|


REPERKUSOUND
Festival nouvelle génération
La 5e édition du festival de l’association Mediatone se tiendra les 9 et 10 avril au Double Mixte de Villeurbanne, avec une soirée “Warm up” le 8 au Sirius. Un Reperkusound franchement axé cette année sur les musiques qui font chanceler le dance floor !
Entretien avec Éric “Dead”, administrateur mais pas que.
Si l’on dit que Mediatone renaît au printemps, c’est une vue de l’esprit ?
Non, c’est plutôt vrai, d’autant que le Reperkusound est un peu l’événement qui symbolise notre activité et qui nous ressemble. C’est aussi un moyen de montrer ce que l’on fait tout au long de l’année, par exemple en reprogrammant certains groupes que l’on a adorés ; le printemps est ainsi synonyme pour nous de mobilisation générale !
Le festival est-il un bon résumé de votre activité ?
Non, plutôt le temps fort. Parce qu’à côté de ça, nous faisons beaucoup de choses différentes et n’hésitons pas, par exemple, à faire le grand écart entre le soutien aux groupes locaux (découverte, accompagnement, recherche de dates, etc.) et la promotion de gros concerts qui nous permettent de subsister et de développer Mediatone.
Et Mediatone, ça représente quoi aujourd’hui à l’année ?
Une bonne cinquantaine de concerts de tous types et dans toutes les salles, et puis 3 festivals : le Reperkusound, bien sûr, mais aussi le Just Rock à l’automne, plutôt orienté indie-pop-folk et disséminé dans les différentes salles de l’agglo, et depuis l’an passé nous coproduisons les Authentiks l’été à Vienne avec la Locomysik et Zigoto Productions.
Pour en revenir au printemps, il semblerait que vous nous prépariez une énorme bringue à l’occasion de la 5e édition de Reperkusound ?!
C’est carrément ça ! Disons que pour des raisons d’opportunités et de moyens, nous avons effectivement mis de côté cette année le versant punk-rock-métal de la programmation (même si on adore ça) pour proposer au public 2 soirées électro au sens large.
Breakbeat, dubstep, drum & bass, hardtek, etc. On parle ainsi de musiques plutôt “festives” !
Comme lors des précédentes éditions, mais de façon plus ostentatoire cette année, l’objectif est bien de réussir une énorme fiesta 2 jours durant (!), tout en essayant de conjuguer les multiples facettes des musiques électroniques, avec un gros travail au niveau des décors et des ambiances vidéo. Donc du festif, oui, avec par exemple Naïve New Beaters, qui font de la pop électro délirante, ou les Beat Torrent, qui remixent à leur sauce de vieux standards du métal et du rock. Mais aussi des artistes beaucoup plus “rentre-dedans”, en version électro hip-hop avec La Caution et en version rap de demain avec Casey, qui, soit dit en passant, n’est pas là pour faire rire du tout… D’où l’intérêt de programmer dans 2 salles à la fois.
Vejays et dejays en tous genres, ouverture tardive pour les 2 nuits : le campus va-t-il ainsi se changer en énorme dance floor ?
Progressivement, oui ! Pour finir en orgie drum & bass le samedi avec Dj Pone, Elisa Do Brasil ou Roni Size, dont le nom n’est plus à promouvoir…
Depuis l’interdiction progressive des raves, le public ne cherche-t-il pas à revivre des free parties plus ou moins encadrées ?
Oui et non, parce que le public a tout simplement changé depuis l’époque des raves il y a 15 ans. Pour schématiser, pendant un moment, vous aviez d’un côté les “teuffeurs”, adeptes des free parties, et de l’autre les “clubbers”, plutôt adorateurs des pistes de danse… Je crois qu’aujourd’hui les jeunes générations se mélangent plus facilement et se retrouvent autour de nouveaux artistes (tel Popof) qui ont côtoyé les 2 milieux. À nous aussi de fédérer tout ce beau monde.
Considérant, en termes d’objectif, ce nouvel ancrage au Double Mixte : peut-on dire que le festival s’adresse principalement aux étudiants et aux jeunes générations ?
Tout à fait. Notamment en programmant les Italiens de Bloody Beetroots, qui marchent actuellement très fort auprès des ados. De toute façon, nous pensons qu’un festival réussi en termes d’ambiance, c’est évidemment un festival tourné vers la jeunesse ! D’où l’intérêt pour nous, qui ne sommes pas si vieux (!), de savoir bien nous entourer avec des jeunes gens motivés pour nous conseiller, afin de ne pas perdre pied quant à la musique d’aujourd’hui.
Le festival devient ainsi une vitrine pour l’asso ?
Forcément, mais disons qu’avec Mediatone on a surtout envie d’être reconnus pour ce que l’on fait, pas pour nos petites personnes.
Mediatone qui par ailleurs multiplie les événements : t’es plutôt Didier Super salle Paul-Garcin (les 21 et 22 avril) ou Renan Luce à la Halle ?
À titre personnel, je ne risque pas de louper Didier Super. Quant à Renan Luce, que nous avions fait passer en 1re partie de Debout sur le Zinc il y a quelques années, nous sommes contents de voir le chemin qu’il a parcouru, parce qu’entre nous c’est aussi une histoire d’amitié. Et nous cultivons un malin plaisir à suivre et reprogrammer les artistes que nous aimons au fil des années : qu’ils soient en haut de l’affiche ou dans le creux de la vague.
Pour revenir à Reperkusound, vous invitez le public à rentrer dans “une dimension onirique et futuriste”…
Concernant la déco comme le visuel du festival, notamment grâce au collectif Smicarts, nous avons toujours souhaité développer une imagerie plutôt cybernétique, remplie de monstres et robots du futur ! Et nous nous servons ensuite des fresques réalisées pendant le festival pour habiller les salles où nous organisons des concerts durant l’année.
L’imagerie, c’est un mix de Marvel, K. Dick et Avatar ?
Exactement : c’est un peu la projection de notre âme d’adolescents attardés, fans d’univers parallèles.
Avant les nuits, il y aura un “Warm up”…
Au Sirius, divisé pour la circonstance en 2 espaces, avec une scène 100 % locale : nous avons ainsi donné carte blanche à des collectifs lyonnais (Totaal Rez et Lyon Drumming) pour y “mettre le feu”.
Il y aura aussi d’autres régionaux de l’étape au Double Mixte, dont Brain Damage.
Échappés de l’écurie Jarring Effects et qui viennent de sortir un nouvel album ! Sans oublier Noone (Bee Records), qui risque d’en surprendre plus d’un(e).
Le Double Mixte sera donc divisé en 2 salles.
Dont l’une affrétée par le collectif marseillais Metek Sound System avec un système de son justement baptisé 20 Kw Function One.
20 kilowatts, ça commence à faire
D’après ce que l’on m’en a dit, Lyon va trembler !
Le “coup de cœur” de Mediatone pour cette édition ?
Peut-être bien Casey. Déjà parce qu’elle nous avait mis un uppercut la dernière fois que nous l’avons vue. Et parce que c’est vraiment quelqu’un à part dans la scène rap française, dont on devrait rapidement entendre parler, et même si elle s’en contrefout… Sinon, pour le reste de la programmation, j’oserais dire que personne ne sera là par hasard.
Si l’on a envie d’entendre des guitares plus punk, c’est au CCO le dimanche 4 avril que ça se passe ?
Avec le grand retour des Sales Majestés après 8 ans sans tourner ! Accompagnés pour l’occasion par les Lyonnais de Out to Lunch, qui devraient enfoncer le clou.
Parenthèse sur les groupes locaux que vous défendez en ce moment.
Les Doberman Crew, qui viennent de sortir un album et qui semblent plus que bien lancés ! La Mine de Rien, qui fera paraître en mai un 3e album, à mon sens fabuleux, et puis Fake Oddity, qui est en phase composition en ce moment et dont on espère beaucoup.
Que peut-on vous souhaiter à l’aube de cette 5e édition de Reperkusound ?
Prendre du plaisir. Comme on en prendra le 24 juin prochain, puisque nous organisons au CCO un Tribute to Michael Jackson où l’on devrait entendre des reprises de l’artiste à toutes les sauces : en reggae, en chanson française, en punk, en électro, etc. Avec un sosie de Michael Jackson à l’entrée pour accueillir les gens !
Ça c’est de l’info. Alors bon vent. Reperkusound, du 8 au 10 avril, www.mediatone.net
Laurent Zine
|