TEMPO CABARET
Un nouveau rendez-vous
à Oullins
Si le théâtre musical est la spécialité du Théâtre de la Renaissance à Oullins, sous l’impulsion de Jean Lacornerie, cela devient une réputation. Avant de mettre en scène, au mois de mars, The Tender Land, opéra d’Aaron Copland, le directeur du lieu nous offre un nouvel événement, un festival de cabaret. Le cabaret est une forme spectaculaire que l’on peut voir régulièrement, dans la région et, chaque année, bien sûr, à Oullins. Mais c’est aussi une forme qui n’est pas souvent valorisée, un genre populaire, dans tous les sens du terme, que ne dédaigne surtout pas Jean Lacornerie, qui avait présenté, déjà, The Singing Horse, son propre cabaret western. Cette fois, il se propose de faire venir une “scène cabaret” variée, tout cela dans une ambiance festive, avec pour ambition ultime de donner du plaisir à un public toujours plus large. Rencontre avec Jean Lacornerie.
Pouvez-vous nous présenter un peu le programme de ce Tempo Cabaret ?
Le 1er spectacle présenté le sera au Bac à Traille, cette salle que nous animons dans l’ancienne église de la Saulaie, et nous espérons bien que les habitants du quartier viendront. Il s’agit du Cabaret des engagés par Nicolas Ducron, une histoire de la révolte en chansons, avec une évocation des canuts, par exemple. Le lendemain, au Théâtre, il y a Rita, un opéra-comique, vraiment drôle en fait, de Gaetano Donizetti et mis en scène par Vincent Tavernier. L’ambiance est un peu au boulevard du Crime, Les Enfants du paradis. Une femme battue croit que son mari est mort. Elle se remarie et, en prévention, bat son nouvel époux. Dans un autre genre, No Way, Veronica ou Nos gars ont la pêche, une comédie d’Armando Llamas, mise en scène par Jean Boillot, témoigne d’une fascination pour la série B, c’est un joyau de machisme hollywoodien ! Une base en plein milieu de l’Antarctique rassemble des stars mâles comme Peter Falk, Bob Hoskins, Jock Mahoney, James Mason… Et soudain, dans cet univers viril, débarque Gina Lollobrigida. En émettant l’idée de ce festival, j’avais envie d’une photographie de ce qui se fait dans le cabaret. Les spectacles que nous présentons sont donc tous différents, avec des esthétiques diverses. Leur point commun est leur rapport direct avec le public : ils le sollicitent, l’interpellent…, et aussi une grande générosité musicale. D’ailleurs, différents genres musicaux sont représentés : cela va de l’opéra-comique à la musique électro, très contemporaine, de David Jisse dans No Way, Veronica. Et puis il faut aller écouter Léo Ferré, aussi, chanté par un des meilleurs interprètes actuels de comédie musicale, Michel Hermon, ou Madame Raymonde exagère, cabaret travesti à l’ambiance nostalgique, d’avant guerre, créé par Denis D’Arcangelo et Philippe Bilheur…
Lorsque j’entends le mot “cabaret”, je pense à un autre : “divertissement”. Le divertissement, n’est-ce pas la chose la plus ennuyeuse du monde ?
Ah non, je ne suis pas d’accord. C’est très bien, le divertissement ! Il ne faut pas croire qu’on peut faire rigoler les gens comme ça, il faut de la matière. La pure technique, c’est vrai que c’est ennuyeux, mais le cabaret, en particulier, et le divertissement, ce ne sont pas seulement des savoir-faire. Alors, des propositions de ce genre, qu’on peut qualifier de commerciales, elles existent, mais ce n’est pas notre projet. Le principe de Tempo Cabaret, en revanche, reste que les gens voient plusieurs spectacles, boivent des coups, échangent, bref, qu’ils passent une bonne soirée !
Du 10 au 13 décembre au Théâtre de la Renaissance, 04 72 39 74 91
Étienne Faye
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