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THIERRY SERRANO
directeur du festival
À VAULX JAZZ
“Le jazz n’est pas mort !”

Créé en 1988 sous la houlette du responsable culturel de l’époque, un passionné dejazz, comme souvent dans ces aventures artistiques, À Vaulx Jazz dispose d’un avantage indéniable, celui d’être porté par la politique culturelle de la ville de Vaulx-en-Velin. Historiquement “terre d’accueil”, cette commune serait aussi devenue, au fil des années, une “terre de jazz”, observe Thierry Serrano, directeur de ce festival. Une terre fertile qui, pour la 23e édition d’À Vaulx Jazz, du 3 au 27 mars, verra déferler 200 artistes. À l’affiche : Omara Portuondo, la diva du Buena Vista Social Club, le 10e anniversaire du collectif imuZZic ou encore Angelo Debarre Quintet pour un hommage à Django Reinhardt… mais aussi de nouveaux partenaires lyonnais, la Clef de voûte et le 6e Continent. À Vaulx Jazz fertilise désormais au-delà de ses frontières, si tant est qu’il en ait eu !

À Vaulx Jazz qui s’installe dans des salles à Lyon, est-ce encore À Vaulx Jazz ou une formule en rupture avec les éditions précédentes ?
À Vaulx Jazz est un festival qui se développe tout naturellement. À côté des “festivals amis” que sont Francheville, Montbrison et Jazz à Vienne, viennent effectivement de nouveaux partenaires comme la Clef de voûte et le 6e Continent. Il se trouve que ces clubs invitent des musiciens toute l’année, et que nous nous retrouvons donc avec les mêmes musiciens. D’où l’idée d’un partenariat. Mais nous avons aussi une volonté d’ouverture vers d’autres musiques, différentes de ce que l’on faisait jusqu’à présent. Pour autant, il n’y a pas de rupture avec les années précédentes, seulement un développement.
Organiser une soirée électro correspond à quel objectif ? Décloisonner le festival ?
Oui, c’est cela. Nous l’avions déjà initié l’an dernier, d’autant que le jazz permet ces ouvertures vers des musiques actuelles, classiques, contemporaines, et même vers le folklore. L’intention est également d’aller vers un autre public. En 2009, la soirée proposée était plus rock qu’électro. Et ce que nous constatons, c’est qu’effectivement le public n’était pas le même. S’il arrive que le public aimant le blues en profite pour découvrir une autre musique, il existe quand même des chapelles difficiles à décloisonner.
Quel est le “fil rouge” de cette 23e édition ?
C’est un programme assez éclectique. À Vaulx Jazz a toujours été voulu ainsi, même s’il y a quelques lignes directrices. Cette année, une belle place est faite aux cordes, et pas seulement vocales, puisqu’il y a beaucoup de guitaristes et pianistes. À côté de cela, le programme saute allégrement d’un continent à l’autre, de l’Amérique latine à l’Europe.
L’invitation faite au libre ensemble imuZZic en est une belle illustration, non ?
Il se trouve qu’imuZZic va venir fêter ses 10 ans d’existence à Vaulx-en-Velin et qu’à ce titre il invite des musiciens américains. Mais il est vrai que cette programmation entend aussi montrer toute la diversité et la vitalité du jazz. Eh oui, le jazz n’est pas mort !
Le festival s’achèvera sur un hommage à Django Reinhardt. C’était incontournable ?
Tout le monde va le faire ! La Clef de voûte en prévoit un, et puis Jazz à Vienne également. Pour ce qui nous concerne, nous avons invité Angelo Debarre et son quintet. Cela faisait quelques années que nous souhaitions l’accueillir et que cela n’avait pu se faire. Nous sommes donc très heureux de l’avoir cette année, d’autant qu’il joue avec un concept : musique, caravane et feu de camp. C’est un grand musicien et ce sera une soirée exceptionnelle.
Vous proposez aussi un concert jeune public, avec CHK le 16 mars. C’est un passage obligé pour le festival ?
C’est la 3e fois que nous proposons un concert jeune public. Et c’est très important pour nous, car cela touche 800 enfants de Vaulx-en-Velin qui peuvent ainsi venir et vivre en direct cette musique ; ce qui est très émouvant à voir. Et puis, c’est le public de demain…
Quelle est l’évolution de la fréquentation du festival ?
Le public vient essentiellement de la région Rhône-Alpes, même s’il arrive que des gens viennent d’Allemagne, de Suisse ou d’Angleterre. D’année en année, nous observons qu’il y a plus de gens de Vaulx qui viennent ; peut-être est-ce dû au fait qu’il y a beaucoup d’animations autour du festival dans la ville. Cette année, nous organisons au cinéma Pathé Carré de Soie un cycle “Jazz et cinéma” en rapport avec la programmation, ce qui devrait permettre un brassage de public.
Comment traversez-vous les contraintes budgétaires actuelles ?
On les ressent comme tous les festivals ! Nous avons peut-être une particularité, celle d’être fortement soutenus par la Ville… Rien n’est jamais acquis dans le domaine culturel, mais nous nous sentons épaulés, ce qui nous permet de travailler avec sérénité. On va encore dire que c’est un privilège des fonctionnaires [rires !], mais c’est appréciable de travailler sans trop de stress. C’est sans doute ce qui fait que nous pouvons offrir un certain confort d’accueil, d’écoute et de convivialité…

À Vaulx Jazz, du 3 au 27 mars, 04 72 04 81 18

Caroline Faesch


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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