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38/139
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Don Quichotte
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NOVEMBRE N°142
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Idem
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Les larmes d'Ulysse

DECEMBRE N°143
Notre Cerisaie (NTH8)
Galeries O.Houg et G.Verney Caron
Dave St-Pierre
Yokohama Zen Rock



Sylvie Denet, Où vas-tu ?

  Les Innattendus  


"C'est le mieux voir
qui nous importe.
Mieux voir le film,
mieux voir le monde."


Voilà un beau leitmotiv pour un festival qui va vous donner l'occasion de faire un tour de l'autre côté du cinéma, une sorte d'opposition au cinoche que l'on nous propose à longueur d'année dans les circuits de diffusion traditionnels. Ici nous sommes plus dans l'intime, dans l'expérimentation, dans ce que les chaînes de télévision ou les grandes salles de cinéma se plaisent à oublier ou à passer à des heures indues. Comme si la voix de la majorité pouvait faire oublier la voix des autres.
Nous sommes avec Les Inattendus dans le non-vu, à l'heure où l'image est partout présente, dans les foyers, dans les poches, jusque dans les rues sous surveillance avant qu'elles ne soient sous haute surveillance. Il y a omniprésence de l'image dans notre quotidien, elle nous guette, elle nous traque, l'image révèle, l'image divulgue, mais elle peut aussi être autre chose. Elle est aussi un outil de création, ce 7e art est bourré d'idées explosives et pourrait bien bousculer nos émotions et nos idées reçues. C'est un peu le rôle difficile du festival Les Inattendus.
Pour juger de la qualité et du panel offert (la gratuité d'accès aux séances devrait faciliter la chose), le festival a reçu pas moins de 1 200 films, il fallut sélectionner. Le grand écart visuel est garanti - documentaires, animations, art vidéo, essais -, on se rend vite compte en regardant ces films du panorama étendu que cette semaine nous offre. L'occasion d'un tour du monde en cinéma ou vidéo, la diversité est là dans ces petits films (2, 3, 4, 5 minutes), documentaires, animations, travaux de mémoire, dans ces films plus longs (45, 60, 90 minutes), dans ce voyage en cinéma où tout semble permis.
Les cinéastes, libérés des multiples contraintes commerciales, laissent aller leurs caméras là où les autres ne vont pas ou alors d'une autre manière. Le manque de moyens financiers n'est pas une porte fermée à la création et à l'engagement, comme le démontre Paul McIsaac dans le documentaire fait par Ivora Cusack et James Schneider, Recycling the Newsreel with Paul McIsaac. Nous sommes dans l'Amérique du Nord des années 60 entre engagement, grève, guerre du Vietnam, mouvement de libération des femmes, la musique du Grateful Dead… Paul McIsaac nous raconte l'histoire de The Newsreel, collectif de cinéastes qui va prendre une position inexistante à l'époque, celle de faire un cinéma de résistance. Les membres originels du collectif Newsreel ne seront pas moins que Robert Kramer, Deborah Shaffer, John Jost, Paul McIsaac… Le cinéma sera partout, dans la rue, dans les universités, dans les foyers…
Voilà un exemple des films à découvrir pendant ce festival.Il y en a à foison. Animation avec Sylvie Denet, qui quitte pour un moment ses photographies peintes pour utiliser le même procédé avec Où vas-tu ? Cinq minutes de bonheur, de couleurs et de balade dans un beau travelling. On pourra voir d'autres animations de Denet, notamment Le Pas sage-et-clandestin- dans un autre style.
Mes autres coups de cœur dans ce que j'ai pu voir sont notamment  Librio de Daniela de Felice. Ce film raconte le cheminement de cette jeune femme sur la mémoire de son grand-père. Guglielmo, qui adhère dans les années 30 au parti fasciste italien. Ce monsieur a noté pendant 50 années, entre les notes de frais du quotidien, les fautes de ses enfants et petits-enfants. Après son décès, la famille retrouve le contenu dans ce qu'il appelait le "dossier noir".  Film expérimental qui nous emporte rapidement, voix off, images fixes, dessins, quelques gros plans sur des mains… Une belle réussite.
Zhenchen Liu est d'origine chinoise, Under Construction est un film à couper le souffle. C'est un magnifique plan-séquence à travers la destruction d'un quartier de Shanghai. Zhenchen Liu réussit un film où image métaphorique et documentaire se fondent avec un arrière-goût amer sur la planification du gouvernement et des promoteurs qui ratissent ce pays sans vergogne.
D'autres films, documentaires (ceux de Ben Rivers sont excellents) et animations à découvrir entre le 21 et le 27 janvier, sur plusieurs lieux, De l'Autre Côté du Pont, L'Élysée… pour ce festival de films très indépendants.


Du 21 au 27 janvier, 04 78 61 71 18, www.inattendus.com

Bruno Pin