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ALFREDO ARIAS

Derrière le titre impossible de Cabaret Brecht Tango Broadway se cache un petit bijou, créé et mis en scène par Alfredo Arias, et programmé au Théâtre des Célestins du 21 au 31 décembre. C’est un petit bijou, hélas, séparé de sa parure. En effet, ce spectacle fait partie intégrante du triptyque autour du tango – qui comprend également Tatouage (15 et 16 décembre au Théâtre de la Renaissance d’Oullins) – conçu par Arias et donné il y a tout juste un an au Théâtre du Rond-Point à Paris, avec les voix splendides d’Alejandra Radano et de Sandra Guida, dont les talents font la trame des 3 spectacles. Ce Cabaret est uniquement composé de chansons choisies en fonction des goûts et des personnalités des 2 interprètes, de 2 tempéraments de feu qui jouent la comédie, frôlent l’art du clown comme celui du drame. Cabaret Brecht Tango Broadway respire la passion de la chanson et des arts de la scène sous toutes leurs formes. Interview d’Alfredo Arias.

Quelle a été votre source d’inspiration ?
Ce spectacle fait partie d’une trilogie. Cela aurait d’ailleurs été plus intéressant pour le public lyonnais de voir ce triptyque comme nous l’avons donné au Théâtre du Rond-Point à Paris, puisque le sens est aussi donné par cette sorte de continuité et discontinuité des spectacles : Trois tangos est constitué de 3 “mini-opéras”, et Tatouage est un spectacle de music-hall qui raconte l’histoire de Miguel de Molina, artiste espagnol persécuté par le franquisme. Si ces 2 premiers sont des spectacles d’écriture d’auteur, le dernier, en revanche, est un spectacle d’interprètes, c’est-à-dire que ce sont les interprètes qui constituent la source d’inspiration. Ce sont les 2 comédiennes argentines faisant partie des 3 spectacles qui m’ont donné la possibilité de réunir 3 styles différents. J’ai pensé qu’il était intéressant de montrer ces variétés de styles et de les présenter réunis au travers de ces 2 comédiennes. Après, j’ai pris des libertés. Le fait que le spectacle soit encadré par de la musique pop, des groupes comme Blondie, Bauhaus ou même les Bee Gees, m’a permis de créer des points de fuite vers des musiques d’aujourd’hui, de faire une sorte de collage dans lequel il y a de l’humour et de l’émotion.
Pourquoi ce titre, cette notion de “cabaret” ?
Durant mon parcours et mon travail, j’ai fait de la comédie musicale, de la revue, du cabaret… Pour moi, le cabaret, c’est lorsque la parole est donnée aux interprètes.
Il ne s’agit pas d’arriver avec un texte en leur disant : “Vous allez interpréter cela.” Quand vous faites un cabaret, c’est que vous êtes convaincu que vous avez en face de vous des interprètes qui sont capables de tenir la scène sans trame dramaturgique. La trame dramaturgique, c’est leur talent ! Ce qui était intéressant dans la trilogie, c’était la coexistence de 2 pièces d’écriture vraiment ficelées jusqu’au bout avec un espace de liberté, une sorte de “carte blanche” donnée à ces comédiennes, dans lequel elles arrivent avec leurs propres bagages ; ces derniers étant évidemment articulés dans un mouvement musical, mais à partir d’elles.
Pour quelle raison la trilogie n’est-elle pas donnée aux Célestins ?
Ce n’est pas à moi de répondre. Ce que je peux dire – avec beaucoup d’humilité –, c’est que prendre un spectacle d’une trilogie, c’est comme prendre un petit bijou sans s’engager… Voilà. Mais le public verra au moins un diptyque, puisque Tatouage sera donné au Théâtre de la Renaissance à Oullins et qu’il s’agit là de 2 spectacles très accomplis par eux-mêmes.
Au-delà de ce spectacle, vous avez aussi actuellement un projet de film. Pouvez-vous nous en dire 2 mots ?
C’est un peu complexe en 2 mots, mais c’est un film qui portera sur la cinéphilie. J’ai trouvé une manière de réaliser ce projet, en prenant le point de vue argentin, et de dire ce qu’est la cinéphilie, comme une sorte de dernier refuge.
C’est un film qui parle de vous ?
Tout parle de nous-mêmes, et de vous aussi. Quand on se met en situation de filtre ou de regard, on se met en situation de contempler les autres ! Ce que j’essaierai de faire, c’est de voir comment nous devons trouver des refuges pour résister à une espèce d’arbitraire de l’évolution des choses. Le cinéma est une grande mémoire… La cinéphilie, c’est un peu comme s’enfermer dans une grande bibliothèque ou dans un musée, pour essayer de goûter les choses qui comptent plutôt que d’absorber des quantités de choses superflues, imposées par l’évolution de l’économie du monde ou une espèce d’arbitraire de la consommation.

Cabaret Brecht Tango Broadway, le 17 décembre au Théâtre de la Renaissance d’Oullins et du 21 au 31 décembre au Théâtre des Célestins Tatouage, les 15 et 16 décembre au Théâtre de la Renaissance d’Oullins

Caroline Faesch


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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