
MARTIN ZIMMERMANN
Des pyramides humaines, des pirouettes, des sauts, des plongeons, des roues en cercle et autres acrobaties, bienvenue dans le monde chamarré de Chouf Ouchouf, nouvelle pièce du tandem suisse Zimmermann & de Perrot, associé, cette fois-ci, avec le Groupe acrobatique de Tanger découvert avec Taoub (alors conçu et mis en scène par Aurélien Bory). De Gopf à Gaff Aff et Öper Öpis, les Suisses ont toujours surpris en proposant des spectacles inventifs et contemporains qui mêlent subtilement danse, cirque, théâtre, musique et arts visuels. Il y est souvent question de l’homme dans toute sa fragilité et ses contradictions. On y parle d’ailleurs souvent plus de déséquilibre que d’équilibre, d’anormalité que de normalité. Ce sont donc 12 acrobates (famille Hammich et consorts) qui nous invitent à entrer dans le labyrinthe de leur vie, pris aux sens propre (la médina de Tanger) et figuré. Martin Zimmermann a bien voulu nous dévoiler quelques secrets de fabrique de ce spectacle qui a reçu un accueil enthousiaste au dernier Festival d’Avignon.
Comment définiriez-vous l’esthétique de ce spectacle ?
Nous appelons notre travail du théâtre car nous n’avons pas trouvé de meilleur mot. Chouf Ouchouf – comme tous nos spectacles – est une pièce où se mêlent la danse, le cirque, la musique et les arts plastiques. Nous avons notre manière bien à nous de mettre en scène les personnages dans les scénographies que nous inventons. C’est notre théâtre, mais nous ne créons pas dans le but de trouver une définition à ce que nous faisons. Nous aimons avant tout travailler comme des artisans. […] Dans chacune de nos pièces, nous faisons une proposition de sculpture vivante avec les corps, les sons, les images et le décor. C’est la première partie de la démarche. Ensuite, c’est au spectateur d’être curieux, intrigué par cette proposition, et d’entrer ou non dans notre univers. Chacun pourra voir ce qu’il voudra. Mais il faut savoir que Chouf Ouchouf signifie, en arabe, “Regarde, et regarde encore”. Donc il faudra que les spectateurs regardent bien !
Dans tous vos spectacles, on peut noter l’importance de la scénographie (cf. Öper Öpis, qui a eu le prix du Design 2010). Peut-on, doit-on considérer la scénographie comme un véritable personnage qui a son rôle à jouer ?
La scénographie, c’est la base de notre travail. Nous l’inventons et lui donnons vie comme aux autres personnages qui figurent dans nos pièces. Dans Chouf Ouchouf, on a créé un labyrinthe vivant, une ville qui s’ouvre et se referme sur les gens.
Ressentez-vous Chouf Ouchouf comme la suite logique de votre travail ou est-ce plutôt une parenthèse parce que commande d’un collectif déjà existant ?
Une suite, mais rien n’est vraiment logique dans notre travail ! Nous aimons les gens, nous aimons rire, nous aimons les risques et ce qui est impossible. Cette fois-ci, nous avons mis en scène 12 personnes [du Groupe acrobatique de Tanger] et nous les avons invitées à se glisser dans notre univers.
Mâcon Scène nationale, les 4 et 5 décembre, 03 85 22 82 99 Espace des Arts, du 15 au 17 décembre, 03 85 42 52 12
Anne Huguet
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