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Joël Nicod
Voyage musical d’hiver, bientôt prolongé

 

Comment a germé cette idée d’unir le concours au Voyage musical d’hiver ?
Lorsque j’ai créé ce concours, mon idée était de servir la musique de chambre, que je pratique par ailleurs et que je défends depuis que je suis musicien. J’aurais aimé créer un festival autour de la musique de chambre, mais il en existait déjà beaucoup à Lyon, et c’est la raison pour laquelle j’ai imaginé ce concours. Quand Françoise Falck a décidé de cesser de s’occuper de la programmation du Voyage musical d’hiver, événement intéressant qui a su fidéliser un certain public, j’ai souhaité le reprendre. Cela n’a d’ailleurs pas été simple, car nous n’étions pas les seuls intéressés. Mais comme nous avions déjà dans l’idée de prolonger le concours et que cet événement libre de programmation se présentait, nous l’avons racheté.
Le concept était-il donc à vendre ? Oui, il a fallu racheter le mailing d’auditeurs et le nom du festival. Comme d’autres personnes étaient intéressées, Françoise Falck a pensé que le meilleur moyen était de le vendre. C’est l’association qui porte le concours qui a donc racheté le festival, et j’en suis devenu, de fait, le directeur artistique.
Lequel des deux, concours ou festival, viendra renforcer l’autre ?

Je verrais cela plutôt en termes d’équilibre, car il est difficile de les comparer. Programmer un week-end de musique de chambre quand on est musicien soi-même, ce n’est pas compliqué : le répertoire est immense, les idées de thèmes infinies… Organiser un concours l’est beaucoup plus. Il s’agit d’un exercice d’équilibriste entre les programmes, le thème du concours, les membres du jury, l’appel à candidature à faire dans le monde entier, etc. Alors, qui va nourrir l’autre ? Disons qu’il y aura une perméabilité entre les deux. Mais ce sera sans doute le Voyage musical d’hiver qui valorisera le concours, ce dernier restant un exercice qui n’est pas toujours compréhensible, ni pour le public ni pour certains partenaires institutionnels et privés.

Comment avez-vous, dans ce contexte, conçu la programmation de cette 13e édition ?

Il a fallu l’élaborer un peu dans l’urgence, car nous avons repris le festival assez tard dans la saison. Nous sommes partis d’un double anniversaire : la mort en 1809 de l’immense compositeur Joseph Haydn et la naissance d’un autre grand compositeur, Félix Mendelssohn, avec l’idée d’une sorte de passation de talent virtuelle entre Haydn, qui a été le père du classicisme, et Mendelssohn, un génie capable de composer, de diriger, de jouer du piano, mais aussi de dessiner. La musique de chambre de Mendelssohn fait partie de ce qu’il y a de plus intéressant chez lui, si tant est que l’on puisse faire un tri.
Quelles clefs d’écoute pourriez-vous nous donner pour passer de l’un à l’autre ?

Un outil très simple, c’est la formation, le trio avec piano et le quatuor à cordes qui joueront des œuvres de ces 2 compositeurs et où l’on pourra mettre en perspective le travail de l’un par rapport à l’autre, et surtout l’évolution de l’écriture, de la forme. Dans cette programmation, on passe aussi de la période classique au début de la période romantique, avec des techniques d’écriture musicale très différentes.

À côté de partitions très classiques figurent 2 pièces rares, un trio pour 2 clarinettes et piano de Mendelssohn et un trio flûte-violoncelle-piano de Haydn. Quelle est votre intention au travers de ce choix ?

Le regret que je peux avoir, c’est évidemment d’effleurer la musique de chambre de ces 2 compositeurs. J’ai donc imaginé une programmation très classique, dont l’
Octuor de Mendelssohn, qui est une pièce majeure, et donc ces 2 petites pièces qui viennent un peu éclairer le côté inattendu de ces compositeurs et titiller l’oreille de l’auditeur dans des formes peu connues et peu usitées, à découvrir ou redécouvrir.

Propos recueillis par Caroline Faesch


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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