LES NUITS DE FOURVIÈRE
À vocation populaire
Les Nuits de Fourvière, dans la majesté des théâtres antiques, à la programmation si foisonnante et dont les Lyonnais, maintenant, ont l’habitude, durent 2 mois. N’est-ce pas dire à peu de frais leur importance dans la vie culturelle de la capitale des Gaules ? Dominique Delorme dirige ce festival depuis 2003 avec une ambition toujours renouvelée d’ouverture vers tous les genres du spectacle vivant et la diversité des inspirations. Bien sûr, comme chaque année, il y aura beaucoup de concerts, de Véronique Sanson à Philip Glass, en passant par Blur et par tout ce qui est imaginable ou à peu près. Et puis une comédie musicale, West Side Story, de l’opéra, et du théâtre, au Point du Jour, avec la présence exceptionnelle du Berliner Ensemble de Bertolt Brecht ou le retour de Marief Guittier dans un de ses rôles les plus extraordinaires, Max Gericke ou Pareille au même, mis en scène par Michel Raskine. Difficile d’évoquer l’ensemble d’une aussi prolifique programmation sans en faire une liste qui ressemblerait, tiens, à un agenda des festivals…
Quelques questions à Dominique Delorme.
L’ouverture du festival se fera avec La Flûte enchantée. Une création ?
Les Nuits de Fourvière ouvrent toujours par une création. La Flûte enchantée, l’opéra de Mozart, sera revisitée par l’Orchestra di Piazza Vittorio, du nom d’une place romaine derrière la gare Termini. Il s’agit de l’or-chestre pluriethnique de Mario Tronco, composé de musiciens de toutes origines, issus de tous les exils, politique, économique, ou même amoureux. Un concert qui s’annonce extrêmement vif, surprenant, plein de charme. Après Lyon, il sera joué dans le monde entier.
Votre programmation se veut-elle à cette image, très hétéroclite, internationale ?
Oui, mais cela veut dire aussi des artistes d’ici, comme Michel Raskine… Ce festival est unique en France, car il n’est pas thématique. Nous montrons toutes les formes du spectacle vivant, à l’instar des Festivals d’Athènes ou de Barcelone. Cette année, nous nous sommes néanmoins un peu plus longtemps arrêtés à Berlin. Le Berliner Ensemble présentera Mère Courage et ses enfants, la pièce de Brecht, mise en scène par Claus Peymann ; ce sera un grand moment et une première en France. La chorégraphe allemande Sasha Waltz a créé Didon et Énée de Purcell, attention, c’est un spectacle exceptionnel ! Un opéra, mais dans une mise en scène au carrefour de tous les arts. Chaque chanteur sera doublé d’un danseur, ce qui donne une impression de mouvement exceptionnelle, d’autant que les artistes sont tous excellents, et la scénographie époustouflante. Je signale aussi qu’à propos de spectacle total, il y aura Eonnagata, créé et interprété par Sylvie Guillem, Russell Maliphant et le formidable metteur en scène québécois Robert Lepage, et leurs costumes sont signés Alexander McQueen. C’est une immense fresque sur l’idée de l’androgynie et de l’identité.
Des Young Gods à Julien Clerc, la programmation navigue entre variété populaire et spectacle plus pointu ?
Nous ne proposons que des spectacles accessibles et lisibles par tous. Certains sont médiatisés, d’autres non, mais toutes les œuvres, comme le festival des Nuits de Fourvière, ont vocation à être populaires.
Du 5 juin au 1er août, théâtres antiques de Fourvière, Théâtre du Point du Jour, www.nuitsdefourviere.fr ou 04 72 32 00 00
Étienne Faye
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