Les Ogres de Barback
Qu’est-ce qui vous a motivés dans la reprise de ce dernier spectacle ?
Alice : Ce spectacle, créé il y a maintenant 3 ans, est pour nous le plus abouti et le plus beau jamais réalisé. Il est aussi très lourd à gérer (beaucoup de matériel à trimballer et à monter, beaucoup de personnes sur la route, problème de la hauteur de plafond requise). Pour la suite, nous souhaitons revenir à une formule plus légère. Sans décor ! Avant de ranger définitivement la grue et toute la ferraille qui constituait notre décor, nous avons décidé de faire une dernière tournée avec. Une tournée d’adieu de la grue, en quelque sorte. C’est vraiment la fin de quelque chose pour nous. Et nous avons d’ailleurs décidé de faire un DVD de ce spectacle et de l’offrir à chaque spectateur. Mathilde : Ce spectacle-là, c’était un peu un pari, celui de rejouer devant un public assis. De refaire des concerts plus calmes, plus travaillés, avec une certaine esthétique. Nous voulions surprendre les gens venus nous voir, en leur permettant d’apprécier notre musique sous un angle différent.
Comment comptez-vous, cette fois-ci, surprendre le public ?
Mathilde : Pour ces concerts “Fin de chantier”, il se peut que certains invités se glissent dans notre tournée. Mais la grande surprise sera bel et bien le DVD que nous comptons offrir à chaque spectateur. Ce DVD comporte les concerts filmés à l’Olympia en février 2008, plus l’album Du simple au néant illustré entièrement avec des clips, et bien sûr plein de bonus… C’est une expérience que nous pouvons tenter car nous sommes entièrement indépendants. [ndlr : 30 000 DVD devraient être distribués.]
Quel bilan faites-vous aujourd’hui de votre choix de l’indépendance (tournées, label…) ? Est-ce un modèle finalement viable ?
Fredo : Notre bilan est très positif sur le terrain ! Notre indépendance et notre façon de fonctionner (prix des places et des disques minimum, tournée projet avec des amis, concerts assis/debout/couchés) ont, je pense, créé un échange apprécié de part et d’autre. Nous avons aussi décidé de remercier les gens qui viennent, parfois depuis plus de 10 ans, nous voir en concert, avec ce DVD cadeau. Une manière de dire “merci”, mais aussi de prouver que l’objet (disque, DVD) n’est pas forcément voué à disparaître, qu’il y a des initiatives qui se développent un peu partout, que le téléchargement n’est pas une fatalité et qu’il doit évoluer de façon intelligente et juste. En revanche, nous avons souvent été déçus par le milieu professionnel, enfin le milieu “parigo-parisien”, ceux qui nous regardaient de haut en riant de nos initiatives. Déçus des grands médias qui ne connaissent souvent que 2 artistes par style (pour eux, dans la chanson, il n’y a que Bénabar et Delerm) ! Mais, loin d’être aigris, nous avons su évoluer sans eux et sommes bien heureux d’être toujours présents et motivés !
Qu’est-ce qui vous fait courir aujourd’hui ?
Fredo : Notre engagement a évolué avec notre histoire. Il y a eu les premières chansons écrites à 17 ans, une révolte pure, un peu naïve, souvent éparpillée. […] Alors, sans faire dans la démagogie, oui, nous parlons des sans-papiers, d’extrémisme religieux, d’intolérance. Nous nous révoltons face au repli sur soi, à cette ambiance générale qui saisit la France : le communautarisme et la peur de l’autre. Je pense que nous sommes aujourd’hui plus informés, plus documentés sur nos engagements. Sans oublier que notre première motivation s’appelle “musique” ! Être indépendants, être libres dans nos choix de chansons, de concerts, de pochettes de disques, est, en soi, notre premier cheval de bataille.
En tournée. Plus d’infos : 06 10 13 28 36 L’Intégral de Belley, 6 mars Transbordeur, 11 mars Coopérative de Mai, 13 mars Le Fil, 12 mars Théâtre Le Rhône à Bourg-lès-Valence, 20 mars Le Summum, 28 mars.
Anne Huguet
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