,
il y a des trucs qui transpirent, une certaine
cohésion. Les groupes ne peuvent pas monter une scène de toute pièce, c'est plus un puzzle. Les musiciens ont tous le même âge entre
20 et 35 ans et ils font tous une musique très différente, que ce soit Drive Blind ou Ulan Bator ou les Sisters, ils n'ont pas grand chose à voir avec nous, mais on se convient et on aime se rencontrer.
Zo : Vous Identifiez-vous à un groupe français ou étranger ?
Eric : Cela va être dur, non il n'y en a pas.
Frank : En plus, cela n'a jamais été le sujet d'un débat. Il y a des trucs qui peuvent nous influencer, mais un groupe dont on se sent proche, qui aurait la même démarche, pas vraiment.
Zo : Pensez-vous vous diriger par la suite vers une scène d'improvisation, plus proche du jazz, ou éventuellement vers un délire plus techno ?
Eric : Ça on ne peut pas vraiment le savoir en fait !
Zo : Ou pourquoi pas les deux ?
Francis : Peut-être pourquoi pas, ça m'étonnerais quand même le côté techno.
Eric : on remplacerait Frank par Roland.
Francis : On est quand même un groupe vachement humain, en plus on sait jouer, on ne va pas se faire remplacer par des machines
Frank : Pour le jazz on ne sait pas assez bien jouer.
Zo : Le groupe a trois ans d'existence, pensez-vous que vous êtes bien perçus, que ce soit au niveau de l'audimat de vos concerts ou de la vente des disques ?
Eric : Je crois que l'on est au maximum que nous le permet notre distributeur, qui est un label indépendant (Zei Gest). Le public il est là, et bien présent que ce soit à Bordeaux, Paris, bon... Lyon c'est normal ! Il y a vraiment plein de villes où il y a des gens qui nous suivent et qui nous soutiennent. S'il y en avait plus, ce serait avec une autre structure qu' un label indépendant.
Zo : Dans quelle lignée vous situez-vous ?
Eric : Je ne sais pas, on essaye de faire une musique éclectique, mais hyper authentique.
A chaque fois que l'on se dirige vers quelque chose, si on fait une espèce de chansonnette, on essaye de pousser le côté chansonnette en essayant que ce soit zarbi. On ne peut plus s'inscrire dans le gros Rock guitare. On ne s'accorde aucune barrière, on peut aller dans plein d'endroits, chaque disque est vraiment différent.
Zo : Est-ce que des membres du groupe s'intéressent à des projets parallèles ?
Francis : Rien de sérieux.
Zo : Pourquoi elle n'est pas sérieuse ma question ?
(Rires)
Eric : Il y a des trucs qui sont faits. Francis a fait des morceaux sur un quatre pistes qui seront sur le prochain disque. Jean-Michel prépare des boucles et des
collages. On ne cherche pas à enregistrer un maximum de choses. On a suffisamment de trucs à faire avec le groupe pour l'instant.
Zo : Le fait que votre musique ne soit pas enfermée dans un mouvement ou un genre de musique, doit vous laisser le choix d'aller dans plein de directions ?
Eric : Oui, c'est vraiment plaisant. Cela commence à s'affirmer, à mûrir, de plus en plus on nous reconnaît tout de suite à l'écoute de nos morceaux. Tu trouves pas Zo ?
Zo : Par rapport à la scène rock internationale, avez-vous des rapports avec des groupes américains ou japonais ?
Eric : Pour les rapports "intimes", il y a les Cop Shoot Cop que l'on connaît bien.
Nous sortons bientôt un 45 trs avec Ground Zero, un groupe Japonais. Nous préparons des morceaux instrumentaux afin de les envoyer à Lydia Lunch pour qu'elle les remixe et qu'elle ajoute sa voix dessus.
Zo : Votre nouvel album est prévu pour quand ?
Eric : Pour la rentrée, pas avant, il sera sûrement enregistré cet été. Peut-être pour septembre, avec des tournées, des passages TV...
ZO : Quelle chaîne, des noms ?
Eric : Si on peut Canal ou M6. Nous avons une série de clips, bien qu'ils soient assez particuliers, ils pourraient être télédiffusés sur M6.
Zo : Comment voyez-vous le choix du support ? Les deux dernières productions sont en vinyl, pourquoi ce choix plutôt que le maxi CD ?
Eric : C'est une question déjà de prix, le vinyl est plus chaleureux que le CD, en plus c'est un support qui meurt en France et pas ailleurs.
Au niveau du son, c'est meilleur et c'est aussi un pied de nez à toutes ces grosses industries.
On essaye de varier les supports afin d'avoir un joli stand à nos concerts, des formats différents et plein de couleurs.
Zo : Quel avenir donnez-vous au groupe ?
Eric : On va essayer de faire cela de manière plus professionnelle, peut-être en travaillant avec des grosses boîtes, le problème est que tu dois faire des concessions. L'autre solution est de rester indépendant et de faire un boulot de fourmi. Il faut développer des structures dans chaque pays et trouver une personne qui puisse s'occuper de nous.
Zo : Au stade actuel, tu penses que les structures en questions sont mises en place ?
Eric : La France c'est bon, l'Italie cela devrait être bon. Nous sommes en rapport avec un distributeur en Allemagne qui devrait nous faire tourner. Aux Etats-Unis Deutsh East India vend pas mal de nos productions et nous prépare une tournée pour le mois de mai. Après, il restera quelques pays limitrophes et le gros sera fait.
Zo : Et le Japon ?
Eric : Nous attendons de voir comment cela
se passera avec O. Yoshido de Ground Zero.
Il faudrait monter un dossier afin d'obtenir des subventions pour les frais de voyage. La France n'est pas bien cotée actuellement après ces six derniers événements.
Enfin, l'avenir est plutôt classe, il y a plein de projets, album, tournées à l'étranger...

Propos recueillis par ZO