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“De la musique pour les yeux, des images pour les oreilles.” Vaste programme : comment réussit-on une telle gageure ?
C’est un ami chroniqueur qui a défini Idem comme ça… Ça n’engage que lui ! Nous essayons de développer une esthétique visuelle spécifique sur les spectacles d’Idem. D’abord avec Stéphanie, notre régisseuse lumières : elle vient du théâtre et elle a une approche différente. Puis avec ces vidéos dans notre set, non pas comme élément principal du visuel, mais plus comme un élément de décor supplémentaire. Nous projetons ainsi sur un ballon de baudruche géant et sur des parapluies réflecteurs, issus de la photographie ou du cinéma. On cherche à créer sur chaque morceau une ambiance représentative, à travers des tableaux qui nous parlent, mais sans jamais proposer un chemin explicite à notre musique souvent instrumentale.
Chez Idem, on est du genre musicien inspiré ou plutôt chimiste inventif ?
Ni l’un ni l’autre, sans doute. Nous ne sommes pas des musiciens très techniques, ni même pointus dans notre travail sur machines. Mais nous savons exactement ce que nous voulons, les sons que nous recherchons, la façon dont nous devons jouer un morceau. Et nous travaillons pour. Quitte à passer plusieurs semaines sur un seul morceau, voire sur une seule partie d’un même morceau. Nous sommes plutôt des perfectionnistes ; des insatisfaits aussi, peut-être.
Musique conceptuelle ? Musique contestataire ? Musique à voyager ? Qu’est-ce qui vous semble le plus proche de votre démarche artistique ?
Musique conceptuelle, non. Nous n’avons pas cette prétention. Comme le disait à propos de nous un chroniqueur d’Angers : “Lorsqu’elle est sincère et sans préjugés, la musique peut sortir des sentiers battus sans pour autant devenir une curiosité pour spécialistes”, c’est un peu ce qu’on aspire à faire. Musique contestataire, non plus. Nous avons des choses à dire, bien entendu, à travers notamment les textes de Pitch, une poésie sombre un peu décalée qui traite effectivement de thèmes graves mais qui ne se veut jamais explicite. Notre contestation serait plutôt intégrée à l’énergie et l’émotion que nous essayons de transcrire dans nos morceaux. Une musique de voyage, peut-être. Certaines personnes trouvent dans notre musique un côté cinématographique. Nous sommes assez sensibles à certains auteurs qui développent des esthétiques très spécifiques… comme David Lynch, Tim Burton ou encore Enki Bilal. Finalement, notre musique est un mix gigantesque de tout ce qui peut nous plaire, de toutes les choses et les émotions qui peuvent nous faire réagir.
Groupe de scène ou musique à écouter chez soi ?
Les deux, on l’espère ! Après avoir fait un gros travail de composition et d’arrangement sur nos morceaux pour le disque, nous avons réadapté ces mêmes titres pour la scène. Certains arrangements qu’on se permettait en studio n’étaient pas réalisables en live. Les morceaux ont donc été retravaillés, restructurés, en relation parfois directe avec les visuels.
En primeur le 8 novembre (avec Revo) au Clac’son, 04 72 39 74 93
Propos recueillis par Anne Huguet
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