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Franck-Emmanuel Comte
Concert de l’Hostel Dieu Goûter le baroque,
en tous lieux ?

Pas d’effet de crise pour le Concert de l’Hostel Dieu : 2008 aura été une des meilleures années, avec 40 concerts hors de Lyon rien qu’en été et une augmentation de la fréquentation. Quant à la saison 2009-2010, elle s’annonce sous les meilleurs auspices par un voyage en Terra incognita. Des grands maîtres du baroque français aux musiques arabo-andalouses, le pétillant chef du Concert de l’Hostel Dieu promet des rencontres musicales inattendues, dans des lieux qui le seront tout autant. Il faut dire qu’avec des subventions qui ne représentent que 15 % de son chiffre d’affaires, Franck-Emmanuel Comte ne lâche ni la baguette ni la barre. Contre vents et marées, le cap reste fixé sur l’ouverture vers des formes artistiques “métissées”.

Est-ce un sentiment personnel, ou votre saison va-t-elle encore plus loin vers ce cap ?
C’est un mouvement réel, qui s’appuie sur une volonté de l’équipe des concerts de l’Hostel Dieu de rendre plus créatif une partie de notre répertoire, avec l’objectif de nous démarquer en France. Notamment pour toucher un public plus large, un public autre que les mélomanes avertis qui constituent celui de la musique baroque. À Lyon, cela se traduit par une diversification des scènes et une occupation des arrondissements, et non uniquement des lieux dits “baroques”, pour goûter cette musique dans une ambiance décontractée.

Votre public s’est-il effectivement diversifié ?
C’est un peu tôt pour se prononcer. C’est un travail de longue haleine… Nous verrons d’ici à 3 ou 4 ans. Et puis, certes, nous allons toucher d’autres personnes, mais nous pouvons aussi en perdre parce que certains n’auront pas envie de se déplacer vers des lieux plus reculés. Par ailleurs, on offre cette année la possibilité de s’abonner sur Internet, en ligne, mais à court terme il n’y a quasiment aucun impact, car ce sont des habitudes à changer qui peuvent prendre plusieurs années. On ne cherche donc pas à mesurer les effets à court terme.

Oui, mais lorsque vous jouez, par exemple, sous le chapiteau d’Ambronay comme en septembre dernier, est-ce un autre public que celui du festival qui vient ?
Il faudrait poser la question au Festival d’Ambronay. Ce que j’observe, et peut-être est-ce dû à la tarification d’entrée sous le chapiteau, qui est plus modeste, c’est que le public est plus jeune, plus familial. Mais s’agit-il d’un public très différent d’un point de vue sociologique ? Je ne le sais pas.

L’Hostel Dieu se démarque par la redécouverte de partitions oubliées. Quel sera votre concert phare cette saison ?
On s’attache à créer, à chaque production, un univers, une communication spécifique, un graphisme, etc. Donc on essaie de faire en sorte qu’aucune production ne fasse d’ombre à l’autre. Cela dit, on essaie toujours de terminer en beauté, donc la production des 14 et 15 juin 2010, Versailles-Meknès, le voyage des rois avec un chœur baroque et la formation arabo-andalouse qui est l’ensemble Jossour, sera le sommet. En même temps, celle réalisée en collaboration avec Ambronay, Les Frasques du capitaine Le Golif (du 14 au 18 novembre), qui sera donnée sous le chapiteau de la caserne Sergent-Blandan, est un projet léger dans la forme mais très abouti sur le plan de la conception, puisqu’il a aussi donné lieu à un enregistrement. S’il y avait donc deux moments phares à choisir, il s’agirait de ceux-là.

Pouvez-vous en dire plus sur ce chapiteau ?
Il s’agit d’une collaboration avec la compagnie L’Opéra-Théâtre, qui possède ce chapiteau tout en bois, un lieu insolite en devenir, et organise une résidence en novembre, d’une part avec le Concert de l’Hostel Dieu et d’autre part avec l’ensemble Carpe Diem. Les 2 ensembles vont donc proposer presque un mois de concerts, dont l’opéra Eugène Onéguine par Carpe Diem. Ensuite l’Hostel Dieu proposera des “cafés baroques”, une sélection d’airs arrangés à notre façon. Enfin, il y aura des représentations scolaires, ce qui sera l’occasion de montrer notre travail à un jeune public.

Quels seront les “illustres Lyonnais” au programme des concerts du 7 au 10 mars ?
“Illustres Lyonnais” est à prendre un peu au second degré, car il y aura, d’une part, de parfaits inconnus comme Jean-Baptiste Gouffet – bien que le Concert de l’Hostel Dieu lui ait consacré un disque – et, d’autre part, des compositeurs comme Jean-Philippe Rameau et Jean-Joseph Cassanea de Mondonville, qui sont illustres mais pas très lyonnais. Ces derniers font cependant partie de ce programme car ils ont séjourné à Lyon. Cela permettra de montrer les uns et les autres au sein d’un même concert et de se faire une idée de la vie musicale à Lyon au XVIIIe siècle.

Est-ce ce spectacle que vous comptez “exporter” au Japon ?
C’est en projet… Mais pour le coup, s’il y a un “effet crise”, celui-ci joue beaucoup dans ce type de projet. Or, le Japon en souffre particulièrement… Et ce projet est aussi conditionné par un montage institutionnel un petit peu complexe. S’il voit le jour, cela devrait se faire à Yokohama.

Avez-vous de nouveaux projets de disques ?
Nous signons un nouveau disque avec le label Ambronay, de la production Les Frasques du capitaine Le Golif [sortie programmée en septembre, au moment de cette interview]. Le second sera un retour au patrimoine lyonnais, que je compte réaliser à l’été 2010, sur une des partitions de ce patrimoine ; il sera sans doute axé sur la musique italienne. Nous avons déjà sorti 2 disques sur ce patrimoine italo-lyonnais. À présent, je souhaiterais apporter un 3e opus, pour clore ce triptyque.

Caroline Faesch


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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