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Visite guidée, entre 2 répétitions, avec Denis Plassard.
Pourquoi ce parti pris des battles ?
Ce sont des défis très organisés où des équipes s’affrontent. Il y a un mélange de quelque chose à la fois de très rituel, presque traditionnel, et très sportif. Au-delà du hip-hop, le principe même me fascine : ce côté “jouer avec la danse et le mouvement”. De là, j’ai réfléchi à un spectacle : comment, à partir du mouvement, se défier ? Comment s’amuser de la contrainte, jouer sur la surenchère, que ce soit dans la technique ou l’absurdité ? J’oscille entre ce côté plaisir et ludique au 1er degré et une espèce de méchanceté à l’inté-rieur de ça. Mais une battle, c’est de la violence canalisée : pour ne pas se taper dessus, on se défie.
Quel a été le prétexte à tout ça ?
Il y avait 2 envies au départ. Effectivement, me confronter à ces battles. Puis le souhait de réunir des interprètes de différentes équipes qui ont déjà tous travaillé avec moi, mais sans se connaître entre eux. Chacun avec ses aptitudes. Et c’était là un des défis de DébaTailles. Je ne voulais pas les cantonner à leurs spécificités (acrobaties pour les uns, hip-hop pour les autres…), mais essayer de considérer les capacités de chacun comme un potentiel. Un peu comme si on s’amusait avec ce que chacun est, mais quelque part sans limites. À la fin, on ne voit plus qui est qui.
Peut-on parler de travail collectif ?
Ce n’est pas une création collective dans la mesure où j’arrive avec des directives très précises. Je suis assez exigeant avec eux sur ce que je veux, là où je veux aller, c’est rigoureux. Mais en même temps ça vient de chacun. Dans la création, on a vraiment suivi ce principe d’émulation et de jeu entre nous. De gourmandise, aussi, dans le rapport à la danse, puisque tout le monde est assez épaté par ce que fait l’autre pour avoir envie de riposter.
Quel constat, aujourd’hui, sur le mouvement ?
Bizarrement, je me pose toujours les mêmes questions. Le rapport au sens, d’où vient le mouvement. Parce qu’à chaque fois que j’ouvre une nouvelle porte, ça m’en ouvre d’autres. C’est aussi une question de gourmandise. Je suis toujours curieux de voir comment fonctionne le mouvement, qu’est-ce que ça raconte. Là on est plutôt sur une confrontation ritualisée entre des personnes à partir du mouvement. Il y a, dans DébaTailles, quelque chose d’assez physique et de très engagé dans la danse.
Vous considérez-vous toujours comme un chorégraphe ?
Ce n’est pas purement de la danse, mais en même temps je garde ce regard de chorégraphe, avec cette acuité spéciale sur le rapport au mouvement, l’écriture à l’intérieur du mouvement, qu’il soit plus grand ou plus petit, en rapport au texte ou sans rapport.
Finalement, où en est la danse ?
C’est un art qui s’en sort bien de la confrontation entre la réalité, l’écriture, la conceptualisation. Elle est assez secouée en ce moment, ça part dans tous les sens. Le hip-hop et le cirque chamboulent pas mal la danse, et ça fait du bien. Le hip-hop en lui redonnant quelque chose de primitif et d’essentiel que l’on avait un peu oublié. Les circassiens, eux, posent la question de l’engagement dans le mouvement. Qu’est-ce que le spectacle ? Le spectaculaire ?
Maison de la danse, du 5 au 7 novembre, 04 72 78 18 18 Château Rouge, 25 novembre, 04 50 43 24 24 CC Aragon Oyonnax, 12 mars, 04 74 81 96 80 Comédie de Valence, 1er avril, 04 75 78 41 70
Propos recueillis par Anne Huguet
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