JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Bastard
!
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Zo
: Accordez-vous une grande importance aux textes ?
Eric : Pas tant que ça, par les mots, un petit peu. Il faut qu'il
y ait des mots forts, des sonorités fortes des bribes de phrases
aussi qui reviennent facilement, en fait c'est surtout ça qui est
intéressant qu'il y ait des bribes de phrases qui aient des significations
qui peuvent être multiples, qui reviennent qui te restent dans la
tête...
Zo : D'accord, pas de fictions, d'amour ou de politique... ?
Eric : Tout peut figurer dans les textes mais peut-être pas avec
un point de vue de revendication.
Zo : Pour parler des 40% des uvres en langue française imposés
aux radios, pensez-vous vous diriger plus tard vers des chansons à
textes afin d'être diffusé ?
Eric : On n'a jamais voulu écrire en français pour entrer
dans cette catégorie la, c'est ridicule et ça ne sert à
rien. En fait ce qu'il faudrait faire c'est empêcher les grosses
boîtes de distribution de promotionner et de vendre de la musique
étrangère. Ça c'est un truc impossible à faire,
les 40% c'est n'importe quoi.
Zo : J'ai entendu la chanson "savez-vous planter des choux"
dans une version plus ou moins techno...
(Rires généraux)
Eric : Il y en a plein qui le font, c'est délirant. Cela serait
assez rigolo.
Zo : Je vous ai vu sur scène, en décembre, c'était
un concert tendu ?
Eric : C'était un concert un peu spécial. L'ambiance était
tendue, un bon concert, on sent quand le public est bien, à l'aise
dans notre musique. Ce n'est pas par la danse ou le mouvement que l'on
ressent si les gens sont réceptifs. En général, les
gens sont très calmes et apprécient les oreilles grandes
ouvertes.
Frank : C'est vrai, à Lyon, les gens attendaient ce que ça
allait être car il y en avait un en moins dans le groupe.
Zo : Que pensez-vous de la scène rock française ?
(Rires généraux)
Eric : Ce sont des gens que l'on aime bien rencontrer, on fait souvent
des concerts avec d'autres groupes et cela se passe bien. Je pense la
même chose de la scène Anglaise ou Américaine.
Frank : C'est normal, quand tu montes un groupe,
il y a des trucs qui transpirent, une certaine
cohésion. Les groupes ne peuvent pas monter une scène de
toute pièce, c'est plus un puzzle. Les musiciens ont tous le même
âge entre
20 et 35 ans et ils font tous une musique très différente,
que ce soit Drive Blind ou Ulan Bator ou les Sisters, ils n'ont pas grand
chose à voir avec nous, mais on se convient et on aime se rencontrer.
Zo : Vous Identifiez-vous à un groupe français ou étranger
?
Eric : Cela va être dur, non il n'y en a pas.
Frank : En plus, cela n'a jamais été le sujet d'un débat.
Il y a des trucs qui peuvent nous influencer, mais un groupe dont on se
sent proche, qui aurait la même démarche, pas vraiment.
Zo : Pensez-vous vous diriger par la suite vers une scène d'improvisation,
plus proche du jazz, ou éventuellement vers un délire plus
techno ?
Eric : Ça on ne peut pas vraiment le savoir en fait !
Zo : Ou pourquoi pas les deux ?
Francis : Peut-être pourquoi pas, ça m'étonnerais
quand même le côté techno.
Eric : on remplacerait Frank par Roland.
Francis : On est quand même un groupe vachement humain, en plus
on sait jouer, on ne va pas se faire remplacer par des machines
Frank : Pour le jazz on ne sait pas assez bien jouer.
Zo : Le groupe a trois ans d'existence, pensez-vous que vous êtes
bien perçus, que ce soit au niveau de l'audimat de vos concerts
ou de la vente des disques ?
Eric : Je crois que l'on est au maximum que nous le permet notre distributeur,
qui est un label indépendant (Zei Gest). Le public il est là,
et bien présent que ce soit à Bordeaux, Paris, bon... Lyon
c'est normal ! Il y a vraiment plein de villes où il y a des gens
qui nous suivent et qui nous soutiennent. S'il y en avait plus, ce serait
avec une autre structure qu' un label indépendant.
Zo : Dans quelle lignée vous situez-vous ?
Eric : Je ne sais pas, on essaye de faire une musique éclectique,
mais hyper authentique.
A chaque fois que l'on se dirige vers quelque chose, si on fait une espèce
de chansonnette, on essaye de pousser le côté chansonnette
en essayant que ce soit zarbi. On ne peut plus s'inscrire dans le gros
Rock guitare. On ne s'accorde aucune barrière, on peut aller dans
plein d'endroits, chaque disque est vraiment différent.
Zo : Est-ce que des membres du groupe s'intéressent à
des projets parallèles ?
Francis : Rien de sérieux.
Zo : Pourquoi elle n'est pas sérieuse ma question ?
(Rires)
Eric : Il y a des trucs qui sont faits. Francis a fait des morceaux sur
un quatre pistes qui seront sur le prochain disque. Jean-Michel prépare
des boucles et des
collages. On ne cherche pas à enregistrer un maximum de choses.
On a suffisamment de trucs à faire avec le groupe pour l'instant.
Zo : Le fait que votre musique ne soit pas enfermée dans un
mouvement ou un genre de musique, doit vous laisser le choix d'aller dans
plein de directions ?
Eric : Oui, c'est vraiment plaisant. Cela commence à s'affirmer,
à mûrir, de plus en plus on nous reconnaît tout de
suite à l'écoute de nos morceaux. Tu trouves pas Zo ?
Zo : Par rapport à la scène rock internationale, avez-vous
des rapports avec des groupes américains ou japonais ?
Eric : Pour les rapports "intimes", il y a les Cop Shoot Cop
que l'on connaît bien.
Nous sortons bientôt un 45 trs avec Ground Zero, un groupe Japonais.
Nous préparons des morceaux instrumentaux afin de les envoyer à
Lydia Lunch pour qu'elle les remixe et qu'elle ajoute sa voix dessus.
Zo : Votre nouvel album est prévu pour quand ?
Eric : Pour la rentrée, pas avant, il sera sûrement enregistré
cet été. Peut-être pour septembre, avec des tournées,
des passages TV...
ZO : Quelle chaîne, des noms ?
Eric : Si on peut Canal ou M6. Nous avons une série de clips, bien
qu'ils soient assez particuliers, ils pourraient être télédiffusés
sur M6.
Zo : Comment voyez-vous le choix du support ? Les deux dernières
productions sont en vinyl, pourquoi ce choix plutôt que le maxi
CD ?
Eric : C'est une question déjà de prix, le vinyl est plus
chaleureux que le CD, en plus c'est un support qui meurt en France et
pas ailleurs.
Au niveau du son, c'est meilleur et c'est aussi un pied de nez à
toutes ces grosses industries.
On essaye de varier les supports afin d'avoir un joli stand à nos
concerts, des formats différents et plein de couleurs.
Zo : Quel avenir donnez-vous au groupe ?
Eric : On va essayer de faire cela de manière plus professionnelle,
peut-être en travaillant avec des grosses boîtes, le problème
est que tu dois faire des concessions. L'autre solution est de rester
indépendant et de faire un boulot de fourmi. Il faut développer
des structures dans chaque pays et trouver une personne qui puisse s'occuper
de nous.
Zo : Au stade actuel, tu penses que les structures en questions sont
mises en place ?
Eric : La France c'est bon, l'Italie cela devrait être bon. Nous
sommes en rapport avec un distributeur en Allemagne qui devrait nous faire
tourner. Aux Etats-Unis Deutsh East India vend pas mal de nos productions
et nous prépare une tournée pour le mois de mai. Après,
il restera quelques pays limitrophes et le gros sera fait.
Zo : Et le Japon ?
Eric : Nous attendons de voir comment cela
se passera avec O. Yoshido de Ground Zero.
Il faudrait monter un dossier afin d'obtenir des subventions pour les
frais de voyage. La France n'est pas bien cotée actuellement après
ces six derniers événements.
Enfin, l'avenir est plutôt classe, il y a plein de projets, album,
tournées à l'étranger...
Propos
recueillis par ZO
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