ENCORE PLUS "FORT EN JAZZ"
Pour la 2e année consécutive, Fort en jazz se tient à l’Iris de Francheville. La page du fort du Bruissin est donc bel et bien tournée, et le festival n’aurait pas perdu au change, au contraire. Étendu sur 2 semaines, désormais, il propose de nombreuses têtes d’affiche – Richard Galliano en solo (le 11 juin), Giovanni Mirabassi Trio (le 9) ou le quartet d’Érik Truffaz (le 10) – qu’il n’au-rait pas été possible de programmer de conserve au Bruissin. Forte de cette mutation réussie, la 22e édition s’autorise des nouveautés, dont 2 soirées gratuites de jazz club (les 11 et 17) avec le pianiste Mario Stantchev.
Pour Valérie Brujas, directrice des affaires culturelles et de la régie culturelle “Fort du Bruissin” de Francheville, l’intention est d’im-pulser “des moments de convivialité” au cœur du festival.
Finalement, pourquoi avoir quitté le fort du Bruissin ?
Changer un festival de lieu aura été un vrai pari. Pour faire ce grand bond, nous nous sommes appuyés sur plusieurs éléments. Si le fort du Bruissin est un lieu exceptionnel, il est en cours de réhabilitation depuis 2008, possède désormais un centre d’art contemporain et change donc un peu de vie. Mais la place et le moment du festival, en juin, étaient aussi devenus problématiques au fort. Nous avons donc pris le pari que la notoriété du festival, de la reconnaissance du projet artistique, permettrait de le transférer à l’Iris et que le public nous suivrait. D’autant qu’à budget identique, nous pouvons désormais accueillir des artistes d’une plus grande notoriété, tout en continuant de soutenir des artistes émergents, le tout sur 15 jours…
Le budget de la structure du festival au Bruissin était-il si élevé ?
Oui, ça coûtait très cher : le budget de la structure était supérieur au budget artistique !
Comment a réagi le public pour la 1re édition de Fort en jazz à l’Iris, en 2010 ?
Les résultats de l’enquête publique ont montré que 88,5 % des personnes interrogées étaient satisfaites ou très satisfaites du nouveau lieu des concerts à l’Iris. Ils soulignent souvent le confort de la salle, à l’abri des intempéries, la bonne acoustique…
Cette 22e édition 2011 présente des têtes d’affiche et de jeunes talents les mêmes soirées. Sur quels critères avez-vous constitué ces binômes ?
C’est un exercice qui n’a pas été facile. L’esprit général est de présenter à la fois des pointures et des musiciens de jazz un peu à la marge. Je n’ai pas voulu faire de soirée thématique, donc ces associations sont la plupart du temps contrastées, et c’est un choix ! Par exemple, j’ai invité le big band Bigre ! (le 9), très peu programmé dans la région, et comme en seconde partie j’ai invité Giovanni Mirabassi Trio, je suis certaine que le public de Giovanni va découvrir les musiciens de Bigre !, qu’il ne serait peut-être pas venu découvrir autrement.
Richard Galliano et l’Arfi (le 11), c’est plus qu’un contraste, non ?
Oui ! Mon envie, c’est qu’à la sortie le public dise : “J’étais venu voir Galliano, mais j’ai découvert un spectacle et des musiciens, en 1re partie, qui m’ont enthousiasmé.”
Galliano était déjà aux Nuits de Fourvière 2010. N’est-ce pas risqué de l’inviter pour cette saison ?
Non. Nous avons un public fidèle à Fort en jazz, et ceux qui viendront seront sans doute ceux qui l’avaient déjà vu au fort du Bruissin. Et avec une jauge de 200 places, je n’ai aucune inquiétude. D’autant plus qu’il vient en solo et que la salle se prête tout à fait à une rencontre intimiste.
Fort en Jazz, du 8 au 19 juin, Francheville, Iris (69)
Caroline Faesch
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