JANVIER
N°1
Condense
Jean-Yves Pick
FEVRIER
N°2
Orlan
Michel Vericel
MARS N°3
Bastard
Têtes
Raides
David s Ware
Vuillemin
Patrick Le Mauff
Les Trois Huit
AVRIL
N°4
Taha
Saint Germain
Guillaumon
MAI N°5
Assassin
Portobello
La Voix Humaine
Illusions et Desillusions
JUIN
N°6
Lubat
Noël Akchoté
Cie Lhoré Dana
Virginie Despentes
JUILLET
N°7
Gary Clail
Musique Action
Gabriel Yacoub
SEPTEMBRE
N°8
Frank Margerin
Break, Hip-hop et Cie
Fred Bendongué
Guy Darmet
Image Aigue
OCTOBRE N°9
Metamkine
Dominique A
Couleurs sur Paris
Condense
Michel Raskine
NOVEMBRE
N°10
Têtes Raides
Les Nigauds
DECEMBRE
N°11
Magma
Pez Ner
Turak Théâtre |
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Photo : Elisabeth Vauzelle
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Noël
Akchoté
Jazz
à Vienne
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Seize
ans et une histoire, des légendes. Seize années qui auront
permis à un large public de découvrir une certaine idée
du Jazz. Des images, des sons m'ont marqué et ne s'effaceront
pas : Chet Baker en maillot de corps, quelques barrissements du Living
Time Orchestra de Georges Russel, Dizzy Gillespie sous un orage tropical,
les convulsions de Cecil Taylor devant un public hostile, quelques envolées
d'Ornette Coleman...
Aujourd'hui Jazz à Vienne draine beaucoup de monde et le théâtre
antique est devenu une étape incontournable pour pas mal de grands
noms. Les Corea, Hancock, Mc Laughlin, Tyner présents cette année,
sont bien sûr capables du meilleur mais sombrent souvent dans
la routine... espérons que cette édition voit un Wayne
Shorter par exemple se mettre un peu en danger. Avec Keith Jarrett normalement,
la musique passe toujours en priorité mais le public a intérêt
à être sage, sinon la star se fâche !
Chaque année Jean-Paul Boutelier s'efforce de caser quelques
instants free (l'année dernière, c'était la révélation
de David S Ware au club). Dommage que cette fois-ci une soirée
Henry Threadgill-Ornette Coleman n'ait pas pu aboutir, mais parmi tous
ces pianistes illustres, la claque viendra peut-être de Tchangodei
en trio le 9 juillet avec Georges Lewis (tb) et Oliver Johnson (dm).
Tchangodei, né au Bénin mais attaché à Lyon
depuis longtemps. Le pianiste est rare, il se déplace peu, sa
musique est un travail intérieur permanent. Une musique, une
énergie que l'on peut surprendre parfois la nuit, dans son bar...
et ne plus jamais oublier Tchangodei. Il a joué avec Steve Lacy,
Bille Dixon ou Archie Shepp qui sera là ce soir avec l'Attica
Blues Band, alors peut-être un duo ?
Le 29 juin, en première partie de Martial Solal, ce sera un bonheur
de revoir Henri Texier à Vienne avec cette fois-ci le "Soñjal"
Septet. Formation qui, outre Jacques Mahieux (dm) et François
Corneloup -tb), réunit autour du contrebassiste quatre membres
de cette jeune génération turbulente rassemblée
un temps au sein de l'Orchestre des Monstres Gentils pour bousculer
les règles du jazz, des musiques improvisées. Soit donc
Julien Loureau (s), Sébastien Texier (s), Bojan Zulfikarpasic
(p) et Noël Akchoté (g). Ce dernier n'est jamais à
cours de
projets, un premier disque dédié à Serge Daney,
un autre qui s'appelle M.A.O. où le petit livre rouge fréquente
des riffs de guitare musclés, mais aussi de la Jungle, du cinéma,
des vinyles...
Echange au bar de la Tour Rose :
Tu penses continuer à utiliser Mao comme parolier ?
Noël Akchoté : Peut-être, je ne sais pas... C'est
un jet comme ça que j'ai posé là... Moi j'ai besoin
de retour maintenant pour savoir si je continue.
J'adore "la guerre révolutionnaire", tu as quasiment
utilisé à la lettre le début du petit livre rouge,
à part peut-être "merde, connard, pomme" ?
N A : Dom Farkas qui est quelqu'un de très professionnel, s'est
planté sur un truc et a dit "merde, connard..." dans
le plan du texte. Je l'ai laissé, je trouvais ça très
bien...
Mao comment c'est venu ?
N A : Il y a un marché au livre à côté de
chez moi avec des textes politiques comme ça et j'avais envie
de me confronter à ce genre d'écriture. Et puis, il y
a le côté image de Mao qui m'intéresse, c'est une
image très forte, on ne sait pas trop... C'est un mec que les
gens ont plutôt à la bonne, mais concrètement ça
n'a pas été tout blanc ! Et puis ça a déclenché
un espèce d'engouement qui est très franco français,
je dirais même qui va du boulevard St Germain à la place
St Michel et qui s'arrête là. Ceux qui ont participé
à ça en dehors, vont me faire la gueule, mais il y a un
peu ce côté là.
Tu n'as pas eu peur que ce soit mal pris ?...
N A : C'est mal pris.
... Qu'on dise "Achoté est maoïste"... etc
?...
N A : Moi ce qui m'intéresse, c'est l'intention, toujours. C'est
qu'il y a un texte, quand tu le lis, tu ne le crois pas... alors tu
le relis deux fois : pourquoi il répète 27 fois la même
chose ? C'est vraiment un texte de propagande ! La réaction généralement
ce n'est pas "Akchoté il est maoïste", un peu
au début, c'est plutôt des gens qui l'ont été
ou qui ont un peu envie de mettre cette période sous vide et
qui vont me dire "Mais tu n'es qu'un petit con pour parler de ça".
Après, bizarrement, les gens dans le milieu du jazz qui auraient
pu faire un truc avec ça, ne l'ont pas encore fait. Je pense
à des gens comme Philippe Carles (Jazz Mag) qui ont connu ces
idées, ces mouvances là... Il y avait un débat,
un aller-retour à faire, ce que Jean Rochard (nato) a proposé
d'ailleurs...
Il y a un remix jungle dans le disque, tu peux le faire sur scène
?
N A : Je n'ai pas essayé pour tout te dire. J'ai un projet dans
un tiroir de faire de la Rave, de la Jungle avec le son que ça
a, c'est à dire le son boîte de nuit, sur scène
et de la mélanger avec de la musique improvisée.
A ce propos, quand tu joues j'ai souvent l'impression que tu te mets
des entraves, tu te désaccordes à mort, mais tu gardes
le contrôle. Est-ce qu'il t'arrive d'être surpris ?
N A : Il faudrait avoir du recul pour être surpris.
S'il y a un truc que je sais véritablement faire, je n'y crois
pas... Je n'ai pas honte de dire que je ne travaille absolument pas
mon instrument en ce moment. Parce que la musique que je vais pratiquer,
c'est une musique de l'instant... Ce soir il y a un machin qui va m'intéresser,
je vais essayer de m'en resservir, de me servir de l'idée mais
ça ne sortira jamais pareil. Quand je mets un machin dans les
cordes, j'ai une idée de ce que ça va amener, mais je
fais tout pour ne pas le mettre à l'endroit où je sais
ce que ça fait. Ce qui m'intéresse c'est le risque, et
parfois tu vas bien, tu fais une préparation et finalement ce
n'est pas ça qu'il faut jouer, tu l'enlèves.
Tu viens souvent à la Tour Rose, qu'est ce qui te plaît
ici ? à part la bouffe ?
N A : C'est très lié aux gens qu'il y a. Bon l'endroit
aide, sérieusement c'est très agréable, et puis
Chavent, Abert, Méreu, les gens qui traînent au bar sont
vraiment des artistes et de très haut niveau. En dehors de ça
c'est très décalé de la scène habituelle,
il y a beaucoup de passage, des têtes que je commence à
connaître, je vois que tu es là, je vois que machin est
là. A Paris, aux Instants Chavirés, je discute avec Jean
Rochard, avec Corneloup...
Le milieu du jazz actuel, tu veux en sortir ?
N A : Oui je veux bien en sortir... Je suis très attaché
au jazz, je ne suis pas très attaché au milieu du jazz
tel qu'il est maintenant. En ce moment je réécoute vachement
de vieux trucs, parce que j'en ai marre des resucées de la quinzième
version de... Roy Hargrove tu vois, ça, ça me pèle
vraiment. J'essaie d'écrire un truc pour Jazz Magazine un peu
à la Godard dans un autre genre, pour une histoire du jazz :
S'il y avait une histoire du jazz et si on vivait avec des références,
pas pour les enfermer comme Marsalis le fait, on se rappellerait qu'il
y avait un groupe qui s'appelait les New York Five avec John Tchicaï,
Archie Shepp, Don Cherry et que Shepp jouait déjà la tradition
ou un truc free comme James Carter ne le fera jamais à mon avis.
En tout cas, ce n'est pas la peine de le refaire. RoyHargrove ça
peut exister commercialement mais artistiquement non, il suffit de mettre
n'importe quoi, même Lee Morgan pas en forme, c'est 150 fois mieux.
Le problème il est là et c'est pour ça que je suis
attaché au jazz et pas au milieu du jazz en ce moment.
Propos
recueillis par Vincent Domeyne
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